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jeudi 26 juin 2008

CONCLUSION


Adieu feux sur la plage, chili, épices, nans, rôtis canai, mangues, mangoustans, fruits du dragon, pad thai, pâtisseries trop sucrées, jus de fruits frais, curry, Nescafé dégueu, satay, Tiger, adieu singes, geekos, vaches maigres ou sacrées, éléphants, varans, serpents, cafards géants, moustiques piquants, méduses, coquillages, fourmis, chiens errants, chats pelés, oiseaux bruyants, crapauds visqueux, criquets stridents. Adieu crasse sous les ongles et ailleurs, draps pleins de sable, vaisselle à l'eau de mer, douches au compte-goutte, toilettes à vider, dîners aux chandelles. Adieu chants des mosquées, villes bruyantes, nature foisonnante, jungles, plages désertes, cocotiers, palmiers, adieu écritures bizarres, langues inconnues, odeurs étranges, saveurs détonnantes. Adieu l'inconnu et l'aventure, les rencontres permanentes et le temps extensible, à nous la jungle de la ville, la course contre la montre, la folie du travail, les joies de l'école, le défi du quotidien !
Préparez la viande et le vin, rouges tous les deux, préparez un résumé de la vie politique et people (c'est la même chose maintenant, non ?), préparez-vous a m'expliquer Facebook, la tektonik, les modes, Millenium et les Chtis (j'exagère on l'a vu on pouvait pas rester aussi ignorants). Et surtout préparez-vous à nous raconter cette année en détail. Vous savez tout de nous, et ce qui nous intéresse maintenant c'est de savoir ce que vous avez vécu pendant ce temps.

Comme l'ont fait Anne, Xavier et Gauthier en leur temps, nous passons à notre tour le relais à Isabelle et Jean-Marc, et à François et Sylvie et leurs cliques respectives. Que vos périples vous apportent autant de bonheur que le nôtre, et que l'an fini nous soyons tous réunis !


Tremble Hexagone, pleins d'usage et deraison, les Toqués rentrent à la maison !

mercredi 25 juin 2008

Les Toq's globe awards


Les Toqués ont parlé, les Toqués ont voté, voici notre palmarès final.
Gaspard ne s'est prononcé que concernant les animaux.

Pays préféré :
Thailande à l'unanimité
Iran en 2 à l'unanimité
Mais c'est l'Inde qui nous aura le plus marqués

Ville préférée :
Bangkok (2voix)
Yazd -Iran-
Esfahan -Iran-

Monument préféré
Place des mosquées d'Esfahan
Le Taj Mahal
Chittorgarh (Inde)
Angkor

Moment préféré
Tour d'éléphant à Amber Palace -Inde-
La traversée du Balouchistan pakistanais
Le tour de montgolfière en cappadocce -Turquie- pour l'anniversaire des trois
Les sunsets indiens avec dauphins et tout et tout

Repas préféré
Petit déjeuner dans famille indienne dans notre village secret du Kérala
Dîner au mess pakistanais, le soir de l'état d'urgence
Déjeuner dans la famille iranienne dans le désert, le jour de l'anniversaire de Rachel

Moment le pire
Frontière vietnamienne (2voix)
Nuit à Quetta -Pakistan-
Nuit dans le Kérala -Inde-, envahis par foule excitée

Peuple favori
Iranien
Thailandais
Laos
Turc

Peuple le plus fou
Les Indiens

Peuple le plus patient
Les Indiens

Campement préféré
Amritsar chez Mrs Bundhari
Arambol -Goa, Inde-
Cherating -Malaisie-

Nourriture préférée
Kebab turcs
Rouleaux de printemps vietnamiens
Curry
Pain iranien
Boeuf loklak lao

Bière préférée
Singha -thai-
Tiger -partout-

Musique préférée
Appel à la prière
Musique indienne
Cris du geeko

Fruit préféré
mangue

Langue préférée
Italien
Mandarin
Anglais indien

Animaux préférés
Eléphants
Singes
Gaspard
Pokémons

Animaux les pires
Moustiques
Rats
Singes

Frontière préférée
Pakistan, entrée et sortie

Paysage préféré
Désert du Balouchistan
Est de la Turquie autour du mont Arafat
Rizières asiatiques
Baie d'Along

Habitation préférée
Camping-car
Troglodytes turques
Maisons du désert iranien
Maisons sur pilotis du cambodge et Laos

Plus belle gamelle
Gaspard et sa dent cassée à Bangkok
Rachel et sa chute vertigineuse dans un temple d'Angkor
Ulysse et sa fausse appendicite due à une chute à la frontière Laos-Thailande

Moments le plus fort
Nos rencontres. Toutes. Ces moments à communiquer par des sourires des gestes des dessins, à rire les uns des autres, ces moments à refaire invariablement le monde sur un bout de plage, un coin de table, un parking, et les moments partagés avec ceux qui nous ont accueillis aidés guidés donné de leur temps et leur amitié. Les Duquesne, Milo, Anne, Xavier, Gauthier, Lolo, Karo, Ruben, l'italienne de Croatie, Demet, Thomas et Verena, Samad, Golhi, Nastaran, Sarvie et sa famile, Constantin, Stefan, Penny et Brian, Mohamad, la famille géorgienne, Mike et son amie les motards, Marco et Yugini, Yon et ses parents, Samuel et Céline, Marie-T et Richard, Samuel et sa famille, Marina, Mocheton et Kayla, Sree, l'ami pêcheur de Xtophe,Yvon et Paula, Torsten, Katya et Ronja, Marc, Sonja, Philippe, Alain et Marcelle, Cathy, Jean, Joanna, Oriane et Théo, la famille Barroux, père Martin, la famille de Charles du Vietnam (écrivez-nous) Rose et Dave, Marc et Kristine, Père Philippe, Thomas et Daphné, Luka et tous les autres dont on n'a pas le nom sur le bout de la langue mais bel et bien le souvenir en tête.

Meilleurs lecteurs
VOUS
Nous savons que depuis décembre vous êtes 4593 visiteurs, qui vous êtes connectés presque 50 000 fois depuis le début, dans plus de 400 villes française, et dans de nombreux pays partout dans le monde. Ce blog nous aura permis de partager nos joies et découvertes mais surtout de ne jamais perdre le fil avec tous ceux que nous aimons, c'était essentiel pour nous tous puisque notre seule difficulté était de vous quitter pour si longtemps. Merci à tous ceux qui nous ont fait signe d'une manière ou d'une autre et à tous les autres qui sont restés discrets mais dont nous avons vu la trace (merci tout particulièrement à mes frères pour leurs recherches sur google, je vous ai repérés, mes préférés :"Comment arrêter les Toqués ?" et "En nuisette sur ma couchette").
Pour vous et vos pauses-café, j'essaierai de donner quelques nouvelles du retour à la vraie vie et notre top 20 des romans pour grands et petits. Et puis peut-être qu'on sera obligés de repartir pour vous fournir de nouveau de la lecture. (non maman, pas tout de suite...)
En tout cas, merci d'avoir voyagé avec nous.

L'Odyssée vingt-mille lieues sous les mers


( Ce titre est une nouvelle ruse pour attirer des lecteurs, parce que ce qui est vendeur aussi en matière d'internet, ce sont les références littéraires, titres de poèmes, d'oeuvres au programme ; je me suis rendue compte que de nombreux internautes étaient ainsi arrivés sur mon blog. Tout élève de base un peu informé et équipé ira forcément commencer son travail par une recherche sur google. Le plus simple serait donc de citer les oeuvres les plus fréquemment étudiées de la sixième à la première, mais je risque attirer ici le reste de mes élèves, ceux qui ne m'avaient pas trouvée lors de mon expérience internautique précédente.)

Singapour est un état-ville vraiment fou, une ville dans un état fou, un étalage fou dans une ville.
Tout y est réglementé et surtout pénalisé très sévèrement.
Tout y tourne autour de deux choses : le shopping et le shopping.
Mais il y a aussi des parcs animaliers splendides, organisés comme des parcs d'attraction, ce qui distrait doublement les Toqués du vieux continent en bout de course. Nous avons tremblé lors du night safari, il faut dire qu'un zoo en pleine nuit et dans la jungle, c'est assez magique, avant de plonger dans les mondes sous-marins et d'admirer les dauphins roses -il paraît que c'est naturel, moi je soupçonne encore un coup de pub Hello Kitty.
A Singapour, les plages exotiques sont construites au bord du plus grand port du monde, de la musique agrémente les rues, les moindres toilettes méritent un reportage-photo.
Pour ne pas nous sentir trop dépaysés, nous avons opté pour un hôtel dans little-India. J'ai dû me battre avec la femme de chambre pour qu'elle ne nous fasse pas dormir sur un bout de tapisserie glissé à moitié sous nos draps, puis du coup, comme elle était fâchée, pour qu'elle nous donne tout de même des draps, nous avons dû leur demander de déboucher nos toilettes, leur signaler que de l'eau coulait en cascade sur les dites toilettes depuis la chambre supérieure, que les fenêtres ne fermaient pas. C'est bon de se sentir chez soi... On a retrouvé des dames en sari qui nous bousculent, des bedonnants moustachus qui rotent à tout vent et des dhals qui nous rendent malades. Comme à la maison je vous dis. Mais l'Inde dans Singapour, c'est bon pour le moral finalement et ça compense l'impression de vivre dans un hôpital ou dans le Truman show, sous les caméras et dans un monde où tout est organisé parfaitement mais on ne sait plus trop par qui ni pourquoi.

Mais demain, puisque même Gaspard semble désormais d'accord, du moins pour aller jusqu'à Paris, nous prenons notre avion.
Nous aurons plus de 20 heures ensuite pour le convaincre qu'il serait bon, depuis Paris, de prendre un train pour Biarritz.

mardi 24 juin 2008

A l'heure de Singapour et des bilans


En un peu moins de 11 mois on a consomme :

- 15 metres-cube d'eau (sur une plage on tient 17 jours avec 220 litres / hier c'est ce qu'on a consomme en deux bains a l'hotel...)
- 150 litres de propane (cuisine + frigo)
- 4500 litres d'essence
- 3 pneus neufs (2 eclates et une roue bousillee – explications du chef me demandez pas la nuance)
- 2 paires de tongs chacun
- 4 semaines de Malarone
- une boite d'antibio pour la bronchite croate des garcons
- une boite d'anitibio pour une otite du jedi
- un peu de smecta et immodium une fois pour chacun, deux fois pour le Jedi
- du solupred pour les 5 crises d'allergie d'Ulysse a l'arachide
- un peu de Doliprane Aspirine
- beaucoup de sprays anti-moustique et pas mal de crème solaire
- beaucoup de tourbillons anti-moustiques
- beaucoup de talc parfume pour Gaspard (contre les boutons de chaleur)
- beaucoup de crème magique thai a l'eucalyptus
- peu de lessive peu de savon...
- 270 romans

- On a produit et consomme notre propre electricite, deux panneaux solaires ont ete suffisants. Avec un seul on peut vivre en n'allumant aucune lumiere et en tirant un trait sur la ventilation la nuit (parfois vitale).
- on a distribue 230 cartes de visite
- on a ecrit quelques cartes postales mais 137 posts sur ce blog.

- on a produit 6 tonnes d'excrements que mon homme a magnanimement repandus dans le monde, tous les deux jours environ.

- On est partis avec un Ulysse ronfleur, il n'a plus emis un sifflement depuis le depart, il parle anglais et passe en CM1.
- On est partis avec une Rachel intolerante au lactose, elle est la reine du laitage depuis, lit presque aussi bien que son frère et entre en CE1.
- On est partis avec un Gaspard bebe, c'est un petit garcon qui parle comme une patate mais a fait rire le monde entier et ne reve que de faire du vélo et d'aller a l'ecole (que les dieux protegent sa maitresse).
- On est partis avec des passeports vierges, on revient avec quelques pages libres.
- On est partis pleins d'enthousiasme et de projets, on revient pleins d'enthousiasme et de projets.

dimanche 22 juin 2008

Les dessous de l'Odyssee (ou tout ce qu'on vous a cache - 4)



Nom d'un Toque
Durant notre odyssee on n'a pas perdu le Nord, pas souvent du moins, mais on a souvent perdu la tete.
Notre nom est deja un peu source de complication, notre particule est bien pauvre mais elle embrouille tout le monde. Quant a moi qui ai officiellement garde mon nom de jeune-fille, on ne sait si on doit me classer a C, a L ou a T, et on ne sait surtout jamais s'il est bien serieux de s'appeler Therese Contraires-Le Toquin (je vous epargne mes autres prenoms vous ne me croiriez pas).

Ce qui est drole deja, c'est que dans beaucoup de pays, on retranscrit phonetiquement nos noms. Le Toquin ecrit en farsi, en pakistanais ou en indien c'est joli. Mais la ceremonie est parfois longue : on doit dire notre nom, le repeter, l'employe reflechit puis ecrit.
Mais surtout dans la plupart des pays on nous apppelle par nos prenoms : on est Mr Christophe ou Christopher et Ms Teresa. De toutes facons les anglophones procedent ainsi et ca me fait toujours rire.
Mais il y a les pays ou il n'y a visiblement aucune raison pour que nous ayions tous le meme nom de famille. La on leur pose probleme, on est si fantaisistes a tous s'appeler Le Toquin, il faut alors leur expliquer nos liens de parente.
Il y a les pays ou le prenom officiel est le dernier de la liste.
c'est ainsi que sur nos billets d'avion indiens pour la Malaisie nous etions : Maurice, Madeleine, Daniel, Monique et Maurice Toquin. Ma belle-mere appreciera, ce sont les prenoms exacts de sa famille.
En plus sur les papiers on nous demande le family name ou le first name ou le father's name ou le nom usuel ou le nom de naissance et parfois on nous en demande trois ou quatre, mais c'est toujours plus facile a remplir que lorsqu'on nous demande notre race. La premiere fois ca fait bizarre. Ne sachant que repondre j'ai opte pour la reponse : "human".
Au Vietnam, les papiers du vehicule, souvenez-vous de ces fameux papiers si compliques a obtenir, et donc si precieux et si serieux et si fiables etaient a mon nom : Madeleine Contrairesep. Ben oui, tres souvent j'y ai droit : Contraire ep. Le Toquin dit mon passeport.

Ici les petits employes du lavage voiture a cote duquel nous sommes stationnes m'appellent “auntie”... je suis perplexe, ca veut dire “Tatie” non ? Il est temps que je rentre et adopte l'anti-ride. Ou alors que je prenne des cours d'anglais.

Si l'on ajoute a cela le fait que souvent nous nous sommes embrouilles dans les numeros des passeports, les dates de naissance, les dates de validite, c'est a se demander comment les toques n'ont pas fini par perdre la boule au bout du monde.

samedi 21 juin 2008

Le Toqcar sur le depart

Encore un episode bizarre-marrant-toque dans l'odyssee : le pre-depart.
Le Toqcar partira le 27 juin (deux jours de retard sur la date prevue) sur un Ro-Ro depuis Singapour. Et notre Toqcar s'offre, lui, un vrai tour du monde, puisqu'il n'arrivera en Belgique que le 19 aout, apres etre passe par le Japon, les USA, cote ouest, Panama, la cote est des USA. On l'envierait presque.
Mais les choses seraient nettement moins droles si elles etaient simples. La petite complication c'est qu'il est interdit pour les vehicules etrangers de rouler dans Singapour. Vous voyez le hic.
Heureusement il y a moyen de contourner l'obstacle moyennant paiement. D'ailleurs j'en profite pour remercier ceux qui ont avant nous teste cette solution et ce navire, Guy Bazin, voyageur experimente, mine d'or pour nous, et Anautica qui nous ont devances d'un Ro-Ro et nous ont explique toute la procedure. Bonne continuation a vous tous dans vos parcours, puisque contrairement a nous, vous etes des voyageurs au long cours.
Nous sommes donc gares sur le parking de Johor Bahru, ville frontiere avec Singapour. ce parking est ideal, merci Anautica, puisque place au terminal des bus pour Singapour, puisqu'il contient une station de lavage des voitures et un petit centre commercial ou l'on trouve tous les types de nourriture et de boissons, une connexion internet et une laverie, tout ce dont les voyageurs peuvent rever en somme. Les employes de la station de lavage qui se specialisent dans les overlanders francais, trouvent notre camion affreusement ridicule compare a celui de nos predecesseurs.
Hier nous avons pris le bus pour Singapour, ce qui est un peu long vu qu'il faut descendre pour les formalites de sortie de Malaisie (rapides) puis redescendre pour les formalites d'entree a Singapour (longues), et meme chose au retour. Nous sommes passes dans les deux agences afin de payer les prestations pour les formalites de douane du Toqcar et le transport maritime.
Nous passons donc ce dernier week-end sur le parking a tout mettre en ordre. En plus des rangements, du tri de ce que nous prenons et laissons dans le ccar, du remplissage des valises, vidage des placards, du nettoyage, le jedi-Gyver a du installer une cloison entre la cabine du Toqcar et l'arriere. En effet nous allons devoir laisser les cles du camion pour que les employes du port et du navire puissent le conduire, et nous ne tenons pas du tout a ce que tous soient libres de visiter nos appartements.
Le frigo est vide, nous n'avions plus de gaz depuis quelques jours de toute maniere (et je vous rappelle que seul le petit congelateur etait frais), nous avons un petit rechaud poru le matin et nous regalons des derniers plats epices des bouibouis des alentours, nous avons mis de cote les quelques vetements et la multitude de livres qu'il nous faut pour les derniers jours, avons deja deux grosses valises archi-pleines, demain nous condamnons la couchette de Gaspard pour y mettre les velos et ranger le coffre. De toute facon depuis quelques temps, pour marquer son opposition a nos projets de retour, il refuse de dormir dans son lit et s'installe souvent sur la banquette puisque nous lui refusons notre lit. Bien sur demain il marquera sans doute son opposition en reclamant son lit... Demain nous faisons laver et lavons le Toqcar a fond, passage au USA oblige... Et puis nous passerons notre derniere nuit dans notre maison sur roues a l'autre bout du monde...
Lundi nous avons rendez-vous sur le pont entre Malaisie et Singapour avec un homme (“vous le reconnaitrez facilement, nous a assure l'agent, il est petit jeune et chinois !” tres original a Singapour...) qui conduira le ccar au port. Puis nous irons nous installer a l'hotel pour 3 nuits. Nous pourrons ainsi visiter Singapour avant de nous envoler le 26 apres midi, 15h pour nous, 9h du matin pour vous.
Nous atterrirons a Paris a 7 heures le 27, et atrainirons le meme jour a 18h30 a Biarritz. A vous de calculer le temps de trajet, chez nous l'ecole est finie youpi youpi.
Selon nos calculs a nous, nous manquerons juste le spectacle de fin d'annee de l'ecole (quel dommage...) mais arriverons a l'heure pour l'ouverture de la buvette, gardez-nous des taloas (dites “nans” pour Gaspard svp).

PS : vous constaterez sur les photos de notre derniere soiree sur la plage que si les cahiers sont partis au feu, la maitresse a ete epargnee. Mais j'ai eu droit a un joli cadeau : un porte-bonheur a accrocher au retroviseur de ma cathomobile et chantant les louanges d'Allah !

mercredi 18 juin 2008

Le Monde selon Gasp


Comme pour illustrer mes derniers propos : ce matin nous avons commence les gros rangements vu que demain nous partons vers Singapour.
Ulysse et Rachel ont donc prepare un petit sac de jouets pour les quelques jours a l'hotel et pour le voyage (nous allons devoir negocier, nous n'avons pas la meme conception du "petit sac"). Ulysse donne son sac a Gaspard (en fait un tres joli sac rose a coeurs herite de sa soeur) et lui dit :"Mets des jouets dans ton sac pour le voyage de retour". "Non, lui a-t-il repondu, je ne fais pas mon sac je ne veux pas."
Tandis que nous buvions notre dernier cafe du matin on the beach, il nous dit :"J'ai bien dormi moi, je dors bien moi dans le camping-car" Nous lui repondons "bien sur tu dors bien mais tu dormiras bien aussi dans ta chambre a Biarritz", "Non je ne veux pas dormir dans ma chambre, moi je dors dans le camping-car" et il ne veut plus non plus que le Toqcar parte sur un bateau.
Un peu apres, nous travaillions avec les grands, il s'exclame :"Aaaaaah on est bien ici !" "Oui on est tres bien" "ici c'est bien !", "Oui mais tu sais ce sera tres bien aussi a Biarritz", "Non".
Quelques minutes plus tard, entre deux chateaux de sable, il revient a la charge :"Et elle est ou Amatxi ?", "Tu sais bien elle est en France a Biarritz, et on va aller la retrouver !" "Non elle est pas a Biarritz, elle est a Cochin Amatxi et je veux la voir a Cochin."

Du coup notre Ulysse ultrasensible est tout emu, et inquiet face a l'inquietude de son frere.
Mais a l'heure ou je vous parle, et depuis bientot 7 ans, Rachel n'a toujours pas montre la moindre once d'inquietude.

mardi 17 juin 2008

Le retour du Jedi et de ses Toques


Beaucoup d'entre vous nous demandent comment nous envisageons ce retour a la vie normale, qui ne l'est plus tellement pour nous.
D'abord je dois dire qu'Ulysse et Rachel sont les plus impatients. Finalement depuis le Vietnam et le moment ou nous avons appris que nous devions rebrousser chemin, que nous avons de nouveau baigne dans l'ambiance familiale et que l'univers biarrot nous a retrouves, ils se sont mis a tres souvent parler et penser au retour. En fait ils pensent essentiellement a leurs amis et a leurs jouets. A la fois pourtant parfois, ils nous disent qu'ils n'ont pas tres envie de quitter cette vie de boheme.
Gaspard lui semble un peu plus inquiet. Dernierement il nous a dit qu'il ne voulait pas aller a Biarritz mais a Bangkok. Puis a demande si Biarritz etait en Thailande. Il nous demande regulierement quand est-ce qu'on part et ou, si on va a Biarritz... et il continue a s'interroger sur Biarritz. En fait, a force d'entendre les reves de son frere et sa soeur, il en a fait une sorte d'Eldorado, et donc nous demande s'il a bien un cheval a biarritz, un scooter, un cerf-volant, un ordinateur, un chien, un lezard (ici ils mesurent plus d'un metre), bref tout ce dont il reve il pense le trouver a Biarritz. Il continue a demander ou est Marc, et refuse de croire qu'il est en Australie. Il se reveille souvent la nuit, ce qui n'est pas son habitude, bref, ce retour pour lui c'est l'inconnu. Je ne m'inquiete pas pour lui, je pense qu'il va juste falloir faire quelques mises au point, il a grandi dans une grande liberte, s'est habitue a etre le roi partout dans le monde, a foncer dans toutes les cuisines pour y chercher de quoi manger, a etre pris en charge par tout le monde, a vivre a moitie nu. Ce matin il a vu Ulysse vetir son bermuda de ceremonie (un normal un peu joli que je garde propre pour les occasions) pour accompagner xtophe au golf, il n'en revenait pas et a reclame lui aussi un truc comme ca. Mais a la fois, il s'adapte a tout, et s'adpatera en 2secondes a cette vie bizarre.
Et nous ? Nous on est heureux aussi. J'ai l'impression d'aller dans un palace : lave linge, lave vaisselle, eau a volonte, electricite aussi, de l'espace, des armoires pleines de vetements que j'ai oublies, wifi, grand frigo, tout ce confort materiel va nous sembler luxueux. On est surtout heureux de vous retrouver tous, de retrouver notre vie, notre independance, nos baby-sitters, nos activites. Meme si ca l'oblige a partir des cet ete dans le Nord (faut que je lui trouve des damarts) le Jedi est heureux de repartir au combat, et je suis heureuse de retrouver mon travail. Enfin... je suis heureuse de retrouver mes eleves et mon utilite. J'ai peur de retrouver mes vieilles deceptions aussi. Et puis surtout, pendant cette annee, on n'a frequente que des gens que nous avons choisis et que nous aimons. Il va falloir se rehabituer a vivre avec tous les autres... Nous nous sommes habitues aussi a prendre le temps, a vivre dans la gaite et la simplicite, pas sure qu'on retrouve tout ca tout le temps.
Et puis surtout, malgre la fatigue et le travail que represente aussi ce type de voyage, cette annee nous avons vecu de facon tres egoiste, rien que pour nous, et si c'est agreable, ce n'est pas notre facon d'envisager la vie sur le long terme. Mais durant l'odyssee, quelles que soient les complications, nous avions UN planning pour nous tous. Et il va falloir en retrouver 5, et 5 tres differents, et les gerer du mieux possible. Bref durant une annee j'ai pu avor une cervelle d'homme, monotache et je vais devoir retrouver ma cervelle feminine, multitache !
Cette annee, nos soucis etaient primaires : trouver un endroit ou dormir, de quoi manger, de l'eau, du soleil pour l'electricite, du gaz, du bois pour le feu, des laveries, et decouvrir les gens et les lieux. Tout cela, dans notre vie quotidienne, va de soi. Ca ne se fait pas tout seul hein, mais on ne s'interroge pas a ce sujet. Et c'est tout le reste qui occupe notre esprit.
En gros cette annee, nous avons ete en vacances de superflu, un vrai luxe que nous avons apprecie a sa juste valeur, d'autant plus apprecie que nous savions que ca ne durerait qu'un an. Et nous savons qu'il est temps pour nous de rentrer, nous ne sommes pas faits pour partir plus longtemps.

Ce qui est drole c'est que finalement maintenant nous revons au retour, a la maison, a la vie biarrotte, exactement de la meme maniere que nous revions de ce voyage avant de partir !

En somme c'est Ulysse qui a le mieux exprime notre pensee a tous : l'ideal, ce serait que toute la famille et tous les amis prennent un camion et nous rejoignent sur notre plage.
Ca nous semble etre un bon compromis.

Mais si vous ne pouvez pas, alors nous rentrons.

lundi 16 juin 2008

Les dessous de l'Odyssée (ou tout ce qu'on vous a caché - 3)



Les dessous de la Toquée

Un soir que nous nous promenions dans les rues de Bangkok, jetant un oeil aux milles étalages de vêtements, sacs, bijoux, canifs, copies de disques, copies de DVD, copies de vêtements, copies de sacs, copies de bijoux, copies de canifs, qui envahissent les trottoirs de la capitale thaie, je me suis distraitement arrêtée devant une jolie présentation de jolies culottes multicolores, copies de je ne sais plus quelle marque. Je ne parle pas de ces horreurs que l'on voit beaucoup en Asie, et surtout en Malaisie, il faut savoir que dans les rues et dans la plupart des supermarchés, on trouve d'innombrables et immenses bacs à sous-vêtements, pour des prix défiant toute concurrence et un goût défiant toute concurrence : au pays des femmes voilées, la gaine est reine. Nonon je vous jure là c'était plutôt joli et de bon goût. Je ralentis juste, regardant tout en attendant le reste de la troupe qui devait faire la même chose devant des disques ou canifs ou autres. Les voyant arriver, je m'apprête à repartir, et la vendeuse me saute dessus pour me retenir, avec un argument de poids : "No don't go, don't worry, I have big size ! "...
Je sais que je suis la seule toquée au monde qui ai pris du poids dans ce type de voyage, alors que les autres voient leurs kilos s'envoler au gré des curry, épices, légumes, plats de riz, fruits, sans parler du passage en Inde, meilleur régime express au monde, qui a fait perdre à tous ceux que j'ai croisé au moins dix kilos. Et je sais que ma maman et ma belle-maman et mon amie Any vont s'en réjouir. Je sais que j'ai dû me résigner à acheter des vêtements en taille L au Vietnam et en Thailande, parce que vraiment ces asiatiques sont très très mal fichues, je sais aussi que cette impudente croyait sans doute me flatter, parce qu'il faut voir la façon dont les asiatiques regardent ou tâtent nos bourrelets avec envie. Mais je peux vous assurer que je n'ai pas fait la fortune de cette malheureuse à qui moi et mes grosses fesses avons tourné le dos, plus moi que mes fesses quand même, tout en lui souhaitant de venir un jour en France essayer de trouver une culotte dans laquelle ses misérables fesses ne flotteront pas lamentablement.

Moralité relative : au pays des petits thais les toqués sont grois.

dimanche 15 juin 2008

Les dessous de l'Odyssee (ou tout ce qu'on vous a cache - 2)


Le kit de kidnapping de la Toquee

Souvenez-vous : en Iran, planait sans cesse dans nos esprits cette rencontre avec ce couple belge kidnappe dans le Balouchistan. Si nous avions bien etudie la question, et tout fait pour prendre le moins de risques possibles, et si je reunis un nombre incalculable de qualites je n'en reste pas moins une mere, et une mere bien toquee.
Lorsque nous avons commence, en convoi avec nos amis anglais et allemands, la traversee de cette zone houleuse ou les trafiquants de drogue regnent en maitre et s'affrontent avec la police et l'armee, j'avais tout prevu.
C'est mon chauffeur (et garde du corps) qui a decouvert le pot au rose. Un matin il m'a demande ce qu'etaient ces sacs que je venais de deposer derriere mon siege. Il a bien fallu que je lui avoue que j'avais prepare un kit de kidnapping. Qui pourrait servir en cas d'evacuation par l'armee ou que sais-je.
Nous avions ds ces sacs de quoi couvrir les enfants et des paires de chaussette pour tous (ben oui quoi sait-on jamais ds des tentes ds le desert la nuit fait peut-etre froid) et quelques changes, une trousse d'urgence bien remplie, de l'eau, du lait, un peu de nourriture, un couteau suisse, qques dollars (pour negocier avec nos ravisseurs) et des couches pour le boulet.
Les sacs n'ont jamais servi, mais ils m'ont rassuree, et ils nous ont valu un fou-rire memorable dans le desert lorsque le Jedi a narre l'affaire a nos compagnons. Et il m'a valu un titre de vraiment toquee. Mais qui en doutait ?

vendredi 13 juin 2008

Le plus beau métier du monde...

Photo de classe 2007-2008

Nous avons la chance en France de pouvoir partir en voyage avec les enfants, à condition d'en demander l'autorisation à l'Education Nationale et aux Services sociaux de la ville. L'instruction est obligatoire, pas la scolarisation. Du coup on peut choisir de suivre les cours du Cned ou l'instruction à domicile.
Craignant les envois de devoirs et un niveau qu'on sait délirant au Cned, nous avons préféré, pour une année et vu le niveau des enfants, de nous passer de cours par correspondance et organiser tout ça à notre sauce Toquée. J'ai demandé conseil aux professeurs des enfants qui nous ont aiguillés sur des manuels et donné pas mal de matière pour les faire travailler.
Avec l'expérience je sais que nous avons fait le bon choix. Au jour d'aujourd'hui et à l'heure qu'il est (dédicace à mon cher collègue qui se reconnaîtra), Rachel a terminé le programme de CP sur les ouvrages Ribambelle et le livret Retz pour les maths, elle a terminé le cahier de révision de chez Hatier, et vient de terminer le livret de révision de CE1 de chez Hatier. Elle fait maintenant de l'écriture, des additions, et apprend des poésies (que je l'aide à choisir, après "il pleure dans mon coeur", elle voulait apprendre "Booz endormi", je l'ai aiguillée vers "Complainte du petit cheval") . Ulysse a terminé le programme de CE2 avec le manuel de Français de chez Hatier, le livret maths et sciences de chez Hatier aussi, il a terminé le cahier de révisions de CE2 et dans une semaine aura terminé celui de CM1. Pour l'histoire Géo, je lui ai fait abandonner les livrets Hatier que je trouvais mal faits il a lu les ouvrages et de toute manière est bien meilleur que moi.
Rachel comprend très bien l'anglais, mais est trop timide pour vraiment parler. Ulysse parle très bien (si l'on fait exception de l'accent, aussi beau que celui de ses parents, avec un petit côté indo-thai-malais), je pense qu'il a un niveau milieu de collège. Sa curiosité, son plaisir à communiquer et à comprendre tout ce qu'il se passe, le fait que nous ayons voyagé essentiellement avec des anglophones ont été les meilleurs stimulants pour lui.
Je sais qu'il leur manque l'écrit. ILs ont sans doute mille fois moins écrit que leurs camarades restés en classe.
Ils ont une certaine autonomie mais à la fois ont eu la mère fouettarde sur leur dos toute l'année, et pour la rêveuse de la bande, ce n'était pas du luxe. Je pense qu'ils n'auront pas de lacunes, mais manqueront peut-être désormais d'endurance, une journée de classe c'est long comparé à quelques heures de travail sous les cocotiers et à l'école de la vie.
J'essaierai de vous dire ce qu'il en est après quelques mois d'école sédentaire.

Mais cette année ils ont énormément lu. Ce n'est pas nouveau, mais ils ont eu beaucoup plus de temps que d'habitude et leur procurer toujours de nouveaux livres était notre priorité. J'avoue que quand je les vois se lever le matin, se jeter en maillot de bain sur leur livre tout en buvant leur chocolat au lait (ou son thé pour grosse Rachtoque), me fait redouter le coup de feu du matin normal dans une vie normale de famille normale, même si Toquée.

Je n'ai pas pris de plaisir particulier à leur faire l'école. Je préfère sans aucune hésitation enseigner à des grands, et surtout à des grands qui ne sont pas les miens avec qui j'ai beaucoup plus de patience. Mais nous avons eu de très bons moments, j'ai dû réapprendre à faire une division à deux chiffres (tu vois papa que j'ai fini par comprendre), je sais ce qu'est un polyèdre et je sais surtout que nos professeurs des écoles sont des saints. Je leur tire mon chapeau et leur confie ma classe avec plaisir.

Dans une semaine pile, je donne les résultats des conseils de classe et décrète le début des grandes vacances. Mes élèves ne le savent pas, ils en seront sans doute aussi contents que moi.
Vous croyez que j'aurai droit à un cadeau de fin d'année ?
En tout cas on va faire notre fête de l'école à Singapour, je n'ose mettre les cahiers au feu de peur que la maîtresse n'y passe aussi.

Si aucun d'entre nous n'a vraiment envie de reprendre le vrai travail, nous avons tous envie de retrouver nos vraies écoles, nos récréations, nos cantines, et surtout nos amis parce que c'est eux qui manquent le plus à notre école de Toqués.

PS : Joyeux anniversaire à notre Noé adoré, même si tu n'en est plus du tout convaincu ce matin, tu vas voir, tu vas adorer l'école. Rassure-toi : je ne serai pas ta maîtresse !

mardi 10 juin 2008

Big Toqué is watching you (message à caractère pornographique)



En préliminaire, sachez que le blog relève d'un exhibitionnisme sain, nous avait appris un sage homme de ma famille. Dans ce cas, la lecture silencieuse de nombre d'entre vous relève sans doute d'un voyeurisme sain. Mais sachez que de notre côté nous vous regardons aussi nous regarder. Mon indolent compagnon de voyage, grand geek devant l'éternel, a installé un mouchard sur ce blog.
N'éteignez pas votre ordinateur, je vous explique.
Grâce à cet outil, nous pouvons désormais savoir combien vous êtes à fréquenter ce site, nous pouvons avoir des statistiques par jour, par heure, le nombre de visites par page, nous savons exactement de quel pays et de quelle ville vous vous connectez (on en reparlera mais ce blog est international et puis j'en profite pour remercier tous mes collègues, Anglet bat des records mais la région parisienne n'est pas en reste). On sait combien de nouveaux lecteurs nous avons. On sait même quel est votre provider. Mais le plus intéressant c'est surtout qu'on sait par quel biais vous êtes arrivés sur notre site.
Par exemple, on voit que certains ne savent toujours pas utiliser les favoris et passent tous les jours par google, ou par un autre site pour venir nous lire, mais je ne peux vous jeter la pierre. Mais le plus drôle c'est surtout qu'on sait quels mots vous avez tapés sur votre moteur de recherche pour arriver jusqu'à nous. Certains ne sont pas surprenants, il y a ceux qui nous cherchent directement, ceux qui se renseignent avant de partir dans un des pays que nous avons traversés, les camping-caristes, les futurs voyageurs en famille et en camping-car, mais certains sont franchement hilarants. Certains de nos lecteurs, sans doute un peu déçus par la suite, ont tapé "sea, sex and sun", ou "fesses rouges" ou "grosses vaches" ou encore "escorts boys", sans parler des associations "filles + thailande" j'en passe et des meilleurs pour le respect des moeurs irréprochables de ce site.
Mais il faut en tirer des conclusions.
Je pense notamment à toutes ces familles qui nous contactent pour préparer leur futur voyage, il faut voir dans ce fait, un moyen de gagner de l'argent, via de la publicité sur votre site. Nous savons maintenant comment augmenter facilement le lectorat, jouir d'une bonne réputation sur la toile et donc intéresser les publicistes. C'est pas gay mais c'est la vie mon kiki. Il suffit de surfer sur la vague du sexe.
D'abord il faut un titre aguicheur. Exit "tour du monde en famille" ou "Toto, Titou et Lala découvrent le monde", optez pour "ma vie sexuelle débridée dans les pays chauds" ou "Trois petits cochon au pays du Kamasutra". D'accord il faut tirer un trait sur la subtilité ou l'honnêteté intellectuelle mais il faut savoir ce que vous voulez : l'honneur ou les roupies (poil au zizi). D'ailleurs c'est là mon second point (G), il faut ensuite émailler vos propos de termes pouvant prêter à confusion, du moins chez Google qui comme tout moteur de recherche, s'il est utile, n'est pas très malin et ne fait pas preuve, comme nous autres, d'une grande pénétration de l'esprit. Ensuite nul n'interdit de s'oublier un peu et de se laisser aller à quelques fautes d'orthographes malencontreuses en jouant entre autres sur les homo nymes. N'oubliez pas les langues étrangères et le (fucking) lectorat anglophone. Rien ne vous empêche ensuite (poil au nez) d'user du procédé osé et grossier suivant : émailler discrètement votre (sexe) texte, en caractères minuscules, de termes explicites, sans oublier l'orthographe nouvelle employée généralement par le (Q) lectorat qui nous intéresse.

Je le concède, tout ceci n'est pas très sein, mais mis bout à bout tous ces éléments feront sans aucun doute votre fortune tout en ruinant à (bon) coup sûr votre réputation.

PS pour mes chers élèves et étudiants, rois de Google, qui désormais ont de fortes chances de tomber sur cette page : quand je vous dis qu'il n'y a rien de plus important que le maniement de la langue !
PPS : Nous vous communiquerons les statistiques nouvelles dues à cette page expérimentale et verrons s'il est encore temps pour nous de transformer le Toq'car en Toq'or. Le seul problème c'est qu'on va nous proposer des publicités en rapport avec les termes qui attirent notre lectorat, je ne sais pas s'ils elles seront très orientées voyage...


TT Cherating bitch

lundi 9 juin 2008

Amende honorable (seulement pour moi)


S'ennuyant sur les plages bresiliennes, mon ami Jean m'a appris ce que j'ignorais sur les malais :
Au fait en Malaisie quand on nait Malais d'origine bumiputra (ceux qui ne sont pas chinois ni indiens), par la loi on doit etre musulman. Pas le choix et la police de la morale veille. Boire ou manger pendant le ramadan est passible de 2 ans de prison)...

Donc les malaises ne sont pas libres et doivent, pour certaines, porter le voile.
Pour certaines... c'est terrible et fou non ces lois qui different, ces peuples qui n'ont jamais fusionnes au sein d'un meme pays.
C'est fou ces Etats qui se melent du religieux.
Je suis encore plus heureuse de ma liberte.

Et durant ce voyage nous aurons realise une autre chance pour nous en France : la laicite. J'y etais deja profondement attachee mais je peux vous dire que je sais maintenant vraiment pourquoi.

dimanche 8 juin 2008

Les dessous de l'Odyssee (ou tout ce qu'on vous a cache) 1


La crevaison (recit epique et fort long)

En partant pour un tel periple avec un vehicule plutot fait pour le camping en Europe et qui a 4 roues de voiture pour supporter un poids que nous ne pouvons vous reveler car un peu au dessus de ce qu'il devrait etre, nous nous appretions a crever beaucoup.
Mon chauffeur heroique (on m'a tres souvent demande s'il etait mon chauffeur et lorsque je precisais qu'il etait mon chauffeur ET mari, on m'a trouvee bien folle d'avoir epouse mon chauffeur ; dans le meme ordre d'idee les chauffeurs de bus et de voitures de tourisme indiens etaient tres choques de voir mon chauffeur nettoyer lui meme mon vehicule puisque normalement il y a un chauffeur ET un assistant pour le nettoyage les pannes etc) donc mon chauffeur ET assistant avait tout prevu : des machins pour soulever le Toqcar en surcharge, deux roues de secours et tout ces trucs que ma condition feminine m oblige a ignorer et je le regrette vous vous en doutez. Nous l'imaginions changeant courageusement son pneu sous le soleil en plein desert, aide par quelques elephants ou singes.
Quelle deception.
Malgre les routes albanaises, turques, le desert du Balouchistan, les pistes du Pakistan les kilometres indiens, rien. Pas l ombre du debut de l espoir de la moindre petite crevaison. Nous, les roies de l'off road en camping-car de grands parents, de quoi avions nous l'air ?
Et c'est en Thailande que nos attentes d'aventuriers ont ete comblees.
C'etait le jour de notre premiere sortie de Bangkok. Je parle de notre premiere sortie lors de notre premier sejour a Bangkok.
Comme tous les aventuriers, une fois tires d'affaires et sortis indemnes de la jungle inextricable des autoroutes, echangeurs et panneaux indicateurs incomprehensibles, nous nous nous dirigions courageusement vers Carrefour.
Une fois l'enseigne trouvee, l'entree du parking trouvee, heureux comme on l'est toujours dans ces cas, lorsqu'on sent qu'on est sorti de la ville et qu'on est tombes sur une reserve de vivres et qu'il se pourrait bien, ensuite, que l'on trouve notre route sans trop d'encombre, nous nous sommees engages sur le parking beni.
Et la, le choc. La crevaison. Aveugle par son bonheur, et au cours de sa maneuvre perilleuse (tourner a droite a 3kms/h), mon chauffeur n'avait pas vu une espece de barre de fer qui depassait du sol. Misere. Crevaison.
Mais il est des aventuriers chanceux, lorsque nous relevames les yeux, notre regard tomba sur l'enseigne, en face de nous, a 50 metres, brillante : Bridgestone.
Nous n'etions pas tous descendus du Toqcar que les mecanos etaient deja trois sous le Toqcar. Le temps de remplir un caddy et tout etait parfaitement en ordre et les mains de mon chauffeur toujours blanches.

Je tiens toutefois a ajouter que l'honneur du Jedi est sauf : il y a trois jours, un de nos pneus a explose en mille morceaux sur l'autoroute. Et nous ne roulions plus a 3kms/h. Mon homme l'a change tout seul en plein soleil et a eu le tee-shirt et les mains toutes noires (mon mecano est-il le seul a bricoler systematiquement en blanc ?).
C'est ca l'aventure !

vendredi 6 juin 2008

Malaise...



Je ne peux plus, ça y est.
Je ne supporte plus de voir toutes ces femmes voilées.
Je ne supporte plus ces femmes qui se ressemblent toutes, toutes la même silhouette, toute la même coiffure, toutes le même âge, toutesle même visage.
Je ne supporte plus ces petites filles, parce que les petites Malaises sont voilées très jeunes, et très voilées, soumises aux hommes avant de savoir parler.
Je ne supporte plus ces hommes qui acceptent que leurs mères, leurs soeurs, leurs amies, leurs épouses, leurs filles soient traitées de la sorte.
J'ai envie de hurler et de vomir.
Certes en Malaisie elles ont des tenues fleuries et des foulards colorés, mais qu'est-ce que ça change ? C'est presque encore plus choquant dans ce pays en plein développement économique, royaume de la consommation, de l'automobile, des téléphones portables de la publicité et de la consommation. Plus choquant quand ce sont des femmes actives qui travaillent, conduisent, font leurs courses chez Carrouf, courent après les enfants et le temps, comme nous quoi. Plus choquant quand l'autre moitié de la population, d'origine chinoise, se promène en mini-short totalement indécent, quand l'autre moitié des petites filles est libre de se vêtir comme bon lui semble. Plus choquant quand ce n'est pas inscrit dans la loi.
Je ne trouve plus d'excuses à l'ignorance, à la tradition, au poids de la religion, plus d'excuse à la bêtise et à la cruauté, plus aucune excuse aux hommes et plus beaucoup aux femmes.

Puisque c'est ça, je renonce à ma pudeur : je passe mes journées en bikini sur la plage de Cherating même si je suis la seule.
De même que Rachel est la seule petite fille en maillot de bain.
Et ma révolte cède la place à un sentiment de bonheur que j'aurai souvent éprouvé (futur antérieur Jean et Cathy !) durant ce voyage, à un soulagement immense, vous savez comme celui qu'on ressent lorsqu'on se réveille d'un affreux cauchemar en pleine nuit : la certitude que notre plus grande chance, surtout à Rachel et moi, réside dans notre nationalité et notre liberté.


Ceci-dit, heureusement qu'on lève les voiles dans quelques semaines et que ma colère ne pourra pas s'accentuer sans quoi j'aurais fini nue et puis je pourrais m'habituer à voler la vedette à Gaspard : bizarrement depuis quelques jours ce n'est plus lui mais moi qu'on photographie en douce...

lundi 2 juin 2008

Affaire de famille



Hier soir nous avons célébré l'amitié franco-allemande et les enfants ont découvert une nouvelle culture, à Kuala Lumpur pourtant. Après 4 mois à voyager ensemble, galérer parfois, beaucoup rire, et refaire le monde en franglallemand, notre ami bien toqué aussi s'envole pour l'Australie. Je suis désolée les copines il n'y aura plus de photos de Marc en maillot de bain sur ce blog. Mais les photos de notre nuit allemande valent leur pesant de choucroute. Et si nous sommes un peu émus de nous séparer et de partir si loin les uns des autres après avoir tant partagé, nous sommes tous heureux des nouvelles aventures qui nous attendent.

Puisqu'on parle d'amitié, d'Allemagne, je vous encourage à aller au cinéma, dès le 4 juin, pour voir le premier long métrage de notre ami Claus Drexel : "Affaire de famille". Je ne l'ai pas vu, mais j'aime beaucoup Claus, j'adore sa femme (ma jumelle Géraldine) et leurs enfants donc je suis certaine que ce film doit être génial. Allez-y mais ne me racontez pas trop !

mercredi 28 mai 2008

Same Same


Demain nous quittons cette plage où nous devions passer une nuit, où nous aurons passé dix jours, pour retourner en Malaisie où nous avons rendez-vous, pour la dernière fois, avec notre allemand préféré.
La Thailande est le second pays, après l'Inde, où nous avons passé le plus de temps. Et c'est sans doute un des pays que nous aurons préféré. En tout cas c'est le pays où il nous a été le plus facile de vivre et de voyager. D'ailleurs on a un petit souci. Quand on demande à Gaspard où il vit, il répond "à Biarritz !". On est fiers, la leçon est retenue. Mais quand on lui demande "Dans quel pays ?" il répond invariablement, "A Biarritz, en Thailande !".
Que retiendrons de la Thailande ? Les Thais, leur sourire, leur discrétion, leur gentillesse, leur humour. La salade de papaye verte, savant mélange de papaye (quelle surprise !), d'autres légumes, de vinaigre, de chili, de citron. ça dépote mais on ne s'en lasse pas. Le sticky-rice, les brochettes de viande, le pad thai et toute la nourriture de rue. Les fruits si sucrés : pastèque, ananas, mangoustan, tamarin, rose apple et plein d'autres dont on ne connaîtra jamais le nom en français. Ce sont les durian qui puent tant qu'on n'a jamais osé y goûter. La Singha bien sûr. Les paquets de cigarettes arborant des photos explicites de malades mourant d'un cancer, des organes de ces malades, de la dentition de fumeurs, de foetus en mauvais état... Les marchands de plage de rue de maillots de bain de tissus de breloques de gateaux de glace de boissons de guirlandes de fleurs de tout ce dont vous pouvez rêver. Les massages sur la plage, un régal. Les 7Eleven à chaque coin de rue et leurs graisses et sucres à l'américaine. Les moines trop beaux dans leurs costumes oranges, les hommes mais surtout les femmes couverts de la tête aux pieds, chaussettes dans les tongs et souvent même d'un bonnet ou d'une cagoule, pour ne pas s'exposer au soleil. Les moto-taxis, les motos pas taxi mais qui vous emmènent où vous voulez et sur lesquelles on s'entasse à 3 ou 4, il suffit de le demander, les tuk-tuk trop rapides, les oiseaux en cage, attrapés pour être libérés ensuite en l'honneur de Bouddha, les autels des ancêtres et les arbres qui leur sont également dédiés. Les photos du roi partout. Les cocotiers, les plages superbes, peuplées de crabes, de poissons, de méduses, mais malheureusemnet aussi parfois envahies d'ordures, de déchets de poches en plastique. Les lézards géants (peut-être appelle-t-on cela des iguanes), les gekos (orthographe ?) qui crient fort la nuit se prenant pour des iguanes, les papillons géants, les crapauds, les cafards (géants aussi) et tous les autres insectes, à croire qu'il n'y a que les hommes qui soient petits en ce pays.
Mais c'est aussi Bangkok si moderne et tournée vers la société de consommation que je trouve notre vieille Europe bien raisonnable. C'est la chaleur et les averses, c'est Chinatown et ses mille boutiques de mille choses, ce sont les copies de vêtements, les copies de sacs, les copies de DVD, les copies de livres, les copies de disques, les copies de bijoux, les copies de téléphone, les copies de mp3, les copies de chaussures, les copies de jouets, les copies de logiciels.
La Thailande c'est le pays du "same same". Prononcez "sim sim". On vous le sert à toutes les sauces, et généralement mal à propos. Vous cherchez un tee-shirt bleu en taille S, on vous en trouve un rouge en taille L et on vous annonce tout sourire "same same". Le prix d'un article ? "same same" et débrouillez vous avec ça. Ceux qui ont trois enfants, ou à peu-près, nous disent en montrant les nôtres "same same". Ceux qui ont une camionnette se plantent à côté du Toqcar : "same same !".
Mais la marque de tee-shirt, (ou la copie de marque) qui a repris l'expression, a bien saisi l'essence de ce pays dans son slogan : "same same... but different".

mardi 27 mai 2008

Les couleurs de la Thailande



Depuis presque dix mois, nous sommes un peu perdus dans le temps. Nous devons faire des calculs incroyables, réfléchir longuement et sortir les agendas pour savoir avec certitude quel jour nous sommes. La scène est parfois franchement comique. Rien que ça, il faut avouer que c'est un luxe qu'on apprécie.
Mais en Thailande nous avons quelques repères simples : si les gens sont habillés en jaune (généralement en polo, portant le symbole du royaume sur la poitrine), nous sommes lundi. Et s'ils sont en rose, c'est jeudi ! Et je parle là de plus de la moitié de la population, facilement.
- Mais pourquoi, quelle en est la raison, explique-nous donc !
La raison en est politique, ou plutôt royale, et quasi religieuse.
Le roi est né un lundi, le jaune est sa couleur.
Le roi est sorti un jeudi de l'hôpital, il était vêtu de rose.
Et il y en peut-être d'autres qui nous ont échappé.

Le code-couleur historico-vestimentaire c'est pratique pour nous, c'est assez beau et très émouvant je trouve.

Les thais vénèrent leur roi Bhumibol Adulyadej, Rama IX pour simplifier. Son visage est partout, toutes les rues, toutes les villes regorgent de photos du roi, toutes plus grandes les unes que les autres, le roi enfant, le roi adulte le roi en famille, le roi prend des photos, le roi en tenue d'apparat, le roi en tenue de ville... Le roi est dans tous les foyers tous les commerces. Lorsque la soeur du roi est morte, il y a peu, le pays a porté le deuil pendant 2 mois, les fonctionnaires étaient tous vêtus de noir ainsi que beaucoup de citoyens. On ne plaisante pas avec le roi, on ne pose pas le pied sur un billet qui s'envole, car la monnaie est à l'effigie du souverain et ce serait un crime de lèse-majesté. A chaque début de séance de cinéma résonne l'hymne national, dans toutes les écoles en début de journée (mais ça ce n'est pas propre à la Thailande), le pays entier est uni derrière cet homme plus si jeune.
Mais cette loyauté est justifiée : ce roi a fait beaucoup pour la Thailande, il a su ramener et maintenir la paix alors que les états voisins s'enflammaient, il a su mener le pays vers un développement économique dont les autres ont été privés.
Malheureusement le pays tremble en pensant à ce qui se passera après. Le prince n'est pas aimé, et sa réputation est catastrophique. Il n'y a que la mémoire du roi qui pourra maintenir l'ordre et la cohésion nationale un moment mais ensuite ?...
Alors, comme nous pouvons le lire partout dans le pays :

Long live the King !

dimanche 25 mai 2008

Ma fête des mères de toqué(e/s)


Comme de toute manière nous sommes totalement décalés, nous avons décrété à l'unanimité que les festivités en mon honneur débuteraient dès hier soir. Nous sommes donc allés nous taper la cloche dans un restau qui en plus de bonne bouffe a l'avantage de nous offrir un wifi, des puissance-4, des magazines et des serveurs fous de Gaspard qui viennent s'en occuper même lorsqu'ils ne sont pas de service (mais ça, c'est partout en Thailande), le tout dans un cadre charmant.
Au retour la folle soirée a continué. Alors que nous venions de rentrer, les lumières du chantier voisin se sont mises à crépiter, se sont éteintes et un beau feu s'est allumé. J'ai couru chercher un serveur du restau ultra-chic-ridicule voisin qui a appelé le propriétaire. Heureusement entre temps, les flammes s'étaient presque éteintes. Heureusement ou malheureusement parce que ce sera la seule construction en bord de cette plage jusque-là préservée, et ce coin de paradis va s'en trouver défiguré comme tant d'autres. Le propriétaire, un riche americain (de Hollywood nous disent les autochtones, bon, ça fait pas de mal de le croire, je peux juste vous dire que ce n'est ni Georges ni Harrison), est arrivé très rapidement. Le Jedi armé de sa lampe de poche, l'a entraîné voir ce qui s'était passé, et surtout lui a dit qu'ils devaient vérifier si le gardien qui dort là toutes les nuits n'était pas blessé. Ouf, ils ne l'ont pas trouvé, il n'était pas là. Enfin ouf selon nous parce que l'amerlhollywoodien était fou de rage et a rameuté son "staff" dans les dix minutes. On a pu aller se coucher rassurés.
Mais la fête ne faisait que commencer...
Au milieu de la nuit, nous nous sommes levés pour fermer quelques fenêtres puisque la pluie était de retour, mais ça encore, c'est habituel, il pleut toutes les nuits, et depuis trois jours, ce n'est que la nuit. Sauf que du coup nous avions un peu oublié les éléments de base du campement en bord de mer et en saison des pluies. Le Jedi avait bien amarré notre store qui nous protège à la fois du soleil et de la pluie mais nous ne prenions plus la peine de le replier tous les soirs. Donc un peu plus tard au milieu de la nuit, nous avons été réveillés par un bruit énorme, impossible de fermer ou d'ouvrir certaines fenêtres, impossible de voir à l'extérieur, impression très étrange la nuit : dans une bourrasque notre store avait été totalement arraché et obstruait tout le Toqcar. Vu la tempête extérieure, il n'y avait rien à faire à part attendre, et essayer de se rendormir, en rassurant les enfants (enfin les garçons parce que notre fille comme d'hab ronflait et ne se souciait de rien), en guettant les coups de vent, en guettant la mer, parce que les tempêtes en bord de mer c'est toujours inquiétant, et bêtement à Phuket, en période agitée pour l'Asie, et en pleine nuit, c'est carrément effrayant.
Après la pluie vient le beau temps, et ce matin, mon courageux mari est sorti par les portières-avant pour aller réparer comme il l'a pu notre store qui ne survivra pas au voyage mais pourra, grâce à son talent, terminer le mois (petit hommage à mon MacGyver personnel qui nous aura sauvé la mise plus d'une fois durant l'odyssée en plus de m'avoir offert trois enfants très créatifs). J'ai réussi à faire patienter les fruits de mes entrailles qui voulaient me faire des tartines dès 6h30 (j'avais négocié pour qu'ils ne me portent pas le petit déjeuner dans la capucine...), et quand je me suis levée, le vent ne s'était pas couché, mais en plus de délicieuses tartines (noires), m'attendait une ribambelle de cadeaux.
L'année n'est pas aux colliers de nouilles pour moi mais aux colliers de coquillages.
Rachel m'a écrit un message dans une coque, et elle m'a construit toute seule un collier, fait de ficelles ramassées sur la plage et d'un agglomérat de coquillages, le tout attaché par un chouchou rose-fluo, dont mon cher époux a décrété qu'il serait peut-être aussi très joli suspendu à mon rétroviseur (merci chéri). Elle m'a aussi offert un de ses colliers, qui en réalité est à Gaspard, et qu'il a cassé dans la minute. Et Ulysse m'a offert un collier pendentif fait avec une nacre qu'il a ramassée sur la plage, la plus grande du monde je crois, donc le plus gros pendentif du monde aussi, à la hauteur de son amour je pense.
Et hier Rachel avait choisi toute seule, dans leur recueil, un poème que pour l'occasion elle avait recopié dans son cahier et qu'elle m'a lu car elle a oublié de l'apprendre :

L'Adieu

J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est mort souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends.

Guillaume Appolinaire

...

J'en fais aujourd'hui et devant vous le serment solennel : je ne dirais plus rien jamais rien sur les poèmes cucul la praloche, je ne rirai plus des fleurs des petits oiseaux des coeurs et des "maman chérie". Chers instituteurs des enfants, vous m'avez beaucoup manqué ce matin...
Beaucoup de psys se sont penchés sur la question, et j'ajoute mes coquillages à leur édifice : être maman et maîtresse, c'est vraiment pas facile. Comment ça je suis hors sujet ? Laissez-moi parler c'est ma fête.
J'ai quand même eu le droit de choisir ma musique ce matin pour l'occasion et je leur inflige l'intégrale de Cabrel. Voilà. Comme c'est jour de fête il n'y a pas d'école et en plus d'un bon repas au restau (où je vais devoir porter mes deux colliers, ouf que le troisième est cassé), on m'a annoncé un massage sur la plage (faut tout de même que je vérifie que les masseurs ne s'appellent pas Ulysse Rachel et Gaspard).

C'est en tout cas une fête des mères inoubliable et toquée comme je les aime.

Bonne fête à nos mamans et à toutes les autres !

samedi 24 mai 2008

Mementoqué


Dans notre tête le compte à rebours est lancé.
Je ne vais pas vous raconter éternellement notre dur quotidien de Robinsons sur les plages de sable fin et dans des eaux transparentes, les photos parlent d'elles-mêmes et je risque vous lasser.
Mais j'ai oublié de vous dire plein de choses sur notre odyssée, sur les pays qu'on a traversés, ceux qu'on a adorés, sur les gens qu'on a rencontrés, sur nos constats nos interrogations.
J'ai oublié de vous dire qu'on avait connu une crevaison terrible, de vous parler de mon kit de kidnapping dans le balouchistan, de vous parler des policiers indiens et de ceux de tous les pays, de vous raconter les enfants et tout ce qu'on a découvert sur eux cette année, de vous parler du retour qu'on attend et redoute, de vous raconter la tonne de livres que j'ai ingérée, presque autant qu'Ulysse c'est dire, oublié de vous parler des animaux nos compagnons de chaque instant (et nos cauchemars aussi), de vous parler de la chaleur, de la nourriture, du temps extensible et à la fois si rapide, et puis on commence à faire le bilan, les bilans et il faudra que je vous en parle un peu.
Je ne pourrai pas tout vous dire. Au cours de cette toute petite année nous avons vécu ce que peu vivent en une vie, certaines journées ont été si riches qu'on a eu l'impression qu'elles valaient dix ans. Et nous on a l'impression d'avoir beaucoup vieilli mais aussi d'être retombés en enfance.
Je vais tâcher de vous raconter tout cela dans les semaines qui viennent, pour vous, parce que les bonheurs et les plaisirs et les découvertes non partagés ne valent rien, mais surtout pour nous, car ce blog c'est aussi notre mémoire familiale.

mercredi 21 mai 2008

Hors saison



A l'origine on avait décidé de ne pas aller à Phuket. Peur du béton des hordes d'européens-américains. Nous avions été horrifiés par ce que certains promoteurs ont pu faire de certains coins de cette si belle côte thailandaise et avions largement préféré la côte Est. Sauf que les enfants ont l'air d'avoir eu la varicelle à cause des mouches des sables (en français dans le texte) et que se baigner en prenant soin d'éviter les méduses géantes qui nous entourent est un peu stressant (quand je vous dis que notre vie est un enfer...).

Finalement nous nous sommes dit qu'il était dommage de passer si près de cette célèbre île sans y mettre les pieds, nous ne voulons pas rentrer idiots et nous savons aussi que notre Toqcar nous permet souvent de nous dégotter des petits paradis tranquilles entre deux resorts ou bars branchés. Et surtout... le temps joue en notre faveur puisque c'est le début de la saison des pluies sur la côte Ouest et donc le début de la basse saison.

Arrivés de nuit, nous avons par hasard atterri au fond d'une petite rue, devant un chantier, au bord d'une jolie plage. Et c'est parfait pour nous. Il n'y a personne, pas un chat. Des terrasses vides, des chaises longues vides, une belle plage vide et totalement intacte car elle a été miraculeusement épargnée par le Tsunami.

Certes il faut supporter les averses, mais elles ne nous dérangent pas, au contraire, ça nous rafraîchit, nous repose et nous permet de prendre des douches d'eau pure à moindre frais ; la pluie lorsqu'il fait 35 D° c'est pas comme les giboulées de mars et ça permet de mieux apprécier le soleil. La mer est assez démontée, disons qu'elle ressemble à celle qu'on connaît à Biarritz. Sauf qu'elle est chaude et totalement transparente.

Nous commençons à prendre nos habitude, nous avons visualisé les chemins d'évacuation en cas de Tsunami (je plaisante un peu mais comment ne pas y penser ici?), avons déjà sympathisé avec un couple de restaurateurs anglo-thais qui prennent leur apéro avec nous le soir et avec qui nous allons griller des poissons sur la plage pour dîner s'il ne pleut pas. Les masseuses ont l'air de se sentir seules, je vais me dévouer et aller leur tenir compagnie. Christophe a repéré une planche de surf esseulée, il va sans doute aussi se dévouer pour lui tenir compagnie et nous poursuivons nos activités effrénées : école (j'en ai marre...), lecture, baignades et découvertes culinaires .

mardi 20 mai 2008

Des lauriers pour les Buis


Juste parce qu'on ne sait pas comment vous remercier.

Parce que vous n'avez sans doute même pas réalisé combien votre amitié et votre hospitalité nous ont été précieuses, combien cette pause civilisée, voire ultra-civilisée, voire même luxueuseet surtout si chaleureuse dans notre année de bohème a été douce pour nous cinq.

Parce que les fleurs c'est périssable, que les bonbons c'est tellement bon mais qu'ici ça fond.

Et n'oubliez pas que nous vous attendons de pied ferme, d'ici quelques semaines à la maison, où vous serez obligés de vous doucher longuement, de retourner les chambres des enfants et d'en sortir tous les jouets, de nous préparer d'interminables spectacles de magie-mnastique, de vous baigner dans notre piscine (gonflable – penser à acheter des rustines chéri stp), de goûter ma cuisine exotique (merci Picard), de venir déjeuner dans nos restaus préférés, de m'accompagner faire du shopping ou un massage devant la mer (non oubliez ce dernier point je reviendrai en Thailande pour ça), de laver votre linge archi-sale non plus en famille mais dans mon lave-linge (j'adore dire : "mon lave-linge", c'est devenu un objet de fantasme pour moi), de lire nos magazines, d'utiliser notre connexion internet. Avec un peu de chance on aura même des chaises pour tout le monde, mais notre jardin habituel est tout de même moins grand que celui que vous nous connaissez et la mer n'est pas au pied de cette maison-là. Mais je suis certaine qu'on s'en débrouillera parce qu'à nous tous, je trouve qu'on se débrouille pas mal.

Bon vent les amis !

jeudi 15 mai 2008

Rêve familier


Nous ne reviendrons pas sur la déception de ne pouvoir traverser la Chine (ceci-dit, à l'heure actuelle on aurait dû se trouver au Sechuan...), visiter ces pays qui nous faisaient rêver, ni rentrer dans nos pénates à bord de notre Toqcar. Dès que nous avons appris la nouvelle, malgré les mille plans que nous avons élaborés et toutes les pistes sur lesquelles nous avons travaillées (faire traverser la Chine au Toqcar en train voire bateau puis train depuis le Vietnam, trouver une liaison maritime Hanoi-Vladivostock, un Bangkok-Vladivostock, puis face à des devis exhorbitants finalement des liaisons Kuala Lumpur-Europe, Bangkok-Europe, Singapour-Europe ), l'idée de revenir en Thailande a réjoui tout l'équipage et en tête nos trois moussaillons. Certes la Thailande est un pays que nous avons adoré pour diverses raisons comme la douceur de la vie, les prix très bas, les thai et leur gentillesse, la nourriture délicieuse, les plages de rêve et sa capitale folle, certes il y avait aussi le plaisir d'y retrouver nos amis, mais surtout le bonheur, pour la première fois depuis 9 mois, de revenir sur nos pas et de nous retrouver en terra cognita.
La Chine a un peu coupé l'herbe sous nos pieds d'aventuriers à un moment où nous commencions à fatiguer.
Arriver en Thailande, voir les enfants pousser des cris de joie en retrouvant leurs marques, retrouver nos habitudes à Bangkok, pour la première fois entrer dans un pays sans nous interroger sur la langue, la monnaie, les routes, le gaz, l'essence, l'eau, les habitudes, la nourriture, les prix, l'hospitalité, sur la possibilité de bivouaquer partout ou non, nous a fait réaliser que nous aussi aspirions, pour les semaines qui nous restent, à une routine de robinsons au soleil, à profiter du plaisir d'être tous les cinq sous des cieux exotiques mais familiers, routine luxueuse dont nous ne nous lassons pas, avant de nous réhabituer à la langue, la monnaie, les routes, le gaz, l'essence, l'eau, les habitudes, la nourriture, les prix, l'hospitalité françaises, et de retrouver une routine plus habituelle de Toqués sous un soleil plus occidental.
Ne nous cherchez plus. Nous sommes sous les cocotiers et les palmiers, passons du hamac au fauteuil, d'un polar à un Tintin. Il y a juste suffisamment d'averses pour nous rafraîchir, pas assez pour nous empêcher de cramer même à l'ombre. Nous cuisinons au feu de bois et luttons contre les mouches de sable qui nous dévorent et les crabes qui nous effraient durant la baignade. Quand vraiment nous sommes à cours de vivres ou que nous avons un grand coup de courage, nous enfourchons nos vélos pour explorer les environs. Parfois la nuit nous sommes dérangés par le bruit des bateaux qui pêchent au néon et donnent à "notre mer" comme dit Gaspard, un petit air de fête.
Nous descendrons ainsi la Thailande, puis la Malaisie et termineront notre périple à Singapour, afin de laisser le Toqcar poursuivre l'Odyssée tout seul par les océans et de vous rejoindre par les airs, fin juin.
Ne vous y trompez pas : nous sommes très heureux de vous retrouver bientôt, mais nous savourons chaque seconde de ce rêve devenu désormais familier.

samedi 10 mai 2008

Toqs en stock


Je sais que je ne suis pas tres bavarde en ce moment, mais d'abord nous avons un probleme electrique, un de nos panneaux solaires nous a laches. Et vu la chaleur terrible de Bangkok actuellement, nous reservons nos watts pour notre ventilateur, la nuit. Sans quoi nous ne dormons pas.
Et puis surtout nous sommes tres occupes a arpenter Bangkok, a faire du shopping et surtout a profiter de nos presque voisins et tout a fait amis. Ulysse et Rachel ont meme passe une journee a l'International English School of Bangkok. Yes my dears. Ils y seraient bien restes d'ailleurs, et je les y aurais bien laisses aussi.
Je viens pour ma part de vivre, grace a nos amis et au confort de leur superbe appartement donnant sur les gratte-ciels de Bangkok, un moment rare et tres precieux. (Amies overlandeuses ou voyageuses, cessez de me lire ici, vous allez me detester ) J'ai lu un magazine intellectuel (Prima) en marinant dans un bain pendant un bon quart d'heure... Et vous savez quoi ? Si je n'ai pas trouve la coiffure parfaite sur les 40 modeles incontournables de cet ete, je crois bien que j'ai recupere mes pieds : ils semblent roses !

Voila.
Vous savez tout.
Pas beaucoup de culture, pas de grandes reflexions mais tellement de bons moments que je vous delaisse un peu.
J'ai pourtant des tonnes de posts en stock a vous livrer avant de voler vous rejoindre. Parce qu'il y a deja 9 mois que nous sommes partis ! Alors vous attendrez bien mes jours d'oisivete sur la cote, que nous rejoignons des lundi.

lundi 5 mai 2008

De failles thai en Solal


On a failli aller en Chine, et passer si près de la frontière en devant rebrousser chemin nous a un peu schtroumphés.

On a failli aller frapper, au culot, à la porte du Myanmar qui nous tendait les bras aussi et nous empêche de rentrer par la route.

On a failli ne pas pouvoir sortir du Laos car c'est à la frontière, devant le Mékong, que nous avons rencontré les seuls laos désagréables, qu'il nous manquait un papier, et que notre capital "patience aux frontières" semble avoir fondu au soleil. Heureusement qu'il y en a toujours un de nous deux pour rassembler ses dernières forces en la matière.

Gaspard a failli ne pas se souvenir de ses mots de thai, qu'il avait pourtant eu du mal à remplacer par des laos, mais le Kap Kun Karp a vite remplacé le Sabaidee.

On a failli voir le Nord de la Thailande puisque tel était notre projet.

On a failli paniquer quand Ulysse s'est réveillé fiévreux et se plaignant en pleurant d'une douleur au côté droit.

On a failli décréter que ce n'était rien, mais dans le doute on s'est abstenus de faillir et on a préféré foncer à Bangkok.

On a failli passer quelques jours dans un hôpital incroyable, qui ressemble à un casino de Las Vegas, dans lequel on trouve un MacDonald et plusieurs restaurants, dont la cantine est tenue chaque mois par le chef d'un grand hôtel, et dont on n'aura vu que les urgences.

Ulysse a failli se faire opérer de l'apendicite mais finalement ce n'était rien.

On a failli l'étriper quand le lendemain de cette journée où on a roulé douze heures, se nourrissant de hot dogs (merci 7/eleven) et foncé consulter les plus grands pontes de l'Asie du Sud Est, après une nuit sans air dans notre ruelle préférée, il s'est réveillé à l'aube en pleine forme sautant partout comme à son habitude.

On a failli regretter l'anesthésiant à ce moment-là.

Mais nos amis de Bangkok, eux, n'ont pas failli, ils nous ont reçus au pied levé, invités dans un restaurant encore mieux que celui de l'hôpital, encore mieux que MacDo, et nous ont choyés toute la journée, et ce n'est que le début de la semaine.

Et Bangkok ne faillit jamais, on aime on adore, donc finalement on est tous heureux d'être là.


Et puis surtout la nouvelle vient de tomber : un Solal nous est né, chez ma webmastrice préférée ! Bienvenue à toi petit homme ! Avec quelques ancêtres du côté des cités d'or, une maman que j'adore, un grand-frère très fort, un prénom brillant et tous les calins qu'on te réserve pour notre retour, je gage que tu failliras bien moins que nous.

mercredi 30 avril 2008

Road movie


Hier soir à Luang Prabang, grâce au cinéma ambulant de nos amis globe-trotteurs, les enfants ont vu leur premier Charlie Chaplin.
Pendant un peu plus d'une heure, assis parterre avec quelques jeunes Laos, ils ont ri aux éclats face au Cirque de Charlot.
Et nous on a redécouvert la joie de ces mimes, de cet humour, de cette poésie, de ces images, de cette musique.
Doublé du plaisir de la découverte et du rire de nos petits toqués.
Triplé du plaisir de la situation et d'un nouveau souvenir savoureux qui s'ajoute à la pièce montée de notre odyssée.

lundi 28 avril 2008

Cagnard, histoires, jarres, war, hasard



Nous avons très vite fui la chaleur absolument étouffante de Vientiane où nous étions il y a un peu plus d'une semaine. Lorsqu'on dégouline en ne faisant rien, qu'on va de cafés climatisés en restau climatisé, que les enfants commencent à se plaindre et que Gaspacho nous dit :"c'est beau la neige, j'aime la neige moi", on met le cap au Nord. Pourtant Vientiane nous a permis de rencontrer enfin Alain et Marcelle, avec qui nous devions traverser la Chine et avec qui du coup nous allons essayer de nous croiser régulièrement au Laos.
Ils font quelque chose de formidable durant leur voyage : ils ont installé un système ultra sophistiqué sur leur camping-car 4x4, qui leur permet d'organiser des projections de films, devant leur véhicule, partout dans le monde, et donc d'offrir à ceux qu'ils croisent un moment de rêve et d'évasion. On ne rencontre que des gens pas ordinaires sur les routes du monde.
Et on rencontre surtout des gens qui ont une histoire extraordinaire. Certains ont une histoire douloureuse, d'autres ont de belles histoires, et parfois, souvent à la fin, les deux se rejoignent.
Il y a cette histoire que j'aime et qu'on nous avait racontée (puisque tout le monde connaît tout le monde dans ce petit monde), avant que nous ne les rencontrions au Cambodge et qu'ils me la racontent eux-mêmes : c'est l'histoire d'un couple d'autrichiens, qui à la quarantaine passée, en mal d'enfants et d'espoir, décide de tout plaquer pour partir parcourir le monde dans un camion. Au bout de 8 mois environ, alors qu'ils sont en Inde, elle ne se sent pas bien, sans doute une intoxication alimentaire. Un peu inquiète elle va consulter un médecin qui lui annonce qu'elle est enceinte de presque 5 mois, d'un beau garçon. Elle m'a dit avoir tout de même passé quelques semaines un peu folles, entre bonheur et angoisse, interrogations et doutes. Et puis finalement, ils ont décidé qu'ils continueraient le voyage avec ce bébé, puisqu'il avait voulu s'inviter à ce moment-là. Elle a donc accouché au Népal, d'un petit Christophe (on aura tout vu...) qui ressemble déjà à un viking, dort dans un hamac et mange assez épicé. Aux dernières nouvelles il faisait partie des veinards qui ont pu entrer en Chine avant qu'elle ne cesse de donner les autorisations.
Il y a aussi l'histoire de notre ami Marc. Lorsqu'il a décidé de ce voyage, afin de donner une nouvelle direction à sa vie accidentée, c'était dans le but de parcourir l'Afrique. C'est pour l'Afrique qu'il a acheté et aménagé son camion. Il a, très vite, installé une boussole sur le tableau de bord. Or cette boussole refusait de fonctionner. Quoi qu'il fasse elle indiquait l'Est, restait bloquée sur l'Est. Lui est alors revenue en mémoire la boussole du film "Pirates des Caraibes", qui indique non la direction où l'on va, mais celle où l'on doit se rendre. A quelques jours du départ, il a alors décidé de mettre le cap à l'Est. Il a traversé l'Europe en direction de l'Orient, et au moment où il a passé le pont qui sépare l'Europe de l'Asie à Istambul, sa boussole s'est mise à fonctionner parfaitement, et elle fonctionne encore. Aux dernières nouvelles il devrait poursuivre sa route vers l'Australie, il garde donc le cap.

De notre côté pas de voyageur clandestin, ni de boussole obsessionnelle. Nous avons cherché à percer le mystère des Jarres qui parsèment une région du Laos et dont personne ne connait la fonction avec certitude. D'ailleurs nous sommes bien décidés à interroger notre anthropologue funéraire préférée à ce sujet à notre retour et bien sûr Ulysse veut de nouveau être archéologue. Nous avons aussi été émus par les innombrables cratères causés par les bombes, car c'est ici que le plus grand nombre de bombes américaines ont été lâchées et c'est encore aujourd'hui un problème.
Après avoir parcouru la route la plus sinueuse que nous n'ayons jamais vue, nous sommes maintenant à Luang Prabang, installés comme des Bouddhas dans un des temples (Gaspard qui adore les temples est fou de joie, heureusement qu'il n'a pas 8 ans il aurait été fichu de vouloir endosser l'habit orange), nous allons visiter cette ville charmante en compagnie d'amis voyageurs rencontrés ça et là au cours de nos mois asiatiques et retrouvés ici par hasard. Parce que dans les voyages, il faut compter sur le hasard et il fait souvent très bien les choses.

jeudi 24 avril 2008

Vieux routard que j'aimais


C'est un coin de verdure où coule une rivière, au pied de pics rocheux, au centre du Laos. On s'attendait à une petite ville charmante, attirant quelques touristes par ses grottes et sa situation entre Vientiane et Luang Prabang, ou encore sur la route de la plaine des Jarres.
La ville est charmante. La rivière aussi. Mais quelle ambiance incroyable...
Ou plutôt c'est nous qui nous sentons étranges et vraiment vieux.
Cette ville est peuplée de jeunes, très jeunes, style routards-babos. Ils ont tous des tatouages, des gros muscles ou des gros bides, des tee-shirts sympas. Tous des cheveux assez longs. Les filles elles, sont sur un autre modèle, parce qu'en fait ce sont pour la plupart des américains ces jeunes. Elles sont immenses, plutôt blondes, et arborent sans aucun complexe des ventres des cuisses et des fesses archidodus et rosés à souhait, sans parler de leur poitrine, presque aussi importante que leurs lunettes de soleil de stars.
Et que font-ils en plein centre du Laos ? Ils descendent des caisses de Beerlao, qui est de toute évidence le sponsor officiel de la ville. Et puis ils prennent toutes sortes de substances naturelles, en témoignent les invitations très explicites devant les buvettes voire même la mention dans le menu. Le soir ils s'adonnent à ces activités sur une île pleine de bars faits de bambou, de hamac et de coussins, au rythme de la techno. La bonne nouvelle pour nous c'est qu'à minuit pile toute la musique s'éteint et tous rentrent se coucher, en deux minutes c'est un silence de mort qui règne sur la ville.
Et dans la journée, ils font la même chose, dans ces bars et sur l'eau. Ici le grand sport c'est de monter dans une grosse bouée et de descendre à la fois des bières et la rivière sur 4 kilomètres. Et dans ce paysage de rêve, tous les 100 mètres, on trouve un bar, proposant tous les cocktails existants, mais aussi badmington, ping-pong, billard, sauts depuis des plongeoirs de bambous. Les plus fatigués peuvent à tout moment monter dans un tuk tuk pour rentrer en ville. A la fin du parcours tous les enfants du village sautent sur les preux navigateurs et tout le monde est content.
Et puis dans la journée, ils mangent et se reposent dans les restaurants de la ville qui sont assez particuliers : en guise de tables et de chaises, des matelas, coussins (NDLR : dégueux et pleins de puces). Mais ça on le voit souvent tout de même. Ici ce qui nous a le plus étonné au début, et posé un problème pour nous y installer, c'était la disposition de ces canapés : tous sont orientés dans le même sens, on ne peut s'y assoir face à face. Et en face de toutes ces places, on trouve partout des écrans de télévision géants (et plusieurs par établissement) qui diffusent toute la journée épisodes de friends et autres dessins animés américains, avec une sono d'enfer. Il faut bien se cultiver un peu entre deux soirées.
Ceci-dit, nous on est très bien sur cette planète étrange. On s'est installés dans un endroit très tranquille (euphémisme au Laos, il n'y a qu'à voir les photos de la capitale dont je n'ai même pas eu le temps de vous parler et dont la chaleur nous a chassés), où on a même pu se brancher (petit luxe que nous n'avions pas connu depuis très longtemps et que nous apprécions), et nous vivons en décalé. De vrais originaux je vous jure !
C'est ainsi que ce matin nous nous sommes retrouvés les premiers sur l'eau dans nos bouées. Sensation géniale que de se laisser aller au gré du courant dans nos trois bouées géantes, saluant les bars qui réglaient leur sono pour l'après-midi et rechargeaient leurs frigos en bière, le tout dans cette belle nature du Laos et pendant plus de deux heures. Il y a, dans ce voyage, des moments de bonheur évident : le Taj Mahal, la Baie d'Along et autres, mais ces petits moments surréalistes et inattendus, où nous nous retrouvons en plus seuls dans un monde si peuplé, sont vraiment les meilleurs.
Le midi, nous sommes les seuls à déjeuner à l'heure du petit-déjeuner, et les enfants sont assez heureux d'avoir le droit de manger devant la télé. Puis en fin d'après-midi nous nous balladons (avec nos pieds et tout comme au bon vieux temps, des originaux je vous dis), et surtout les enfants participent avec les enfants du village à des courses de bateaux faits en bambous, ils se sont vite mis à la mode du coin. Pas comme leurs vieux qui se disent que finalement la sagesse attend peut-être le nombre des années, même chez les Toqués.

jeudi 17 avril 2008

Toqs au Laos


Sortir du Vietnan a été un jeu d'enfant. D'ailleurs les nôtres ont bien joué, surtout le dernier. Dès la frontière laotienne, le ton était donné : Gaspard sur les genoux des douaniers, parcourant leurs bureaux, récoltant jus d'orange et mille calins. L'entrée au Laos aussi est simple, il n'y a pas un papier à faire pour le véhicule, on entre juste quoi. Puis le choc : une route vide, très très peu de véhicules, et bordant cette route, quelques villages de maisons de bois sur pilotis, quelques animaux, mais surtout des champs des rizières à perte de vue. Et des centaines de papillons jaunes qui dansent autour de nous. Après la circulation et la foule vietnamienne, nous avions déjà l'impression d'un grand bol d'air frais. Même s'il fait plus de 40 degrés.
Nous avions retrouvé notre ami allemand (Nelly t'es contente ?) et nous sommes donc installés pour une soirée de retrouvailles, de debriefing et de projets, sur un magnifique champ entre les vaches et leurs bouzes. Quelques enfants du village sont venus nous saluer, mais ils sont restés discrets et souriants, attendant nos poubelles et se réjouissant des biscuits que nous leur offrions. Ce matin du coup on a fait une bonne séance de lecture pour tous, il est toujours émouvant de voir combien tous les enfants aiment les livres, surtout ceux-là qui vivent dans une misère incroyable, il suffit de les voir et aussi de les sentir pour s'en rendre compte... Puis partout sur la route nous avons reçu cet accueil, Gaspard sait déjà dire "bo !" à toutes les laotiennes qui sont folles de lui, mais il ne se fait pas prier pour aller avec elles grignoter en cuisine, caresser les chèvres et récolter fruits et sucreries.
Et puis, comme ça faisait bien quelques temps que nous n'avions pas eu de nouvel an, nous nous sommes rattrapés : c'est aujourd'hui le nouvel an bouddhique. Donc partout dans les rues et les temples les gens, et surtout les enfants s'aspergent d'eau et aspergent les passants. Vous imaginez la joie de nos blancs becs qui s'adaptent très vite à ce genre de tradition, surtout par cette chaleur. Et nous avec tous les voeux de bonheur que nous aurons reçus durant ce voyage, puisque c'est environ le septième nouvel an que nous célébrons, nous n'avons plus à nous inquiéter de notre avenir, nous pourrons même partager et assurer un peu le vôtre !
Nous avons fêté cette nouvelle année au restaurant, nous régalant de viande que nous grillons au centre de la table tout en faisant bouillir aussi nos pâtes et nos légumes autour du brasero, le tout en écoutant quelques laotiens nous régaler de karaoké (on n'en a pas encore parlé mais en Asie c'est vraiment le sport national). On s'est tellement régalé que Ulysse a fait une allergie, que bien sûr pour la seconde fois du voyage je n'avais pas la trousse d'urgence avec moi (la première était le soir de notre arrivée à Kuala Lumpur et il nous avait gratifiés d'un urticaire géantissime), qu'il est donc parti avec Xtophe en courant au Toqcar. Mais c'est simple au Laos : Christophe a arrêté un type en moto, qui n'a rien compris mais a immédiatement dit oui et les a fait monter derrière lui pour les déposer au camion. Finalement ce n'était pas grand chose mais on a bien ri puisque notre héros a eu les lèvres qui ont triplé de volume. Et puis comme deux des convives avaient déserté, ça a permis au mendiant unijambiste et au visage si beau et si triste que Gaspard avait adopté de manger un repas correct. On apprend à vivre avec la misère mais on ne peut pas s'habituer...
Nous sommes donc à Savanakhet, ville frontière avec la Thailande, au bord du Mékong. Une ville très paisible. Nous sommes venus frapper à la porte de l'église Sainte Teresa qui nous semblait toute indiquée, et avons été reçus comme le messie. Père Philippe (un des 15 prêtres du Laos) a déjà été adopté par les enfants, c'est un prêtre formidable drôle intéressant ouvert, qui nous explique le pays, nous emmène acheter le pain, qui invite Gaspard, lequel ne se fait pas prier, à partager son petit déjeuner, qui nous ouvre sa maison (historique) et voulait même nous loger dans des chambres. Avec lui nous avons rencontré aussi Père Antoine, Père Antoine et Père Antoine, deux d'entre eux étant vietnamiens, eux aussi des hommes généreux et ouverts et tous parlant un français qui vous ferait pâlir. Nous allons donc rester au moins une nuit de plus dans ce paradis. Nos enfants jouent comme des anges dans le beau jardin de l'église, sorte d'Eden de pots en terre plantés de plantes et d'arbres exotiques, auquel des travaux en cours ajoutent du charme pour nos explorateurs toqués, nous pouvons travailler calmement et commencer les cahiers de révision apportés par Amatxi, et donc une fois de plus grâce à une église, commencer dans la zénitude et la grâce notre nouvelle année bouddhique.

PS : nous avons un numéro de portable au Laos, sachez que si vous passez par Skype, vous pouvez nous téléphoner pour très peu cher, n'hésitez pas, mais n'oubliez pas que nous avons toujours une longueur d'avance sur vous... +856206824850