L'Odyssée des Toqués

Le journal (familial et anecdotique) de notre tour du monde, devenu tour d'Eurasie, devenu traversée d'Eurasie (merci la Chine...) en famille et en camping-car, août 2007 - juillet 2008

mercredi 21 mai 2008

Hors saison

free music


A l'origine on avait décidé de ne pas aller à Phuket. Peur du béton des hordes d'européens-américains. Nous avions été horrifiés par ce que certains promoteurs ont pu faire de certains coins de cette si belle côte thailandaise et avions largement préféré la côte Est. Sauf que les enfants ont l'air d'avoir eu la varicelle à cause des mouches des sables (en français dans le texte) et que se baigner en prenant soin d'éviter les méduses géantes qui nous entourent est un peu stressant (quand je vous dis que notre vie est un enfer...).

Finalement nous nous sommes dit qu'il était dommage de passer si près de cette célèbre île sans y mettre les pieds, nous ne voulons pas rentrer idiots et nous savons aussi que notre Toqcar nous permet souvent de nous dégotter des petits paradis tranquilles entre deux resorts ou bars branchés. Et surtout... le temps joue en notre faveur puisque c'est le début de la saison des pluies sur la côte Ouest et donc le début de la basse saison.

Arrivés de nuit, nous avons par hasard atterri au fond d'une petite rue, devant un chantier, au bord d'une jolie plage. Et c'est parfait pour nous. Il n'y a personne, pas un chat. Des terrasses vides, des chaises longues vides, une belle plage vide et totalement intacte car elle a été miraculeusement épargnée par le Tsunami.

Certes il faut supporter les averses, mais elles ne nous dérangent pas, au contraire, ça nous rafraîchit, nous repose et nous permet de prendre des douches d'eau pure à moindre frais ; la pluie lorsqu'il fait 35 D° c'est pas comme les giboulées de mars et ça permet de mieux apprécier le soleil. La mer est assez démontée, disons qu'elle ressemble à celle qu'on connaît à Biarritz. Sauf qu'elle est chaude et totalement transparente.

Nous commençons à prendre nos habitude, nous avons visualisé les chemins d'évacuation en cas de Tsunami (je plaisante un peu mais comment ne pas y penser ici?), avons déjà sympathisé avec un couple de restaurateurs anglo-thais qui prennent leur apéro avec nous le soir et avec qui nous allons griller des poissons sur la plage pour dîner s'il ne pleut pas. Les masseuses ont l'air de se sentir seules, je vais me dévouer et aller leur tenir compagnie. Christophe a repéré une planche de surf esseulée, il va sans doute aussi se dévouer pour lui tenir compagnie et nous poursuivons nos activités effrénées : école (j'en ai marre...), lecture, baignades et découvertes culinaires .

mardi 20 mai 2008

Des lauriers pour les Buis


Juste parce qu'on ne sait pas comment vous remercier.

Parce que vous n'avez sans doute même pas réalisé combien votre amitié et votre hospitalité nous ont été précieuses, combien cette pause civilisée, voire ultra-civilisée, voire même luxueuseet surtout si chaleureuse dans notre année de bohème a été douce pour nous cinq.

Parce que les fleurs c'est périssable, que les bonbons c'est tellement bon mais qu'ici ça fond.

Et n'oubliez pas que nous vous attendons de pied ferme, d'ici quelques semaines à la maison, où vous serez obligés de vous doucher longuement, de retourner les chambres des enfants et d'en sortir tous les jouets, de nous préparer d'interminables spectacles de magie-mnastique, de vous baigner dans notre piscine (gonflable – penser à acheter des rustines chéri stp), de goûter ma cuisine exotique (merci Picard), de venir déjeuner dans nos restaus préférés, de m'accompagner faire du shopping ou un massage devant la mer (non oubliez ce dernier point je reviendrai en Thailande pour ça), de laver votre linge archi-sale non plus en famille mais dans mon lave-linge (j'adore dire : "mon lave-linge", c'est devenu un objet de fantasme pour moi), de lire nos magazines, d'utiliser notre connexion internet. Avec un peu de chance on aura même des chaises pour tout le monde, mais notre jardin habituel est tout de même moins grand que celui que vous nous connaissez et la mer n'est pas au pied de cette maison-là. Mais je suis certaine qu'on s'en débrouillera parce qu'à nous tous, je trouve qu'on se débrouille pas mal.

Bon vent les amis !

jeudi 15 mai 2008

Rêve familier


Nous ne reviendrons pas sur la déception de ne pouvoir traverser la Chine (ceci-dit, à l'heure actuelle on aurait dû se trouver au Sechuan...), visiter ces pays qui nous faisaient rêver, ni rentrer dans nos pénates à bord de notre Toqcar. Dès que nous avons appris la nouvelle, malgré les mille plans que nous avons élaborés et toutes les pistes sur lesquelles nous avons travaillées (faire traverser la Chine au Toqcar en train voire bateau puis train depuis le Vietnam, trouver une liaison maritime Hanoi-Vladivostock, un Bangkok-Vladivostock, puis face à des devis exhorbitants finalement des liaisons Kuala Lumpur-Europe, Bangkok-Europe, Singapour-Europe ), l'idée de revenir en Thailande a réjoui tout l'équipage et en tête nos trois moussaillons. Certes la Thailande est un pays que nous avons adoré pour diverses raisons comme la douceur de la vie, les prix très bas, les thai et leur gentillesse, la nourriture délicieuse, les plages de rêve et sa capitale folle, certes il y avait aussi le plaisir d'y retrouver nos amis, mais surtout le bonheur, pour la première fois depuis 9 mois, de revenir sur nos pas et de nous retrouver en terra cognita.
La Chine a un peu coupé l'herbe sous nos pieds d'aventuriers à un moment où nous commencions à fatiguer.
Arriver en Thailande, voir les enfants pousser des cris de joie en retrouvant leurs marques, retrouver nos habitudes à Bangkok, pour la première fois entrer dans un pays sans nous interroger sur la langue, la monnaie, les routes, le gaz, l'essence, l'eau, les habitudes, la nourriture, les prix, l'hospitalité, sur la possibilité de bivouaquer partout ou non, nous a fait réaliser que nous aussi aspirions, pour les semaines qui nous restent, à une routine de robinsons au soleil, à profiter du plaisir d'être tous les cinq sous des cieux exotiques mais familiers, routine luxueuse dont nous ne nous lassons pas, avant de nous réhabituer à la langue, la monnaie, les routes, le gaz, l'essence, l'eau, les habitudes, la nourriture, les prix, l'hospitalité françaises, et de retrouver une routine plus habituelle de Toqués sous un soleil plus occidental.
Ne nous cherchez plus. Nous sommes sous les cocotiers et les palmiers, passons du hamac au fauteuil, d'un polar à un Tintin. Il y a juste suffisamment d'averses pour nous rafraîchir, pas assez pour nous empêcher de cramer même à l'ombre. Nous cuisinons au feu de bois et luttons contre les mouches de sable qui nous dévorent et les crabes qui nous effraient durant la baignade. Quand vraiment nous sommes à cours de vivres ou que nous avons un grand coup de courage, nous enfourchons nos vélos pour explorer les environs. Parfois la nuit nous sommes dérangés par le bruit des bateaux qui pêchent au néon et donnent à "notre mer" comme dit Gaspard, un petit air de fête.
Nous descendrons ainsi la Thailande, puis la Malaisie et termineront notre périple à Singapour, afin de laisser le Toqcar poursuivre l'Odyssée tout seul par les océans et de vous rejoindre par les airs, fin juin.
Ne vous y trompez pas : nous sommes très heureux de vous retrouver bientôt, mais nous savourons chaque seconde de ce rêve devenu désormais familier.

samedi 10 mai 2008

Toqs en stock


Je sais que je ne suis pas tres bavarde en ce moment, mais d'abord nous avons un probleme electrique, un de nos panneaux solaires nous a laches. Et vu la chaleur terrible de Bangkok actuellement, nous reservons nos watts pour notre ventilateur, la nuit. Sans quoi nous ne dormons pas.

Et puis surtout nous sommes tres occupes a arpenter Bangkok, a faire du shopping et surtout a profiter de nos presque voisins et tout a fait amis. Ulysse et Rachel ont meme passe une journee a l'International English School of Bangkok. Yes my dears. Ils y seraient bien restes d'ailleurs, et je les y aurais bien laisses aussi.
Je viens pour ma part de vivre, grace a nos amis et au confort de leur superbe appartement donnant sur les gratte-ciels de Bangkok, un moment rare et tres precieux. (Amies overlandeuses ou voyageuses, cessez de me lire ici, vous allez me detester ) J'ai lu un magazine intellectuel (Prima) en marinant dans un bain pendant un bon quart d'heure... Et vous savez quoi ? Si je n'ai pas trouve la coiffure parfaite sur les 40 modeles incontournables de cet ete, je crois bien que j'ai recupere mes pieds : ils semblent roses !

Voila.
Vous savez tout.
Pas beaucoup de culture, pas de grandes reflexions mais tellement de bons moments que je vous delaisse un peu.
J'ai pourtant des tonnes de posts en stock a vous livrer avant de voler vous rejoindre. Parce qu'il y a deja 9 mois que nous sommes partis ! Alors vous attendrez bien mes jours d'oisivete sur la cote, que nous rejoignons des lundi.

lundi 5 mai 2008

De failles thai en Solal


On a failli aller en Chine, et passer si près de la frontière en devant rebrousser chemin nous a un peu schtroumphés.

On a failli aller frapper, au culot, à la porte du Myanmar qui nous tendait les bras aussi et nous empêche de rentrer par la route.

On a failli ne pas pouvoir sortir du Laos car c'est à la frontière, devant le Mékong, que nous avons rencontré les seuls laos désagréables, qu'il nous manquait un papier, et que notre capital "patience aux frontières" semble avoir fondu au soleil. Heureusement qu'il y en a toujours un de nous deux pour rassembler ses dernières forces en la matière.

Gaspard a failli ne pas se souvenir de ses mots de thai, qu'il avait pourtant eu du mal à remplacer par des laos, mais le Kap Kun Karp a vite remplacé le Sabaidee.

On a failli voir le Nord de la Thailande puisque tel était notre projet.

On a failli paniquer quand Ulysse s'est réveillé fiévreux et se plaignant en pleurant d'une douleur au côté droit.

On a failli décréter que ce n'était rien, mais dans le doute on s'est abstenus de faillir et on a préféré foncer à Bangkok.

On a failli passer quelques jours dans un hôpital incroyable, qui ressemble à un casino de Las Vegas, dans lequel on trouve un MacDonald et plusieurs restaurants, dont la cantine est tenue chaque mois par le chef d'un grand hôtel, et dont on n'aura vu que les urgences.

Ulysse a failli se faire opérer de l'apendicite mais finalement ce n'était rien.

On a failli l'étriper quand le lendemain de cette journée où on a roulé douze heures, se nourrissant de hot dogs (merci 7/eleven) et foncé consulter les plus grands pontes de l'Asie du Sud Est, après une nuit sans air dans notre ruelle préférée, il s'est réveillé à l'aube en pleine forme sautant partout comme à son habitude.

On a failli regretter l'anesthésiant à ce moment-là.

Mais nos amis de Bangkok, eux, n'ont pas failli, ils nous ont reçus au pied levé, invités dans un restaurant encore mieux que celui de l'hôpital, encore mieux que MacDo, et nous ont choyés toute la journée, et ce n'est que le début de la semaine.

Et Bangkok ne faillit jamais, on aime on adore, donc finalement on est tous heureux d'être là.


Et puis surtout la nouvelle vient de tomber : un Solal nous est né, chez ma webmastrice préférée ! Bienvenue à toi petit homme ! Avec quelques ancêtres du côté des cités d'or, une maman que j'adore, un grand-frère très fort, un prénom brillant et tous les calins qu'on te réserve pour notre retour, je gage que tu failliras bien moins que nous.

mercredi 30 avril 2008

Road movie


Hier soir à Luang Prabang, grâce au cinéma ambulant de nos amis globe-trotteurs, les enfants ont vu leur premier Charlie Chaplin.
Pendant un peu plus d'une heure, assis parterre avec quelques jeunes Laos, ils ont ri aux éclats face au Cirque de Charlot.
Et nous on a redécouvert la joie de ces mimes, de cet humour, de cette poésie, de ces images, de cette musique.
Doublé du plaisir de la découverte et du rire de nos petits toqués.
Triplé du plaisir de la situation et d'un nouveau souvenir savoureux qui s'ajoute à la pièce montée de notre odyssée.

lundi 28 avril 2008

Cagnard, histoires, jarres, war, hasard



Nous avons très vite fui la chaleur absolument étouffante de Vientiane où nous étions il y a un peu plus d'une semaine. Lorsqu'on dégouline en ne faisant rien, qu'on va de cafés climatisés en restau climatisé, que les enfants commencent à se plaindre et que Gaspacho nous dit :"c'est beau la neige, j'aime la neige moi", on met le cap au Nord. Pourtant Vientiane nous a permis de rencontrer enfin Alain et Marcelle, avec qui nous devions traverser la Chine et avec qui du coup nous allons essayer de nous croiser régulièrement au Laos.
Ils font quelque chose de formidable durant leur voyage : ils ont installé un système ultra sophistiqué sur leur camping-car 4x4, qui leur permet d'organiser des projections de films, devant leur véhicule, partout dans le monde, et donc d'offrir à ceux qu'ils croisent un moment de rêve et d'évasion. On ne rencontre que des gens pas ordinaires sur les routes du monde.
Et on rencontre surtout des gens qui ont une histoire extraordinaire. Certains ont une histoire douloureuse, d'autres ont de belles histoires, et parfois, souvent à la fin, les deux se rejoignent.
Il y a cette histoire que j'aime et qu'on nous avait racontée (puisque tout le monde connaît tout le monde dans ce petit monde), avant que nous ne les rencontrions au Cambodge et qu'ils me la racontent eux-mêmes : c'est l'histoire d'un couple d'autrichiens, qui à la quarantaine passée, en mal d'enfants et d'espoir, décide de tout plaquer pour partir parcourir le monde dans un camion. Au bout de 8 mois environ, alors qu'ils sont en Inde, elle ne se sent pas bien, sans doute une intoxication alimentaire. Un peu inquiète elle va consulter un médecin qui lui annonce qu'elle est enceinte de presque 5 mois, d'un beau garçon. Elle m'a dit avoir tout de même passé quelques semaines un peu folles, entre bonheur et angoisse, interrogations et doutes. Et puis finalement, ils ont décidé qu'ils continueraient le voyage avec ce bébé, puisqu'il avait voulu s'inviter à ce moment-là. Elle a donc accouché au Népal, d'un petit Christophe (on aura tout vu...) qui ressemble déjà à un viking, dort dans un hamac et mange assez épicé. Aux dernières nouvelles il faisait partie des veinards qui ont pu entrer en Chine avant qu'elle ne cesse de donner les autorisations.
Il y a aussi l'histoire de notre ami Marc. Lorsqu'il a décidé de ce voyage, afin de donner une nouvelle direction à sa vie accidentée, c'était dans le but de parcourir l'Afrique. C'est pour l'Afrique qu'il a acheté et aménagé son camion. Il a, très vite, installé une boussole sur le tableau de bord. Or cette boussole refusait de fonctionner. Quoi qu'il fasse elle indiquait l'Est, restait bloquée sur l'Est. Lui est alors revenue en mémoire la boussole du film "Pirates des Caraibes", qui indique non la direction où l'on va, mais celle où l'on doit se rendre. A quelques jours du départ, il a alors décidé de mettre le cap à l'Est. Il a traversé l'Europe en direction de l'Orient, et au moment où il a passé le pont qui sépare l'Europe de l'Asie à Istambul, sa boussole s'est mise à fonctionner parfaitement, et elle fonctionne encore. Aux dernières nouvelles il devrait poursuivre sa route vers l'Australie, il garde donc le cap.

De notre côté pas de voyageur clandestin, ni de boussole obsessionnelle. Nous avons cherché à percer le mystère des Jarres qui parsèment une région du Laos et dont personne ne connait la fonction avec certitude. D'ailleurs nous sommes bien décidés à interroger notre anthropologue funéraire préférée à ce sujet à notre retour et bien sûr Ulysse veut de nouveau être archéologue. Nous avons aussi été émus par les innombrables cratères causés par les bombes, car c'est ici que le plus grand nombre de bombes américaines ont été lâchées et c'est encore aujourd'hui un problème.
Après avoir parcouru la route la plus sinueuse que nous n'ayons jamais vue, nous sommes maintenant à Luang Prabang, installés comme des Bouddhas dans un des temples (Gaspard qui adore les temples est fou de joie, heureusement qu'il n'a pas 8 ans il aurait été fichu de vouloir endosser l'habit orange), nous allons visiter cette ville charmante en compagnie d'amis voyageurs rencontrés ça et là au cours de nos mois asiatiques et retrouvés ici par hasard. Parce que dans les voyages, il faut compter sur le hasard et il fait souvent très bien les choses.