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jeudi 10 mai 2007

Les toqués toujours à quai



Nos carnets de vaccination continuent à se remplir, j'ai fait la formation aux premiers secours (merci Bruno), nous ne sommes jamais autant allés chez le médecin qu'en ces mois de préparatifs, nous vérifions toutes les machineries afin de partir le corps tranquille.
J'ai eu l'autorisation de l'inspection pour instruire les enfants l'année prochaine.
Je continue à surfer sur le net, à y faire des rencontres intéressantes et sympathiques, à y débattre du voyage, de ce qu'on entend par là, de ce qu'on y cherche, à définir "voyage" "tourisme" "visite"...
Notre itinéraire se redessine toujours, il semblerait que nous soyions obligés de simplifier un peu la partie "Amérique" qui risque se limiter à l'Amérique du Nord. Nous passerons plus de temps en Asie du Sud-Est, pour des raisons de calendrier politique et de rendez-vous au Vietnam, et de peur d'être frustrés de devoir nous dépêcher.
Mais nous sommes sûrs d'une chose : notre itinéraire changera jusqu'au dernier moment et tout au long de notre périple, au gré de nos envies, nos rencontres, des liaisons maritimes, des désirs de chacun (enfin... le suffrage familial ne sera sans doute pas totalement universel, j'en reviens sérieusement ces temps-ci...).

Plus que trois mois... on n'a jamais été aussi près du départ !

vendredi 13 avril 2007

Bergère, ô Tour Eiffel...

... le troupeau des ponts bêle ce matin, voyant passer la folle équipée des Toqués !
On n'a pas résisté. Il a fallu que nous fassions un petit crochet afin de pique-niquer devant notre ancienne et si chère voisine.

Ce week-end de Pâque restera dans les annales (Gabriel, je t'expliquerai cette expression j'ai peur que tu ne la comprennes de travers). Certes parce qu'il a vu baptiser Noé notre neveu préféré (plus pour longtemps), mais aussi étrenner notre indolent compagnon de voyage. Nous aurions été déçus si Noé avait vécu au Pays-Basque, grâce à lui nous avons pu traverser toute la France jusqu'à Lille, et redescendre (en partie, je vous épargne l'organisation ridiculement absurde des trajets de retour que toutes les familles un peu nombreuses et souvent en vacances imaginent aisément).

Et nous avons découvert les joies du camping-car. Comme me l'avait dit un ami globe-trotteur déjà parti avec sa famille, c'est encore mieux qu'on ne l'imaginait. C'est le rêve, la liberté. On a l'impression d'y avoir déjà vécu plusieurs tours du monde, on s'y sent chez nous.

Certes, on doit se rôder un peu, apporter quelques modifications et aménagements, apprendre à fermer les placards par exemple. Mais nous sommes conquis.

Il ne nous manque qu'un détail, vous devez nous y aider : comment allons-nous le baptiser ?
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vendredi 6 avril 2007

suspense



Ne vendons pas la peau de l'ours, car il a eu la peau dure...
Nous aimons l'improvisation, nous aimons les départs en catastrophe, je crois que nous allons battre nos records...
Je ne vous en dis pas davantage.
Sachez juste que si vous n'avez pas de nouvelles des Toqués via la toile ce soir, c'est qu'il y a de fortes chances pour qu'ils soient en train de boire le champagne quelque part dans les Landes.
Nous avons des sacs presque prêts (dans ma tête ils le sont), des caisses de ravitaillement, surtout de quoi faire un apéritif festif ce soir, nous avons des draps, des serviettes, des livres (quand même), une longue route à parcourir pour rejoindre notre famille du Nord...
Il ne manque qu'un détail... de taille.
Mais on ne vous dit rien, ça pourrait nous porter la poisse, et elle n'est pas du tout invitée.

jeudi 15 mars 2007

quelques miettes pour les gourmands


J'ai promis à une vieille amie baleinante de remplir un peu ce blog.

Mais les préparatifs ne sont pas folichons en ce moment.
Ils sont réels, importants, mais si peu intéressants à raconter.

Une tonne de miettes.

On accumule des accessoires, comme le coffre-fort qui trône dans notre salon, le groupe électrogène caché dans le bureau du chef, les vaccins dans le frigo ou sur le carnet de santé...
Ils consistent surtout, ces préparatifs, en l'entretien et le rangement de notre maison, qui abritera mes parents en notre absence, mais qui sera aussi et toujours notre maison au retour .
Et comme nous avons toujours des projets plein la tête, et quelques longueurs d'avance, nous envisageons même ce retour avec plaisir. Pour pouvoir partir tranquillement, nous avons besoin de savoir que nous reviendrons joyeusement.

On est des toqués prévoyants en fait.


Et puis surtout, ce projet me pose quelques problèmes. Moi qui n'aime faire les chose qu'au dernier moment, qui aime profiter de chaque instant sans vivre tournée vers le passé ou l'avenir, j'ai parfois du mal à savoir organiser mes repères spatio-temporels qui n'avaient pas besoin de ça pour être un peu flous...


Non, en fait il y a, dans la famille, une avancée à la fois significative et très émouvante pour la toquée en chef. Une avancée qui va nous poser quelques problèmes de poids mais qui ouvre à Ulysse des perspectives de voyages infinis.

Il a passé un cap ce week-end en s'attaquant au délice des délices : "Charlie et la Chocolaterie".

Mes repères spatio-temporels en prennent encore un coup : c'était pas hier que j'ai découvert ce roman ?

samedi 3 février 2007

Histoires de couvertures





Pour répondre à certains anciens étudiants et donc fans invétérés, oui notre projet avance plus vite que ne le laisse penser ce blog.
Mais c'est une période un peu étrange. Nous sommes à la fois loin du début, du moment où nous avons décidé de larguer les amarres, la décision est prise, l'essentiel est lancé, mais trop loin du départ pour pouvoir nous occuper de toutes les formalités.
Nous vous épargnerons les détails des démêlées (c'est féminin ça ?) et paperasses bancaires mais ne nous privons pas de clamer le résultat : nous aurons l'argent pour le camping-car en temps et en heure. (je sais j'aurais pu placer une histoire de découverts, mais je ne veux pas affoler notre chère banquière si elle passe ici un jour) Ce qui nous a amenés à prendre une autre décision : nous allons rester en vie très longtemps tous les deux, au moins le temps de rembourser nos emprunts. C'est ce qui s'appelle couvrir ses arrières.
Autre histoire de couverture : nous commençons à nous pencher sur les assurances.
Nous avons aussi découvert plusieurs ouvrages intéressants dont le Globe Rêveur ou dictionnaire touristique de tous les pays du monde (Robert Pailhès). Ou encore Les mille lieus qu'il faut avoir vus dans sa vie (Flammarion) que nous a offert notre tante Isabelle pour Noël. Christophe rêve devant les cartes (qu'il parcourt inlassablement avec son curvimètre), les guides, moi j'entasse les bouquins non lus à lire.
Et puis, en plus de certains sponsors très généreux dont nous préservons l'anonymat, nous avons des surprises géniales qui nous prouvent que vous nous soutenez tous dans notre projet. Comme nos cousins toulousains, Philippe et Denis, qui passent nous offrir trois magnifiques couvertures en laine des Pyrénées, qui en plus d'être chaudes, sont belles. Vous trouverez certains leurs articles, de leur marque Midipy, ici (et dès qu'ils auront un beau site nous vous en donnerons les coordonnées). Sans parler du Père Noël qui s'est lâché sur les jeux de société et bouquins pour les enfants, ainsi que sur les lampes de poches et familiales dynamo (vous voyez quoi ? Sans pile, qu'on recharge en actionnant une manivelle, un truc vraiment magique en somme !). Notre caisse "Tour du Monde" déborde presque autant que ma pile de livres (que mon mari n'a pas encore identifiée comme étant celle du voyage, chut).
Certains amis commencent à nous donner des rendez-vous à l'autre bout du monde, nous en projetons d'autres avec des familles qui ont un peu des projets similaires, pour le moment il se peut que nous retrouvions certains parisiens du côté de Goa, une famille internaute au Costa Rica, en plus des Vietnamiens que vous connaissez.
Et surtout nous lisons et discutons. Nous réalisons que nous allons être confrontés à des images et des situations très difficiles. Nous en parlons beaucoup avec les enfants. Même si le but n'est pas de leur mettre le nez dans la misère du monde, nous ne pourrons l'éviter et ce n'est pas non plus notre objectif. Je réalise aussi que je vais devoir être forte, moi qui ne supporte pas de regarder le JT qui me fait pleurer invariablement (ok Nath et Marie dans le club des Madeleines, je pourrais être la présidente, même hors-grossesse). Une couverture ne me suffira pas, c'est un blindage que je vais devoir me forger. Les enfants seront certainement moins choqués que nous. Nous aurons voyagé quelques mois avant d'atteindre les pays les plus pauvres, ils auront fait de notre camping-car leur maison et de cette odyssée leur mode de vie, donc ne réaliseront pas forcément le gouffre qui nous sépare scandaleusement de ceux que nous allons rencontrer. Et puis ils auront toujours le jeu pour communiquer avec les enfants. Nous commençons donc aussi à réfléchir à organiser une façon d'apporter un peu d'aide, de réaliser une action, un partenariat que sais-je, sans réelle ambition humanitaire, mais tout simplement parce qu'il est souvent très dangereux pour leur propre sécurité de donner quoi que ce soit aux enfants qui réclament, mais qu'il nous sera insupportable de rester les bras ballants.
Concernant la couverture médiatique, nous n'avons pas de grande ambition et trop d'énergie à dépenser ailleurs pour y consacrer réellement du temps, mais notre ami matinal Bruce se charge de parler de nous autour de lui, et puis nous prendrons des contacts dans quelques mois, ne serait-ce que pour le plaisir des enfants. Il est encore trop tôt.
Trop tôt mais le temps file pourtant.
Les préparatifs sont pleins de découvertes et nous en sommes maintenant certains : l'attente c'est déjà le plaisir !

mardi 12 décembre 2006

La fréquentation du grand monde et ses dramatiques conséquences

Nous avons très tôt mis les enfants au courant de notre projet. D'abord parce qu'il n'est pas dans notre habitude de leur cacher des évènements qui les concernent de près. Ensuite parce qu'on en a un qui est un vrai espion à sixième sens en plus. Et enfin, parce qu'il faut bien l'avouer, on était tellement excités et heureux de notre idée, qu'on avait envie de la partager avec eux.
Du coup, ce qui est formidable c'est qu'ils intègrent toutes les données petit à petit. Il y a eu l'enthousiasme et le n'importe quoi des premiers temps (On ira au Pôle-Nord ? On caressera des tigres blancs ? On mangera des souris ?). Puis il y a eu l'étape où ils ont compris qu'on n'allait pas transposer notre vie tout autour du monde (Qui me donnera les cours de contrebasse ? Et les cours de sport ? Et le solfège ? Et le catoche ? - devinez d'ailleurs qui était toute désignée pour les cours de solfège-catoche-musique-français-maths et qui était désigné pour les cours de nature-foot-récré ? ) Et puis le coup de cafard de notre espion, un soir, dans son lit : "Je ne veux pas quitter mes copains, Aitatxi, Amatxi et Mamie pendant une année, ils vont trop me manquer !" Et puis petit à petit, de camping-car en camping-car, d'heures passées devant notre planisphère en heures passées devant des Atlas, l'odyssée est entrée dans notre vie. Les calculs vont bon train : où Rachel perdra-t-elle sa première dent, d'ailleurs est-ce que la petite souris saura nous trouver, où ULysse fêtera-t-il ses 8 ans, où serons-nous pour Noël, à quoi ressemblera notre sapin, est-ce que les maîtres donneront autant de punitions (record à battre : une semaine et un jour sans punition... ), où Gaspard abandonnera-t-il les couches ? Et s'il n'y avait pas l'étonnement et les questions des autres, on s'étonnerait presque de leur étonnement tant finalement nous avons tous intégré l'idée de notre odyssée. Surtout les enfants en fait.
Donc quand nous leur avons annoncé que cette année nous allions passer Noël en Normandie, chez un oncle et une tante, ils étaient fous de joie. On a pensé à leur expliquer comment ça se passerait, à leur resituer tous les cousins, on a pensé à lister tous ceux pour qui ils allaient faire des (très jolis) cadeaux, à préciser que les modèles de collier qu'ils envisageaient pour les hommes (en grosses perles dans les tons de rose) n'étaient pas parfaitement adaptés, on a même pensé à remettre un peu d'ordre dans la tête de Rachel (si tant est que ce soit possible) qui avait bien enregistré qu'on partait en 2007 et qu'on passait en 2007 le 31 au soir, et qui donc nous voyait partir dans quelques jours.
Mais nous avons réalisé que nous avions oublié de leur préciser que la Normandie se situe en France. Pas très loin de chez mamie, et de Paris, tout simplement. Et pas du tout quelquepart entre le Turkoujnimékistan et l'Indinousarménie.
Nos enfants savent situer les trois-quarts des pays sur le globe. Ils en connaissent la capitale, la superficie, le nombre d'habitants, la religion officielle, quant aux drapeaux, ils sont imbattables.
Mais ils se demandent en combien d'heures d'avion on arrive en Normandie et si le décalage horaire n'est pas trop important.
On va essayer de rétablir le tir.
D'un autre côté, je suis fichue de me perdre pour aller chez Carrouf.
Mais dans Paris, je flaire un H&M à dix rues.

Mais si Monsieur l'Inspecteur de l'Education Nationale, bien sûr qu'il vont apprendre la géographie de la France ! D'ailleurs c'est leur maître de foot-natation-cerf volant-sieste qui s'en chargera. Je m'y engage.

samedi 9 décembre 2006

On avance, on avance on avance


C'est une évidence.
Boulot, gosses, Noël, rhumes, grèves SNCF obligent, c'est la vie sédentaire qui a un peu repris le dessus sur le rêve ces derniers temps chez les Toqués.
Mais on avance tout de même sur des points cruciaux.
Nous avons l'essentiel : 900 albums de musique numérisés.
Nous avons la liste des libraires francophiles dans le monde qui pourront nous sauver la vie en cas de panne sèche de littérature (merci à notre amie Catherine, celle qui lit entre les lignes).
Nous commençons à semer des disques durs pour récupérer des films, séries et dessins animés, je mets même mes élèves à contribution (ils imaginent sans doute qu'ils y gagneront quelques points sur leur moyenne, d'autant plus que la quantité de films numérisés qu'ils possèdent semblent inversement proportionnelle au nombre de points de leur moyenne. Je les laisse imaginer, c'est bon l'imagination, puis je leur expliquerai la notion de gratuité...).
Nous avons aussi, grâce à des indics dont nous préserverons l'anonymat, un super contact au Vietnam qui nous permettra sans doute de trouver la liaison cargot de nos rêves entre le Vietnam et Panama ou Vancouver, pendant que nous nous installerons quelques semaines dans le pays avec nos fameux indics que seront heureux de retrouver leurs petits enfants. Et qui se renseignent sur les modalités pour entrer au Vietnam avec notre maison sur roues, ce qui ne semble pas évident au premier abord.
Nous commandons aussi au Père Noël des choses utiles à l'Odyssée : couteau-suisse et bouquins pour Ulysse, jeux de société pour tous, feutres et poupées Winx pour Rachel (sisi, indispensable !), lecture lecture et lecture pour tous.
Et puis maintenant chaque évènement est le dernier avant l'Odyssée. Quel régal de nous imaginer l'an prochain à Noël, en Inde vraisemblablement !
Et dans l'équipe des Toqués, y'a toujours autant de nouilles, mais presque plus de jambe de bois : le plus grand pas vers notre Odyssée, c'est Gaspard qui est en train de le faire, un pied devant l'autre, et recommencer...