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lundi 16 juin 2008

Les dessous de l'Odyssée (ou tout ce qu'on vous a caché - 3)



Les dessous de la Toquée

Un soir que nous nous promenions dans les rues de Bangkok, jetant un oeil aux milles étalages de vêtements, sacs, bijoux, canifs, copies de disques, copies de DVD, copies de vêtements, copies de sacs, copies de bijoux, copies de canifs, qui envahissent les trottoirs de la capitale thaie, je me suis distraitement arrêtée devant une jolie présentation de jolies culottes multicolores, copies de je ne sais plus quelle marque. Je ne parle pas de ces horreurs que l'on voit beaucoup en Asie, et surtout en Malaisie, il faut savoir que dans les rues et dans la plupart des supermarchés, on trouve d'innombrables et immenses bacs à sous-vêtements, pour des prix défiant toute concurrence et un goût défiant toute concurrence : au pays des femmes voilées, la gaine est reine. Nonon je vous jure là c'était plutôt joli et de bon goût. Je ralentis juste, regardant tout en attendant le reste de la troupe qui devait faire la même chose devant des disques ou canifs ou autres. Les voyant arriver, je m'apprête à repartir, et la vendeuse me saute dessus pour me retenir, avec un argument de poids : "No don't go, don't worry, I have big size ! "...
Je sais que je suis la seule toquée au monde qui ai pris du poids dans ce type de voyage, alors que les autres voient leurs kilos s'envoler au gré des curry, épices, légumes, plats de riz, fruits, sans parler du passage en Inde, meilleur régime express au monde, qui a fait perdre à tous ceux que j'ai croisé au moins dix kilos. Et je sais que ma maman et ma belle-maman et mon amie Any vont s'en réjouir. Je sais que j'ai dû me résigner à acheter des vêtements en taille L au Vietnam et en Thailande, parce que vraiment ces asiatiques sont très très mal fichues, je sais aussi que cette impudente croyait sans doute me flatter, parce qu'il faut voir la façon dont les asiatiques regardent ou tâtent nos bourrelets avec envie. Mais je peux vous assurer que je n'ai pas fait la fortune de cette malheureuse à qui moi et mes grosses fesses avons tourné le dos, plus moi que mes fesses quand même, tout en lui souhaitant de venir un jour en France essayer de trouver une culotte dans laquelle ses misérables fesses ne flotteront pas lamentablement.

Moralité relative : au pays des petits thais les toqués sont grois.

mercredi 28 mai 2008

Same Same


Demain nous quittons cette plage où nous devions passer une nuit, où nous aurons passé dix jours, pour retourner en Malaisie où nous avons rendez-vous, pour la dernière fois, avec notre allemand préféré.
La Thailande est le second pays, après l'Inde, où nous avons passé le plus de temps. Et c'est sans doute un des pays que nous aurons préféré. En tout cas c'est le pays où il nous a été le plus facile de vivre et de voyager. D'ailleurs on a un petit souci. Quand on demande à Gaspard où il vit, il répond "à Biarritz !". On est fiers, la leçon est retenue. Mais quand on lui demande "Dans quel pays ?" il répond invariablement, "A Biarritz, en Thailande !".
Que retiendrons de la Thailande ? Les Thais, leur sourire, leur discrétion, leur gentillesse, leur humour. La salade de papaye verte, savant mélange de papaye (quelle surprise !), d'autres légumes, de vinaigre, de chili, de citron. ça dépote mais on ne s'en lasse pas. Le sticky-rice, les brochettes de viande, le pad thai et toute la nourriture de rue. Les fruits si sucrés : pastèque, ananas, mangoustan, tamarin, rose apple et plein d'autres dont on ne connaîtra jamais le nom en français. Ce sont les durian qui puent tant qu'on n'a jamais osé y goûter. La Singha bien sûr. Les paquets de cigarettes arborant des photos explicites de malades mourant d'un cancer, des organes de ces malades, de la dentition de fumeurs, de foetus en mauvais état... Les marchands de plage de rue de maillots de bain de tissus de breloques de gateaux de glace de boissons de guirlandes de fleurs de tout ce dont vous pouvez rêver. Les massages sur la plage, un régal. Les 7Eleven à chaque coin de rue et leurs graisses et sucres à l'américaine. Les moines trop beaux dans leurs costumes oranges, les hommes mais surtout les femmes couverts de la tête aux pieds, chaussettes dans les tongs et souvent même d'un bonnet ou d'une cagoule, pour ne pas s'exposer au soleil. Les moto-taxis, les motos pas taxi mais qui vous emmènent où vous voulez et sur lesquelles on s'entasse à 3 ou 4, il suffit de le demander, les tuk-tuk trop rapides, les oiseaux en cage, attrapés pour être libérés ensuite en l'honneur de Bouddha, les autels des ancêtres et les arbres qui leur sont également dédiés. Les photos du roi partout. Les cocotiers, les plages superbes, peuplées de crabes, de poissons, de méduses, mais malheureusemnet aussi parfois envahies d'ordures, de déchets de poches en plastique. Les lézards géants (peut-être appelle-t-on cela des iguanes), les gekos (orthographe ?) qui crient fort la nuit se prenant pour des iguanes, les papillons géants, les crapauds, les cafards (géants aussi) et tous les autres insectes, à croire qu'il n'y a que les hommes qui soient petits en ce pays.
Mais c'est aussi Bangkok si moderne et tournée vers la société de consommation que je trouve notre vieille Europe bien raisonnable. C'est la chaleur et les averses, c'est Chinatown et ses mille boutiques de mille choses, ce sont les copies de vêtements, les copies de sacs, les copies de DVD, les copies de livres, les copies de disques, les copies de bijoux, les copies de téléphone, les copies de mp3, les copies de chaussures, les copies de jouets, les copies de logiciels.
La Thailande c'est le pays du "same same". Prononcez "sim sim". On vous le sert à toutes les sauces, et généralement mal à propos. Vous cherchez un tee-shirt bleu en taille S, on vous en trouve un rouge en taille L et on vous annonce tout sourire "same same". Le prix d'un article ? "same same" et débrouillez vous avec ça. Ceux qui ont trois enfants, ou à peu-près, nous disent en montrant les nôtres "same same". Ceux qui ont une camionnette se plantent à côté du Toqcar : "same same !".
Mais la marque de tee-shirt, (ou la copie de marque) qui a repris l'expression, a bien saisi l'essence de ce pays dans son slogan : "same same... but different".

mardi 27 mai 2008

Les couleurs de la Thailande



Depuis presque dix mois, nous sommes un peu perdus dans le temps. Nous devons faire des calculs incroyables, réfléchir longuement et sortir les agendas pour savoir avec certitude quel jour nous sommes. La scène est parfois franchement comique. Rien que ça, il faut avouer que c'est un luxe qu'on apprécie.
Mais en Thailande nous avons quelques repères simples : si les gens sont habillés en jaune (généralement en polo, portant le symbole du royaume sur la poitrine), nous sommes lundi. Et s'ils sont en rose, c'est jeudi ! Et je parle là de plus de la moitié de la population, facilement.
- Mais pourquoi, quelle en est la raison, explique-nous donc !
La raison en est politique, ou plutôt royale, et quasi religieuse.
Le roi est né un lundi, le jaune est sa couleur.
Le roi est sorti un jeudi de l'hôpital, il était vêtu de rose.
Et il y en peut-être d'autres qui nous ont échappé.

Le code-couleur historico-vestimentaire c'est pratique pour nous, c'est assez beau et très émouvant je trouve.

Les thais vénèrent leur roi Bhumibol Adulyadej, Rama IX pour simplifier. Son visage est partout, toutes les rues, toutes les villes regorgent de photos du roi, toutes plus grandes les unes que les autres, le roi enfant, le roi adulte le roi en famille, le roi prend des photos, le roi en tenue d'apparat, le roi en tenue de ville... Le roi est dans tous les foyers tous les commerces. Lorsque la soeur du roi est morte, il y a peu, le pays a porté le deuil pendant 2 mois, les fonctionnaires étaient tous vêtus de noir ainsi que beaucoup de citoyens. On ne plaisante pas avec le roi, on ne pose pas le pied sur un billet qui s'envole, car la monnaie est à l'effigie du souverain et ce serait un crime de lèse-majesté. A chaque début de séance de cinéma résonne l'hymne national, dans toutes les écoles en début de journée (mais ça ce n'est pas propre à la Thailande), le pays entier est uni derrière cet homme plus si jeune.
Mais cette loyauté est justifiée : ce roi a fait beaucoup pour la Thailande, il a su ramener et maintenir la paix alors que les états voisins s'enflammaient, il a su mener le pays vers un développement économique dont les autres ont été privés.
Malheureusement le pays tremble en pensant à ce qui se passera après. Le prince n'est pas aimé, et sa réputation est catastrophique. Il n'y a que la mémoire du roi qui pourra maintenir l'ordre et la cohésion nationale un moment mais ensuite ?...
Alors, comme nous pouvons le lire partout dans le pays :

Long live the King !

dimanche 25 mai 2008

Ma fête des mères de toqué(e/s)


Comme de toute manière nous sommes totalement décalés, nous avons décrété à l'unanimité que les festivités en mon honneur débuteraient dès hier soir. Nous sommes donc allés nous taper la cloche dans un restau qui en plus de bonne bouffe a l'avantage de nous offrir un wifi, des puissance-4, des magazines et des serveurs fous de Gaspard qui viennent s'en occuper même lorsqu'ils ne sont pas de service (mais ça, c'est partout en Thailande), le tout dans un cadre charmant.
Au retour la folle soirée a continué. Alors que nous venions de rentrer, les lumières du chantier voisin se sont mises à crépiter, se sont éteintes et un beau feu s'est allumé. J'ai couru chercher un serveur du restau ultra-chic-ridicule voisin qui a appelé le propriétaire. Heureusement entre temps, les flammes s'étaient presque éteintes. Heureusement ou malheureusement parce que ce sera la seule construction en bord de cette plage jusque-là préservée, et ce coin de paradis va s'en trouver défiguré comme tant d'autres. Le propriétaire, un riche americain (de Hollywood nous disent les autochtones, bon, ça fait pas de mal de le croire, je peux juste vous dire que ce n'est ni Georges ni Harrison), est arrivé très rapidement. Le Jedi armé de sa lampe de poche, l'a entraîné voir ce qui s'était passé, et surtout lui a dit qu'ils devaient vérifier si le gardien qui dort là toutes les nuits n'était pas blessé. Ouf, ils ne l'ont pas trouvé, il n'était pas là. Enfin ouf selon nous parce que l'amerlhollywoodien était fou de rage et a rameuté son "staff" dans les dix minutes. On a pu aller se coucher rassurés.
Mais la fête ne faisait que commencer...
Au milieu de la nuit, nous nous sommes levés pour fermer quelques fenêtres puisque la pluie était de retour, mais ça encore, c'est habituel, il pleut toutes les nuits, et depuis trois jours, ce n'est que la nuit. Sauf que du coup nous avions un peu oublié les éléments de base du campement en bord de mer et en saison des pluies. Le Jedi avait bien amarré notre store qui nous protège à la fois du soleil et de la pluie mais nous ne prenions plus la peine de le replier tous les soirs. Donc un peu plus tard au milieu de la nuit, nous avons été réveillés par un bruit énorme, impossible de fermer ou d'ouvrir certaines fenêtres, impossible de voir à l'extérieur, impression très étrange la nuit : dans une bourrasque notre store avait été totalement arraché et obstruait tout le Toqcar. Vu la tempête extérieure, il n'y avait rien à faire à part attendre, et essayer de se rendormir, en rassurant les enfants (enfin les garçons parce que notre fille comme d'hab ronflait et ne se souciait de rien), en guettant les coups de vent, en guettant la mer, parce que les tempêtes en bord de mer c'est toujours inquiétant, et bêtement à Phuket, en période agitée pour l'Asie, et en pleine nuit, c'est carrément effrayant.
Après la pluie vient le beau temps, et ce matin, mon courageux mari est sorti par les portières-avant pour aller réparer comme il l'a pu notre store qui ne survivra pas au voyage mais pourra, grâce à son talent, terminer le mois (petit hommage à mon MacGyver personnel qui nous aura sauvé la mise plus d'une fois durant l'odyssée en plus de m'avoir offert trois enfants très créatifs). J'ai réussi à faire patienter les fruits de mes entrailles qui voulaient me faire des tartines dès 6h30 (j'avais négocié pour qu'ils ne me portent pas le petit déjeuner dans la capucine...), et quand je me suis levée, le vent ne s'était pas couché, mais en plus de délicieuses tartines (noires), m'attendait une ribambelle de cadeaux.
L'année n'est pas aux colliers de nouilles pour moi mais aux colliers de coquillages.
Rachel m'a écrit un message dans une coque, et elle m'a construit toute seule un collier, fait de ficelles ramassées sur la plage et d'un agglomérat de coquillages, le tout attaché par un chouchou rose-fluo, dont mon cher époux a décrété qu'il serait peut-être aussi très joli suspendu à mon rétroviseur (merci chéri). Elle m'a aussi offert un de ses colliers, qui en réalité est à Gaspard, et qu'il a cassé dans la minute. Et Ulysse m'a offert un collier pendentif fait avec une nacre qu'il a ramassée sur la plage, la plus grande du monde je crois, donc le plus gros pendentif du monde aussi, à la hauteur de son amour je pense.
Et hier Rachel avait choisi toute seule, dans leur recueil, un poème que pour l'occasion elle avait recopié dans son cahier et qu'elle m'a lu car elle a oublié de l'apprendre :

L'Adieu

J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est mort souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends.

Guillaume Appolinaire

...

J'en fais aujourd'hui et devant vous le serment solennel : je ne dirais plus rien jamais rien sur les poèmes cucul la praloche, je ne rirai plus des fleurs des petits oiseaux des coeurs et des "maman chérie". Chers instituteurs des enfants, vous m'avez beaucoup manqué ce matin...
Beaucoup de psys se sont penchés sur la question, et j'ajoute mes coquillages à leur édifice : être maman et maîtresse, c'est vraiment pas facile. Comment ça je suis hors sujet ? Laissez-moi parler c'est ma fête.
J'ai quand même eu le droit de choisir ma musique ce matin pour l'occasion et je leur inflige l'intégrale de Cabrel. Voilà. Comme c'est jour de fête il n'y a pas d'école et en plus d'un bon repas au restau (où je vais devoir porter mes deux colliers, ouf que le troisième est cassé), on m'a annoncé un massage sur la plage (faut tout de même que je vérifie que les masseurs ne s'appellent pas Ulysse Rachel et Gaspard).

C'est en tout cas une fête des mères inoubliable et toquée comme je les aime.

Bonne fête à nos mamans et à toutes les autres !

samedi 24 mai 2008

Mementoqué


Dans notre tête le compte à rebours est lancé.
Je ne vais pas vous raconter éternellement notre dur quotidien de Robinsons sur les plages de sable fin et dans des eaux transparentes, les photos parlent d'elles-mêmes et je risque vous lasser.
Mais j'ai oublié de vous dire plein de choses sur notre odyssée, sur les pays qu'on a traversés, ceux qu'on a adorés, sur les gens qu'on a rencontrés, sur nos constats nos interrogations.
J'ai oublié de vous dire qu'on avait connu une crevaison terrible, de vous parler de mon kit de kidnapping dans le balouchistan, de vous parler des policiers indiens et de ceux de tous les pays, de vous raconter les enfants et tout ce qu'on a découvert sur eux cette année, de vous parler du retour qu'on attend et redoute, de vous raconter la tonne de livres que j'ai ingérée, presque autant qu'Ulysse c'est dire, oublié de vous parler des animaux nos compagnons de chaque instant (et nos cauchemars aussi), de vous parler de la chaleur, de la nourriture, du temps extensible et à la fois si rapide, et puis on commence à faire le bilan, les bilans et il faudra que je vous en parle un peu.
Je ne pourrai pas tout vous dire. Au cours de cette toute petite année nous avons vécu ce que peu vivent en une vie, certaines journées ont été si riches qu'on a eu l'impression qu'elles valaient dix ans. Et nous on a l'impression d'avoir beaucoup vieilli mais aussi d'être retombés en enfance.
Je vais tâcher de vous raconter tout cela dans les semaines qui viennent, pour vous, parce que les bonheurs et les plaisirs et les découvertes non partagés ne valent rien, mais surtout pour nous, car ce blog c'est aussi notre mémoire familiale.

mercredi 21 mai 2008

Hors saison



A l'origine on avait décidé de ne pas aller à Phuket. Peur du béton des hordes d'européens-américains. Nous avions été horrifiés par ce que certains promoteurs ont pu faire de certains coins de cette si belle côte thailandaise et avions largement préféré la côte Est. Sauf que les enfants ont l'air d'avoir eu la varicelle à cause des mouches des sables (en français dans le texte) et que se baigner en prenant soin d'éviter les méduses géantes qui nous entourent est un peu stressant (quand je vous dis que notre vie est un enfer...).

Finalement nous nous sommes dit qu'il était dommage de passer si près de cette célèbre île sans y mettre les pieds, nous ne voulons pas rentrer idiots et nous savons aussi que notre Toqcar nous permet souvent de nous dégotter des petits paradis tranquilles entre deux resorts ou bars branchés. Et surtout... le temps joue en notre faveur puisque c'est le début de la saison des pluies sur la côte Ouest et donc le début de la basse saison.

Arrivés de nuit, nous avons par hasard atterri au fond d'une petite rue, devant un chantier, au bord d'une jolie plage. Et c'est parfait pour nous. Il n'y a personne, pas un chat. Des terrasses vides, des chaises longues vides, une belle plage vide et totalement intacte car elle a été miraculeusement épargnée par le Tsunami.

Certes il faut supporter les averses, mais elles ne nous dérangent pas, au contraire, ça nous rafraîchit, nous repose et nous permet de prendre des douches d'eau pure à moindre frais ; la pluie lorsqu'il fait 35 D° c'est pas comme les giboulées de mars et ça permet de mieux apprécier le soleil. La mer est assez démontée, disons qu'elle ressemble à celle qu'on connaît à Biarritz. Sauf qu'elle est chaude et totalement transparente.

Nous commençons à prendre nos habitude, nous avons visualisé les chemins d'évacuation en cas de Tsunami (je plaisante un peu mais comment ne pas y penser ici?), avons déjà sympathisé avec un couple de restaurateurs anglo-thais qui prennent leur apéro avec nous le soir et avec qui nous allons griller des poissons sur la plage pour dîner s'il ne pleut pas. Les masseuses ont l'air de se sentir seules, je vais me dévouer et aller leur tenir compagnie. Christophe a repéré une planche de surf esseulée, il va sans doute aussi se dévouer pour lui tenir compagnie et nous poursuivons nos activités effrénées : école (j'en ai marre...), lecture, baignades et découvertes culinaires .

mardi 20 mai 2008

Des lauriers pour les Buis


Juste parce qu'on ne sait pas comment vous remercier.

Parce que vous n'avez sans doute même pas réalisé combien votre amitié et votre hospitalité nous ont été précieuses, combien cette pause civilisée, voire ultra-civilisée, voire même luxueuseet surtout si chaleureuse dans notre année de bohème a été douce pour nous cinq.

Parce que les fleurs c'est périssable, que les bonbons c'est tellement bon mais qu'ici ça fond.

Et n'oubliez pas que nous vous attendons de pied ferme, d'ici quelques semaines à la maison, où vous serez obligés de vous doucher longuement, de retourner les chambres des enfants et d'en sortir tous les jouets, de nous préparer d'interminables spectacles de magie-mnastique, de vous baigner dans notre piscine (gonflable – penser à acheter des rustines chéri stp), de goûter ma cuisine exotique (merci Picard), de venir déjeuner dans nos restaus préférés, de m'accompagner faire du shopping ou un massage devant la mer (non oubliez ce dernier point je reviendrai en Thailande pour ça), de laver votre linge archi-sale non plus en famille mais dans mon lave-linge (j'adore dire : "mon lave-linge", c'est devenu un objet de fantasme pour moi), de lire nos magazines, d'utiliser notre connexion internet. Avec un peu de chance on aura même des chaises pour tout le monde, mais notre jardin habituel est tout de même moins grand que celui que vous nous connaissez et la mer n'est pas au pied de cette maison-là. Mais je suis certaine qu'on s'en débrouillera parce qu'à nous tous, je trouve qu'on se débrouille pas mal.

Bon vent les amis !

jeudi 15 mai 2008

Rêve familier


Nous ne reviendrons pas sur la déception de ne pouvoir traverser la Chine (ceci-dit, à l'heure actuelle on aurait dû se trouver au Sechuan...), visiter ces pays qui nous faisaient rêver, ni rentrer dans nos pénates à bord de notre Toqcar. Dès que nous avons appris la nouvelle, malgré les mille plans que nous avons élaborés et toutes les pistes sur lesquelles nous avons travaillées (faire traverser la Chine au Toqcar en train voire bateau puis train depuis le Vietnam, trouver une liaison maritime Hanoi-Vladivostock, un Bangkok-Vladivostock, puis face à des devis exhorbitants finalement des liaisons Kuala Lumpur-Europe, Bangkok-Europe, Singapour-Europe ), l'idée de revenir en Thailande a réjoui tout l'équipage et en tête nos trois moussaillons. Certes la Thailande est un pays que nous avons adoré pour diverses raisons comme la douceur de la vie, les prix très bas, les thai et leur gentillesse, la nourriture délicieuse, les plages de rêve et sa capitale folle, certes il y avait aussi le plaisir d'y retrouver nos amis, mais surtout le bonheur, pour la première fois depuis 9 mois, de revenir sur nos pas et de nous retrouver en terra cognita.
La Chine a un peu coupé l'herbe sous nos pieds d'aventuriers à un moment où nous commencions à fatiguer.
Arriver en Thailande, voir les enfants pousser des cris de joie en retrouvant leurs marques, retrouver nos habitudes à Bangkok, pour la première fois entrer dans un pays sans nous interroger sur la langue, la monnaie, les routes, le gaz, l'essence, l'eau, les habitudes, la nourriture, les prix, l'hospitalité, sur la possibilité de bivouaquer partout ou non, nous a fait réaliser que nous aussi aspirions, pour les semaines qui nous restent, à une routine de robinsons au soleil, à profiter du plaisir d'être tous les cinq sous des cieux exotiques mais familiers, routine luxueuse dont nous ne nous lassons pas, avant de nous réhabituer à la langue, la monnaie, les routes, le gaz, l'essence, l'eau, les habitudes, la nourriture, les prix, l'hospitalité françaises, et de retrouver une routine plus habituelle de Toqués sous un soleil plus occidental.
Ne nous cherchez plus. Nous sommes sous les cocotiers et les palmiers, passons du hamac au fauteuil, d'un polar à un Tintin. Il y a juste suffisamment d'averses pour nous rafraîchir, pas assez pour nous empêcher de cramer même à l'ombre. Nous cuisinons au feu de bois et luttons contre les mouches de sable qui nous dévorent et les crabes qui nous effraient durant la baignade. Quand vraiment nous sommes à cours de vivres ou que nous avons un grand coup de courage, nous enfourchons nos vélos pour explorer les environs. Parfois la nuit nous sommes dérangés par le bruit des bateaux qui pêchent au néon et donnent à "notre mer" comme dit Gaspard, un petit air de fête.
Nous descendrons ainsi la Thailande, puis la Malaisie et termineront notre périple à Singapour, afin de laisser le Toqcar poursuivre l'Odyssée tout seul par les océans et de vous rejoindre par les airs, fin juin.
Ne vous y trompez pas : nous sommes très heureux de vous retrouver bientôt, mais nous savourons chaque seconde de ce rêve devenu désormais familier.

samedi 10 mai 2008

Toqs en stock


Je sais que je ne suis pas tres bavarde en ce moment, mais d'abord nous avons un probleme electrique, un de nos panneaux solaires nous a laches. Et vu la chaleur terrible de Bangkok actuellement, nous reservons nos watts pour notre ventilateur, la nuit. Sans quoi nous ne dormons pas.
Et puis surtout nous sommes tres occupes a arpenter Bangkok, a faire du shopping et surtout a profiter de nos presque voisins et tout a fait amis. Ulysse et Rachel ont meme passe une journee a l'International English School of Bangkok. Yes my dears. Ils y seraient bien restes d'ailleurs, et je les y aurais bien laisses aussi.
Je viens pour ma part de vivre, grace a nos amis et au confort de leur superbe appartement donnant sur les gratte-ciels de Bangkok, un moment rare et tres precieux. (Amies overlandeuses ou voyageuses, cessez de me lire ici, vous allez me detester ) J'ai lu un magazine intellectuel (Prima) en marinant dans un bain pendant un bon quart d'heure... Et vous savez quoi ? Si je n'ai pas trouve la coiffure parfaite sur les 40 modeles incontournables de cet ete, je crois bien que j'ai recupere mes pieds : ils semblent roses !

Voila.
Vous savez tout.
Pas beaucoup de culture, pas de grandes reflexions mais tellement de bons moments que je vous delaisse un peu.
J'ai pourtant des tonnes de posts en stock a vous livrer avant de voler vous rejoindre. Parce qu'il y a deja 9 mois que nous sommes partis ! Alors vous attendrez bien mes jours d'oisivete sur la cote, que nous rejoignons des lundi.

lundi 5 mai 2008

De failles thai en Solal


On a failli aller en Chine, et passer si près de la frontière en devant rebrousser chemin nous a un peu schtroumphés.

On a failli aller frapper, au culot, à la porte du Myanmar qui nous tendait les bras aussi et nous empêche de rentrer par la route.

On a failli ne pas pouvoir sortir du Laos car c'est à la frontière, devant le Mékong, que nous avons rencontré les seuls laos désagréables, qu'il nous manquait un papier, et que notre capital "patience aux frontières" semble avoir fondu au soleil. Heureusement qu'il y en a toujours un de nous deux pour rassembler ses dernières forces en la matière.

Gaspard a failli ne pas se souvenir de ses mots de thai, qu'il avait pourtant eu du mal à remplacer par des laos, mais le Kap Kun Karp a vite remplacé le Sabaidee.

On a failli voir le Nord de la Thailande puisque tel était notre projet.

On a failli paniquer quand Ulysse s'est réveillé fiévreux et se plaignant en pleurant d'une douleur au côté droit.

On a failli décréter que ce n'était rien, mais dans le doute on s'est abstenus de faillir et on a préféré foncer à Bangkok.

On a failli passer quelques jours dans un hôpital incroyable, qui ressemble à un casino de Las Vegas, dans lequel on trouve un MacDonald et plusieurs restaurants, dont la cantine est tenue chaque mois par le chef d'un grand hôtel, et dont on n'aura vu que les urgences.

Ulysse a failli se faire opérer de l'apendicite mais finalement ce n'était rien.

On a failli l'étriper quand le lendemain de cette journée où on a roulé douze heures, se nourrissant de hot dogs (merci 7/eleven) et foncé consulter les plus grands pontes de l'Asie du Sud Est, après une nuit sans air dans notre ruelle préférée, il s'est réveillé à l'aube en pleine forme sautant partout comme à son habitude.

On a failli regretter l'anesthésiant à ce moment-là.

Mais nos amis de Bangkok, eux, n'ont pas failli, ils nous ont reçus au pied levé, invités dans un restaurant encore mieux que celui de l'hôpital, encore mieux que MacDo, et nous ont choyés toute la journée, et ce n'est que le début de la semaine.

Et Bangkok ne faillit jamais, on aime on adore, donc finalement on est tous heureux d'être là.


Et puis surtout la nouvelle vient de tomber : un Solal nous est né, chez ma webmastrice préférée ! Bienvenue à toi petit homme ! Avec quelques ancêtres du côté des cités d'or, une maman que j'adore, un grand-frère très fort, un prénom brillant et tous les calins qu'on te réserve pour notre retour, je gage que tu failliras bien moins que nous.

vendredi 14 mars 2008

Pays d'élection



free music


Un dimanche, à Bangkok, nous avons voulu aller acheter quelques bières pour fêter la fin de la semaine, les bricolages du jour, les rencontres du mois, le campement de rêve, l'amour l'amitié la joie, bref nous offrir un apéro bien mérité.
Et là, dans tous les magasins de Sukhumvit Soi4, blindée de bars à hôtesses (et la nuit, elles dansent en string phosporescents avec des numéros affichés sur la poitrine... mais dans la journée, elles sont en uniforme d'écolières, et elles tricotent et fond du crochet devant les bars, c'est vraiment touchant en fait...)donc dans toutes les épiceries et les Seven-Eleven (aussi nombreux quasiment que les bars à hôtesses), les vitrines de bières étaient condamnées, et on nous annonçait très fermement qu'on ne vendait pas d'alcool ce jour-là.
Passée la première surprise nous nous sommes renseignés : il y a vait des élections ce jour-là, et les jours d'élection, en Thailande, la vente d'alcool est interdite !

Et là, l'illumination pour moi.
C'est peut-être ce que nous aurions dû faire, ce que nous devrions faire...

Tout ça pour dire qu'en approchant de ce second tour des municipales, on pense fort à tous nos amis et nos proches engagés sur des listes. Que votre travail et vos convictions soient récompensés et que le peuple aviné reste lucide.

Vive la République, vive la France !

vendredi 7 mars 2008

Nos amis, nos amours, nos emmerdes


Au cours de l'Odyssée, plus que les paysages ou les sites, ce sont les rencontres qui nous marquent et nous enchantent.
Ces derniers temps elles sont très riches.
Il y a nos lost satellites allemands avec qui nous avons lié des liens vraiment très forts, et Marc et son beau camion avec qui nous poursuivons la route.
Et puis il y a tous ceux qui nous ouvrent leur porte. Stéphane, le fils de la cousine d'une cousine de ma grand-mère, tout simplement, jamais rencontré, qui nous avait aidé lors de nos recherches de bateaux et qui nous a reçus chez lui à Bangkok, nous offrant un dîner royal et une compagnie des plus agréables.
Il y a Philippe, l'ami tourangeau pas vu depuis des siècles et qui a retardé son départ dans le Nord en famille pour passer une soirée avec nous, nous offrir une bonne douche, de bons dessins animés, et des heures de discussion. Rachel et moi nous sommes même offert une coupe de cheveux thai à côté de chez lui, jamais nos cheveux ont été si lisses et brillants, de la magie à petit prix, avec le sourire de la coiffeuse en prime(pardon Juanito, promis on ne t'oublie pas hein).
Philippe que nous avons planté parce que parmi nos petits amours il y en a un qui avait visiblement, alors que nous avions quitté le centre de Bangkok pour filer au Cambodge, besoin d'un arrachage de dent. Bien sûr juste quelques jours avant l'expiration de notre visa. Ni une ni deux, face à sa douleur, à l'aspect étrange-dégueu de son chicot, au conseil du pédiatre des stars, j'ai téléphoné à Cathy.
Cathy, nous l'avions croisée quelques heures avant notre départ de Bangkok-centre. Elle rentrait de l'école avec ses 3 enfants puisqu'elle vit à deux pas de notre impasse préférée, elle regrettait tellement notre départ, et nous aussi. On a juste eu le temps d'échanger nos coordonnées, au cas où...
Elle m'a conseillé pour le dentiste, a libéré sa journée, et nous attendait de pied ferme. Elle nous a reçus dans son appart au milieu des nuages de Bangkok. Elle nous a régalés, nourris, gâtés, a lavé notre linge, a gardé les enfants qui ont en une seconde trouvé un milliard de terrains d'entente et de bêtises avec les nôtres, de même que nous avons l'impression de la connaître elle aussi depuis longtemps. Cette journée qui aurait dû être un peu galère a été un régal.
Du coup on avait un peu envie de rester une journée de plus pour rencontrer son mari qui est en déplacement et pour profiter de leur compagnie. Et c'est ce que nous faisons, grâce à notre indic Marc, qui a démêlé les complications de passage de frontière en avant-première ce qui nous permet d'aller quasiment au bout de notre visa sans inquiétude.
Il faut en plus de tout cela imaginer les employées de l'école voisine qui viennent chercher notre petit amour édenté pour lui offrir mille sucreries, qui nous proposent d'utiliser leurs douches, les petits français du quatier qui passent leurs soirées à jouer avec les enfants et les invitent à dîner, les recycleurs de poubelle qui apprennent le français grâce à Gaspard et crient "tortue !" quand ils le voient.

Comme quoi les emmerdes de nos amours nous amènent des amis...

Il va falloir lever le camp demain, nous regretterons un peu la Thailande, mais beaucoup les thais et leur sourire - que nous rappellera encore pendant quelques années celui de notre Gascadeur - et surtout nos amis Bangkokais (bangkokois ? Bangkokos ?).
Mais vous savez quoi ?...

..Nous reviendrons !

lundi 3 mars 2008

De la souris verte à Jean Tardieu en passant par Bangkok


Bangkok, on adore.
C'est énorme, immense, fou, on y trouve tout ce qu'on veut et les toqués en tous genres y trouvent des coins tranquilles pour installer leur camp, c'est parfait.
Certes il y a les chauffeurs de taxi (roses pour la plupart !), qui parfois refusent de vous prendre parce qu'il y a des embouteillages, ou que c'est trop loin, ou qu'ils n'ont pas envie, ou qui vous conseillent de prendre un bateau ou un métro. Mais il y a les tuk-tuk qui sont les meilleurs manèges du monde, garants de sensations fortes, mieux que tous les jeux vidéo, pour le plus grand plaisir des enfants. Il y a des centres commerciaux immenses, remplis d'informatique, de téléphones portables, de technologies qui ravissent le grand Toqué, et puis des marchés des quartiers entiers pleins de magasins de poissons séchés, d'animaux séchés et trucs bizarres pour la médecine chinoise, de bondieuseries pas très catholiques, de babioles, fleurs, jouets, gadgets, stickers, bijoux, qui font tourner la tête des petits toqués et de la toquée en chef. Il y a aussi tous ces marchands ambulants de brochettes, de riz, de fruits, de glaces, de légumes très épicés, de guirlandes de fleurs, tous ces petits restaurants de rue où on se régale de plats dont on ne sait pas toujours le nom, pleins d'épices et d'herbes et de verdures, pour la plus grande joie de notre souris verte, qui devrait peut-être arrêter la verdure si elle veut un jour commencer à perdre ses dents de lait.
Surtout maintenant qu'elle se fait griller par son petit frère.
Et oui, Gaspard a décidé de s'offrir un nouveau sourire. En courant, puisque de toute manière il ne sait pas marcher, il est tombé et a réussi à abîmer une de ses dents, et à se casser magnifiquement l'autre. Il a été soigné dans une magnifique clinique par une douce et très efficace dentiste et surtout chouchouté par une armada d'assistantes toutes plus charmantes les unes que les autres.
Et maintenant on attend que le petit morceau tombe et la petite souris pourra repasser puisqu'elle est déjà venue à Bangkok pour ce dadais d'Ulysse qui perd lentement mais sûrement ses dents de bébé.
Ce matin d'ailleurs, pour terminer sa dernière évaluation de français, il a choisi d'apprendre une poésie de Jean Tardieu, le hasard fait bien les choses au pays des Toqués :


Conversation

Comment ça va sur la terre ?
- ça va ça va, ça va bien.

Les petits chiens sont-ils prospères ?
- Mon Dieu oui merci bien.

Et les nuages ?
- ça flotte.

Et les volcans ?
- ça mijote

Et les fleuves ?
- ça s'écoule.

Et le temps ?
- ça déroule.

Et votre âme ?
- Elle est malade
le printemps était trop vert
elle a mangé trop de salade.

mercredi 27 février 2008

Sea, sex and sun



J'avoue qu'en voyageant avec nos amis allemand et surtout Katya, j'ai, ces derniers temps, essentiellement profite de l'aubaine d'avoir un commere et que j'ai un peu delaisse les ecrits, mais me revoici chers amis puisque ma commere son mari et leur fille vont repartir demain. Nous allons les regretter et cherchons une solution pour kidnapper leur petite Ronja qui s'integre si bien a notre famille de toques et que les enfants revent de garder avec nous.

On garde tout de meme Marc l'overlander, (moins petit mais tout aussi mignon en maillot de bain) qui poursuit la route avec nous jusqu'au Vietnam.

Ces derniers temps, nous avons joue aux Robinsons avec nos coverlanders. L'avantage lorsqu'on est plusieurs c'est qu'on peut reellement s'isoler sans crainte.

Pourtant il s'en est fallu de peu encore pour que nous ne soyions definitivement horrifies par le sud de la Thailande, Nous avons passe quelques heures a Hua-Hin et ces villes touristiques faites de buildings enormes, pleines de toutes les enseignes europeennes ou americaines, et pleines d'europeens ou d'americains qui se permettent de se promener en ville en maillot de bain ou dans des tenues qui mettent en valeur leurs bourrelets et leurs coups de soleil, c'est terrible.

Mais le pire, nous le voyons encore plus a Bangkok, ce sont ces memes vieux europeens ou autres blancs/rouges, ou pas si vieux, qui emplissent les bars, quartiers chauds et que l'on croise partout en fait et qui viennent combler leurs miseres affectives aupres des jeunes thais. c'est frappant et ca me met tres mal a l'aise. Certes il s'agit d'adultes et tous y trouvent peut-etre d'une certaine maniere leur compte, se sortant mutuellement de leurs miseres mais je ne peux accepter cela. J'ai un peu honte et puis beuuuuurrrrkkkkk. Elles sont si jolies et jeunes et ils sont generalement si vilains et vieux.

Ce n'est une revelation pour personne, mais vraiment ca choque la Toquee-Candide qui voudrait tant que tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Donc nous avons conserve un peu notre innocence de bons sauvages et joue les Robinsons de luxe, avec jouets de plage, grillades au feu de bois, et delicieuses choses a manger toujours faciles a degotter puisqu'en Thailande comme partout depuis l'Inde, ou que noous soyons, il y a un marchand ambulant qui passe avec sa moto et tout son attirail.

Et une fois que tout ce petit monde a ete rassasie de liberte, de coquillages, de baignades et que le Toqcar a ete bien rempli de sable et de coquillages aussi mais vide de gaz, d'eau et de vivres, nous avons file ajouter quelques toques a la cite des anges.



Et puis juste pour le plaisir : une petite interrogation etymologique de ma toquee de fille hier soir : "pourquoi crois-tu que les fraises s'appellent fraises ?" je me lance alors dans une grande explication (brillante) de semiotique vulgarisee et elle m'interrompt : "tu ne crois pas que c'est plutot a cause des fesses ? Une fraise ressemble a des fesses alors on a cherche un mot qui s'en rapproche...".
Je suis rassuree, il reste de jolies histoires de fesses dans le meilleur des mondes.


PS : nouvelles photos en ligne (attention un nouvel album a la date du 03/02) et bonne nouvelle : j'ai retrouve mon appareil-photo perdu et qui etait finalement dans la voiture de nos co-robinsons, donc je vais pouvoir de nouveau vous abreuver, vous noyer d'images d'Uysse Rachel et Gaspard dans le monde.

jeudi 21 février 2008

Chinetoqués




Je vous l'ai déjà dit et vous le savez fort bien pour certains, les passages de frontières sont parfois un vrai casse-tête, chaque pays a ses propres règles, qui peuvent changer très souvent, les frontières s'ouvrent se ferment, les formalités varient au gré... d'on ne sait trop quoi ni qui. Si on y pense, c'est un peu triste...
Alors il faut prendre une multitude d'informations, les plus récentes possibles, et puis aussi faire confiance à... on ne sait trop quoi ni qui mais rester optimiste. Nous c'est ce qu'on fait de mieux, ça tombe bien.
Nous savions depuis le début que l'entrée au Vietnam pourrait être folklorique, et comme vous l'avez peut-être compris nous devons y entrer puisque nous y avons rendez-vous avec mes parents, un de mes frères, sa douce épouse et un de leurs fils. Autant vous dire d'ailleurs qu'on commence tous à compter les jours et que ce séjour risque ne pas être triste... Mais nous savons aussi qu'il y a pas mal d'overlanders là-bas, c'est donc qu'on y entre. Sentant l'échéance prochaine, nous avons commencé à récolter des infos fraîches. Il vous faut imaginer les sms internationaux et les mails par milliers. Un ami nous a aiguillés sur un autre voyageur aguerri, qui lui-même nous a conseillé de contacter un couple français, actuellement au Vietnam. Ce couple nous a expliqué comment ils étaient entrés par le Cambodge, ce que nous comptons faire, nous détaillant toutes les démarches qu'ils ont dû effectuer. Ils nous ont aussi donné les coordonnées d'autres français qui eux, ont dû entrer via le Laos, ce que nous ferons si jamais la première frontière nous fermait les barbelés au nez. Une mine de renseignements pour nous.
Et puis... et puis Alain et Marcelle nous ont ensuite expliqué qu'ils souhaitaient faire le même trajet que nous pour leur retour en Europe, qu'ils cherchaient eux aussi une solution maritime entre Hanoi et Vladivostok, mais qu'ils avaient fait d'autres recherches et trouvé une solution très intéressante sur le plan financier mais aussi sur le plan géographique, culturel. Il leur manquait juste un second véhicule et ils nous ont proposé de nous joindre à eux.
Il s'agit tout simplement de se rendre au Laos, après le Vietnam, ce qui est déjà enthousiasmant. Et puis... de traverser la Chine jusqu'en Mongolie.
La Chine
La Chine...
La Chine !
LA CHINE !!!!!!!
On va en Chine !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
(Désolée Gabriel on n'y arrivera pas à pieds)

C'était inespéré tout simplement parce que l'entrée en Chine avec son véhicule est très chère, compliquée et que ce n'est pas un pays où on nous laisse nous ballader à notre guise. Mais c'est une agence qui organise la traversée, s'occupe de toutes les formalités (permis de conduire chinois, demandes à l'armée etc) qui nous fournit un "guide" qui reste avec nous tout le temps (voyons le bon côté des choses, on ne se perdra pas et il nous facilitera la communication, et puis espérons qu'il soit vraiment un peu "guide" et puisse nous en apprendre beaucoup sur son pays). Et comme nos futurs co-overlanders avaient fait toutes les démarches de négociations, nous n'avons plus eu qu'à envoyer une tonne de documents, qu'à payer, et le tour est joué.
Ce n'est pas la liberté totale, mais on s'en fiche, et puis en Chine, nous ne sommes pas les moins libres... On fait des économies et surtout on va en Chine avec notre Toqcar !!!!!!!!!!

Vous ne pouvez imaginer notre joie à tous. Si vous le pouvez je pense.
C'était un de nos rêves, lorsque nous avons commencé à penser l'Odyssée. Mais très vite nous avions dû renoncer.
Amis futurs voyageurs qui nous lisez (et je commence à voir à travers vos mails que vous êtes nombreux), souvenez-vous que votre itinéraire peut changer du tout au tout et surtout que rien n'est vraiment figé, ni surtout impossible.

Pour l'instant les dates ne sont pas fixées, nous partirons au mieux début mai, et du coup, sans doute devrons-nous passer plus rapidement que nous le souhaitions en Mongolie et Russie mais peu importe, cette énième (je n'ose dire dernière) surprise nous offre de nouvelles tranches de rêve. Et quelques nouvelles formalités à accomplir (juste 4 nouveaux visas à demander. Donc 20 en fait. Et c'est une vraie partie de rigolade parce qu'il y a ceux pour lesquels il faut une invitation officielle, ceux pour lesquels il faut des dates précises, ceux qui ne sont valables que trois mois après émission, ceux qui ne sont valables qu'un mois, ceux qui sont délivrés en trois jours, une semaine, deux semaines, mon excellente amie Cécile en ferait de beaux tableaux Excell je crois...).

Pour le moment nous longeons la Côte Est de la Thailande pour remonter vers Bangkok, avec nos amis allemands qui nous ont rejoints. Nous profitons des facilités et des plaisirs qu'offre la vie en communauté alliés à ceux qu'offre la Thailande, puis nous nous installerons pour une quinzaine de jours dans la capitale où nous avons déjà plusieurs rencarts.

Et puis... je ne sais pas si je vous l'ai dit... ON VA EN CHINE !

samedi 16 février 2008

Le mythe du bon Toqué


Bon, je vous raconte la Thailande, parce que si la Russie a bien occupe nos esprits ces derniers temps, nous avons encore deux mois d'Asie et de soleil avant d'affronter le froid.

D'abord, on a fui notre plage malaisienne, puis la Malaisie parce que le nouvel an chinois brass les foules et envoie tout le monde sur les routes.

Ceci-dit une nuit sur les autoroutes de Malaisie c'est toujours bon pour les toques, ca nous permet de prendre une bonne douche dans des sanitaires plus propres que chez Amatxi (faut pas faire de jaloux).

Il y avait longtemps que nous n'avions pas passe de frontiere terrestre, celle-ci n'etait pas tres compliquee malgre la foule. Et nous avions en plus pu prendre notre assurance dans un des bureaux qu'on trouve sur la route ce qui simplifie bien les demarches que nous avons a accomplir dans chaque nouvelle contree.

Gaspard a fait ce coup-ci pipi sur le sol devant le premier guichet des douanes, je crois qu'il a decide d'en faire une tradition qui nous embarrasse un peu.

Une fois de plus nous avons ete surpris de constater qu'en quelques metres la vie et les hommes sont totalement differents d'un pays a l'autre.

En cherchant a acheter une bouteille de gaz (autre de nos obsessions de voyageurs puisque notre frigo fonctionne – ou fonctionnait – au gaz), nous avons aussi compris que nous aurions parfois un probleme de communication car l'anglais est loin d'etre utilise par tous et l'ecriture thai est tres jolie, mais ressemble a de petits vers de terre qui se tortillent. On a du gaz, on n'est pas surs que ce soit le bon. Il ne sera pas pire que le gaz indien qui noircit les casseroles et me transforme en sioux a chaque repas et semble avoir fait du mal a notre frigo qui ne sait plus trop ce qu'il est cense faire. Il nous reste un peu de frais dans la partie congelateur que nous trouvions inutile jusque la mais qui en ce moment nous sauve la mise. Vivement la Siberie, nous n'aurons plus de souci.

En tout cas les thais ont un mode de communication qui nous correspond parfaitement : le sourire. Quel plaisir ! Leurs visages sont marques par le sourire et je dois dire qu'on adore ca et qu'on sait repondre.

Apres les courses et formalites d'usage nous avons file vers un parc naturel qui abrite une magnifique cascade a 7 etages. Puisqu'on nous souriait on a compris qu'on pouvait dormir dans le parc. Le gardien de nuit est venu nous saluer et nous faire comprendre qu'il ne fallait pas s'aventurer dans la jungle en pleine nuit, mais il faut dire que cette cacophonie extraordinaire et un peu effrayante que pas un bruit humain ne vient deranger ne donne pas envie de sortir de chez soi. Le lendemain matin Gaspard a ete pris en charge par les employees du parc, folles de lui, bien sur, d'autant plus que grace a son francais parfait, chaque fois qu'il dit « camping-car » les thais comprennent « kap kun karp » signifiant merci. Reste a esperer que « tortue » ne soit pas un gros mot... Nous avons grimpe jusqu'au 4eme etage de la cascade et mange dans le bruit et les embruns, un petit parfum de fraicheur et d'aventure qui a ravi toute la famille. En partant nous avons compris pourquoi nous etions si tranquilles et seuls sur notre joli parking au milieu de la jungle : une barriere empechait tous les autres vehicules d'entrer... Coup de bol, malentendu, gentillesse de nos hotes ?..

Puis cap sur Ko Lanta. Revanche de mes pauvres enfants qui n'ont jamais vu l'emission du meme nom a cause du snobisme intellectuel de leur vieille mere et surtout du fait qu'elle aime etre tranquille le soir, mais qui l'auront foulee des pieds (l'ile).

Forcement, la cote thailandaise et les iles ce sont les plages de sable fin, la mer transparente, la vegetation de carte-postale. Mais a vrai dire c'est un petit choc pour nous parce que la contrepartie ce sont les installation touristiques, les restaus, les foules d'europeens sur leurs scooters, en maillot de bain dans les rues. Gros gates que nous sommes, nous devenons des snobs du voyage et supportons difficilement ce spectacle pas toujours rejouissant. On s'est un peu eloignes de l'agitation, mais certains chemins nous sont inaccessibles nous interdisant les endroits les plus recules. On a tout de meme degotte un petit coin parfait pour toques, tranquille, joli mais suffisamment pres d'une liaison internet, necessaire pour nous en ce moment pour regler mille formalites et prevoir la suite du voyage. Ce sera l'objet d'un futur message, celui-ci est deja trop long et nous fuyons dans quelques moments vers la Cote Est de l'ile, voire du pays, plus sauvage, a notre nouvelle image.


PS : Monsieur le Proviseur, Monsieur l'Inspecteur, promis je n'ai pas perdu tout mon français mais je tape désormais sur claver anglais. Les accents me reviendront dès le mois d'août. Si je reviens.

mardi 12 février 2008

Ko Lanta, le temps s'accelere




Qu'en ce 13 fevrier, l'eau ne soit pas trop chaude, le sable pas trop fin, tes enfants pas trop sages (bizarrement je suis assez confiante), ta delicieuse epouse pas trop delicieuse (ce sera dur mais elle fera un effort) et que l'an fini nous soyions toujours reunis.
Ulysse te fera sans doute de grandes declarations d'amour sinceres et des demonstrations de plongeons heroiques. Rachel pourrait bien declamer une de ces verites dont elle a le secret comme ce soir : "C'est complique quand on a 6 yeux parce que quand on louche on voit beaucoup de mains" ou t'ecrire un roman, sa nouvelle lubie. Gaspard pourrait te chanter quelques tortues et meme que tortue. Et moi je serai modestement la premiere au monde a te souhaiter un tres joyeux anniversaire et a reveler a tes admiratrices secretes que pour l'occasion, et accessoirement en raison d'une erreur de manip de ta tondeuse, tu es totalement chauve, mais toujours aussi beau et bronze a la fois.

PS : Notre ligne telephonique francaise semble vouloir rendre l'ame, mais vous pouvez nous joindre ou nous smser sur notre numero thailandais :
06 66 862 768 205
Edit : les deux numeros fonctionnent