Quel régal Bologne !
Après avoir quitté nos premiers copains de route avec qui nous avons passé une excellente soirée à Pavie à refaire le monde avant même de l'avoir examiné et qui nous ont délesté de quelques livres (d'ailleurs, avis aux copains d'Ulysse : il a adoré « Le Royaume de la fantaisie » de Jeronimo Stilton, le premier livre qui pue et qui sent bon, ça devrait en convaincre quelques-uns, merci super Mymy ! Je ne vous parle pas encore de mes lectures puisque pour le moment je descends les derniers polars et best-sellers que j'avais manqués, très reposants mais pas de quoi en faire un roman), nous sommes partis pour Bologne. Le camping est beaucoup moins séduisant que le précédent, mais il est grand et pratique et a une immense piscine. Pour le moment, nous privilégions les camping, d'abord parce que le camping sauvage est interdit, mais surtout parce qu'ainsi nous nous reposons, ne nous posons aucune question, apprenons sereinement à vivre en camping-car, et les enfants profitent de la liberté qu'offrent les installations.
Cette nuit, nous avons essuyé notre première averse (j'adore cette expression ). Après nous êtres endormis avec la clim pour la première fois aussi. Certains savent combien il est bon d'entendre la pluie quand on est bien au chaud sous sa tente... ben là c'est encore mieux. Parce que le matin, après une nuit à ne pas se demander toutes les trois secondes si les sardines vont tenir, si le double-toit aussi, on n'est pas obligé de sortir dans la bouillasse pour essayer de faire chauffer une casserole mouillée sous la tente sans y mettre le feu, puis de faire boire sans qu'ils le renversent, leur petit déjeuner à des enfants surexcités par la situation, pas obligé de tout plier (et le tout en question est trempé) sous la pluie, parce qu'en plus ce ne sont pas ceux qui ont failli mettre le feu à la tente et qui ont renversé leur bol sur les duvets qui vous aident, ils sont bien au chaud dans la voiture eux... Non là la seule question à se poser le matin, en buvant tranquillement son petit déjeuner copieux au chaud et presque dans le calme (parce que qd même la cuisine et la salle à manger ne sont pas loin des chambres...) c'est « qu'est-ce qu'on fait ? ».
Nous avons décidé de ne pas nous priver de Bologne, d'enfiler nos K-Way et de prendre le bus au lieu de nos vélos (youpi!!!). Grand bien nous en a pris (on dit vraiment comme ça en Français ? Scusi, je ne sais plus) il a fait un temps idéal et surtout... quelle ville... C'est somptueux. Les rues sont pavées rouges ocres et charmantes. Les églises sont plus riches et chargées et pleines de peintures de dorures d'anges de détails insolites. Les enfants s'y tiennent d'ailleurs très bien et jouent à repérer les boîtes à reliques, les tombeaux avec ouverture, les momies et autres bondieuseries bizarroides et un peu gores bien à leur goût. Ce qui nous a frappés dans toute cette beauté, c'est la folie de l'homme et sa créativité. Ces églises pleines de trésors, mais aussi ces tours (souvent penchées) élevées par des familles rivales. Cette fontaine de Neptune un peu olé-olé, tellement qu'un temps le dieu avait été affublé d'un pantalon en bronze afin de respecter la bienséance. Cette statue du pape à laquelle on avait vite donné une crosse d'évêque afin que les ennemis ne reconnaissants pas leur cible ne la fondent pas comme les autres effigies du prélat, le rayon de soleil qui à une heure précise traverse la cathédrale dessinant une ligne qui mesure je ne sais quelle proportion absurde et passionnante (genre un 600000ième du périphérique exact de la terre) et qui dessine un coeur, promettant mariage à toute célibataire qui le voit (manque de bol ou blague de l'église : le monument est fermé à l'heure-dite). J'ai adoré une « visitation des mages » admirée à San Stefano, et je pourrais bien, pour l'avoir sous mon sapin, me faire archéologue à la manière de Rachel (« pour ramener des trésors à la maison ») Et puis j'ai été bêtement émue par les monuments aux morts : des murs entiers des portraits de ceux qui sont morts à cause de l'autre versant de la folie des hommes : leur bêtise et leur cruauté. Les listes de noms c'est déjà prenant, mais tous ces visages, ça vous remue réellement les tripes.
Nous avons parcouru des kilomètres, nous sommes aussi régalé les papilles (Nelly, le 15 est chiuso per ferie, et la médiathèque l'était aussi mais merci pour les Sette chiese que nous aurions loupé sans vous), avons même trouvé une connection internet dans une cour somptueuse et silencieuse sur la piazza majore, moment incroyable auquel nous avons vite dû mettre fin car Gaspard se baignait dans les flaques formées par les pavés, que Rachel dessinait sur le sol grâce à l'eau de ces flaques et qu'Ulysse cherchait à trucider les habituellement paisibles pigeons à l'aide de son K-Way.
Les photos sont toujours au même endroit.
Toujours en vrac.
Je vous préviens de suite : elles n'ont pas toutes un intérêt évident et culturel, mais ce blog est aussi un moyen pour nous de conserver nos souvenirs, et de montrer à certaines grand-mères que leurs petits enfants sont toujours beaux et en bonne santé, à défaut d'être toujours sages... D'ailleurs à l'heure où je vous écris, après une partie de cache-cache endiablé dans le camping-car (je vous jure que ça ne leur pose aucun pb, à nous un peu à vrai-dire), Gaspacho est couché et les grands essaient d'accrocher une immense carte de la France au plafond au dessus de leur couchette. Finalement un mélange de nos préoccupations actuelles entre la géographie, les cartes routières et les fresques de Michel Ange et autres splendeurs.
Amis sédentaires, nous pensons à vous et vous embrassons tous !