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samedi 1 septembre 2007

les perles de l'Adriatique



Nous sommes immobilisés à Dubrovnik par les microbes bronchiquo-fiévreux des garçons et les travaux du Toqué en chef (je vous laisse imaginer comme c'est simple les travaux dans un camping-car) qui a enfin trouvé le réservoir d'eau supplémentaire de ses rêves. Du coup nous profitons de tout le confort du lieu avant de commencer un peu l'aventure en Albanie. Et comme le dit Rachel avec les yeux qui brillent : "Alors en ce moment on est un peu croates, on vit en Croatie !".
Je ne vais pas vous faire un immense topo sur Dubrovnik, c'est vrai que c'est splendide, majestueux mais surtout on dirait que ces remparts et cette ville viennent d'être construits tant tout a été conservé. Pourtant il y eu un séisme, pourtant je ne peux même pas vous dire le nombre de peuples qui se sont succédés dans cette ville, ils y sont tous passés, y compris Napoléon, pourtant la ville a connu un siège terrible des Serbes en 91, mais elle est magnifique.
On réalise assez facilement à travers nos visites, et je pense que ce n'est que le début, que l'Histoire est folle. Je ne suis pas du tout historienne et je suis même vraiment vraiment inculte en la matière mais toutes ces guerres, ces peuples incapables de vivre ensemble rassemblés dissociés assemblés reséparés et ces découpages bizarres de territoires (par exemple, nous sommes passés en Bosnie. Si vous regardez une carte de la Croatie, il y a quelques kilomètres de la Côte qui ont été concédés à la Bosnie, donc on passe deux douanes en moins d'un quart d'heure), l'influence du communisme qu'on sent bien chez les gens, dans l'architecture, alors que les arbres sentent la méditerranée et que les cigales chantent très fort, ces côtes superbes défigurées par un tourisme explosif et désordonné...
Bref, une certitude demeure finalement : nous ne sommes pas les seuls toqués au monde !

jeudi 30 août 2007

Seuls au monde


29 août 2007 : Nous voulions le calme et la solitude, nous avons été bien inspirés.
Passant par une route qui m'a donné quelques angoisses, une route incroyable qui grimpe sur la montagne, surplombant la mer, nous sommes allé faire un tour dans le massif du Biokovo, qui s'élève au dessus de l'Adriatique. Un désert de roches. Mais ce qui est fou en Croatie, c'est que même au milieu de nulle-part, on trouve des gens, qui apparaissent, qui arrivent d'on ne sait zoù et repartent au même endroit, des gens dans des voitures de films anciens, sur de petits tracteurs improbables, ou à pieds. De fait, le "nulle-part" n'est jamais loin de la côte.
Nous avions repéré, dans un lieu qu'affectionnent les alpinistes et spéléologues, un "etno-village". Nous sommes arrivés sur le lieu-dit, avons été accueillis par une vraie grand-mère croate en fichu noir et sa fille, ou petite fille, qui ont ouvert le hameau touristique pour nous (la dernière montée nous a valu de belles suées froides et nous avons préféré ne pas nous demander comment nous redescendrions), la saison ne bat pas son plein. Nous nous sommes alors retrouvés au milieu de ces montagnes, à deux pas de la frontière bosniaque, seuls dans un hameau du XVème siècle retapé avec goût, dont on nous a confié les clés, sans rien nous demander de plus (il faut dire que les enfants sont un beau laisser-passer, et que Rachel, se jetant dans les bras de Mama pour l'embrasser, a eu un franc-succès). A notre disposition, ce hameau, les petits musées, lubbie du propriétaire : une reconstitutions d'une maison ancienne, d'un atelier, et même... un musée à la gloire du président Tito... surréaliste !!! Ulysse a trouvé de prime abord le lieu inquiétant et beaucoup trop désert, je ressentais comme lui à la fois de la fascination et un peu d'angoisse, que n'a pas arrangé la poussée de fièvre qu'a décidé de nous faire Gasp à ce moment-là, suivi de près par Ulysse l'ami des foules. Mais pour notre petite sauvage : la révélation, le bonheur absolu. Rachel a de suite pris possession des lieux, elle qui ne nous lâche pas s'agrippant à mes jupes dans la foule et en ville, nous ne l'avons pas beaucoup vue, elle a de suite décrété que vraiment cet endroit calme était le rêve, qu'il y avait trop de bruit d'habitude, qu'on avait eu de la chance de trouver ce lieu. Quand Mama et sa fille sont venues nous offrir des figues, prunes et du raisin, ça a été le summum pour notre gourmande de fruits. Nous avons pu ensuite descendre au village (après des dialogues drôles et des jeux de mimes pour se comprendre) derrière la Mama, habile comme un cabri, pour acheter son pain. Ulysse a fini, comme Rachel, par avoir envie de rester dans ce lieu inhabituel où ils pouvaient jouer librement, y compris dans "l'éco-musée". Et mes angoisses m'ont abandonnée face au plaisir des enfants à notre Rachfolle bouillonnante d'énergie nous offrant mille spectacles et inventant mille jeux, et à cette quiétude rare.
Nous avons tout de même, malgré l'insistance de notre petite brebis, préféré repartir vers Dubrovnik, la perle de l'Adriatique.ve Ac les enfants patraques (que les grand-mères se rassurent il ne s'agit que d'un gros rhume) nous aimons mieux être près d'une grande ville mais sans cela, je crois que nous aurions pu rester un peu sur notre île montagneuse, auprès de ces gens chaleureux et accueillants.
En ce jour de rentrée des classes, nous pensons bien à vous, collègues et copains (et attendons tous les potins par mail) mais n'avons pas pu nous empêcher de décréter que ce serait pour nous un jour férié. Pas d'école exceptionnellement aujourd'hui pour les Toqués !

Voir Split et mourir

28 août 2007
Nous avons eu un coup de foudre pour Split.
Cette ville (ou plutôt la vieille ville) est incroyable.
A l'origine, l'Empereur Dioclétien, s'est construit dans ce petit port un petit palais de 38500m2, en 295 ap JC, afin d'y prendre sa retraite, puisqu'il était natif d'une ville non loin de là. Fait exceptionnel d'ailleurs puisque la plupart des Empereurs romains finissaient, normalement, assassinés. Le palais a ensuite servi de camp militaire aux divers barbares qui sont passés par là. Mais surtout, après la destruction de leur ville par des hordes d'Avars (me demandez pas qui c'était mais ils avaient pas l'air très gentil), les habitants de Salona, rivale de Split, sont venus se réfugier dans ce palais. Ils l'ont bonnement et simplement squatté, se construisant leurs habitations à l'intérieur.
Mais c'est là qu'a commencé la magie : tous ceux qui ont ensuite vécu dans cette ville de squatteurs n'ont pas démoli les vestiges du palais et des civilisations précédentes ! De vrais gens civilisés en somme. Ils ont utilisé les bâtiments qui existaient, les voûtes, les colonnes, les sols, et ont ajouté leurs édifices et ce, jusqu'à aujourd'hui ! Je vous jure que c'est magique à voir... une ville dans un palais qui laisse apparaître toutes les strates de l'histoire de la ville (et dieu sait que ce pays en a subi des influences des invasions), toutes les architectures, les rues sont pavées des sols superbes du palais, dans les sous-bassements, utilisés longtemps comme dépotoirs, ce sont des boutiques, on déjeune dans des ruines antiques, on prend le café face à un sphinx d'origine, dans le péristyle du palais et devant une cathédrale construite sur le mausolée de l'Empereur. Ironie que j'adore d'ailleurs : cet empereur a été célèbre surtout pour le zèle qu'il a mis dans la persécution des chrétiens. Et la cathédrale construite sur son tombeau, célèbre deux martyrs qui ont péri sous son règne.
C'est indescriptible.
Voir Split ne donne pas envie de mourir, mais bel et bien d'y revenir.
Nous avons également fait, juste avant, un tour par la charmante Trogir qui du coup semble un peu évincée. Nous avons trouvé une place de camping sympathique chez l'habitant, les pieds dans l'eau, mais nous nous échappons un peu vers les montagnes car la côte et son tourisme de masse, auquel, veinards que nous sommes, nous ne sommes pas du tout rompus; nous fatigue. Même si ça fait partie du voyage et des découvertes.
Les enfants, eux, sont toujours heureux. Gaspard d'autant plus qu'on prend le bus (souvenez-vous de ses trois passions : bateau, bus, oiseaux). Rachel d'autant plus qu'elle a vue sur la mer et qu'elle passe son temps à espionner le voisinage, le soir, avec ses jumelles depuis sa tour de contrôle. Ulysse... parce qu'il est toujours heureux, tel le bon toqué de base.

Enfin, si un jour vous devez m'offrir une ville, n'hésitez pas, c'est Split qu'il me faut.

Photos toujours ici

dimanche 26 août 2007

les joies informatiques du voyage

Les nouveaux articles sont plus bas : allez voir !

Nath de B.

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Je vous avais ecrit des tartines et je ne parviens pas a les copier ici
Vous patienterez donc mais pourrez en attendant voir quelques photos
et si je vous dis . čćsdfsdf đžđšćđ vous devinez ou, pas d´accent possible, nous sommes ?

bises a tous

TT

jeudi 23 août 2007

Ma vie, cet enfer



Les photos sont toujours au même endroit.

Jeudi 25 nous avons filé en Slovénie.

Enfin, filé, façon de parler.
Il nous fallait un réservoir d'eau supplémentaire, que nous espérons trouver dans une Marina. Donc nous avons fait quelques marinas, sans succès. Et sous la pluie (la chance nous sourit nous avons eu un jour de beau temps pour visiter Venise, juste entre deux jours de pluie continue). Et dans les embouteillages. Heureusement que nous avons une année devant nous et donc une réserve de patience toute nouvelle et bien appréciable.
En approchant de la Slovénie, le paysage change tout à coup. Devient rocailleux, montagneux et il faut dire que cette arrivée sous la pluie était magnifique : la route longe l'Adriatique (à ce sujet nous avons un débat, mon mari persistant à me dire que l'Adriatique n'est qu'une partie de la Mediterranée, vrai ou faux ?), à gauche la falaise, à droite l'Adriatique, plate, grise. Christophe a vu des pingouins, nous avons décidé de le croire et un moment nous nous sommes demandés si, comme Zigomar, nous ne nous étions pas un peu trompé de continent...
Nous voulions nous installer sauvagement dans un village... impossible, en tout cas sur notre route, les 40 kms de littoral Slovène entre l'Italie et la Croatie. Les villes sont organisées en parkings payants archi-contrôlés. Nous avons fini dans un camping, pas du tout du tout adapté à la pluie sur un terrain qui s'était transformé en gigantesque bourbier... dans lequel nous nous sommes embourbés. Nous nous sommes donc retrouvés en pleine nuit, avec des enfants affamés et peinturlurés (Rachel refuse d'arrêter de se dessiner dessus, c'est très beau et tribal mais impossible de lui faire comprendre que le dessin corporel n'est pas au programme de CP, et donc son petit frère l'imite très sérieusement), embourbés dans un terrain en pente, terrain non éclairé, et vous vous doutez que vu l'ensoleillement du jour, nos panneaux solaires n'avaient pas vraiment rechargé nos batteries. Vous imaginez l'état de nos chaussures, de nos pieds, de nos fesses (ça glisse beaucoup la boue) Heureusement il est toujours possible d'abandonner se velléités écolos pour un peu d'électricité nucléaire. Heureusement les télétubbies sont là et ont pu faire patienter l'impatient. Heureusement nous sommes en vacances pour longtemps et la boue, ça se nettoie. Et puis un vent d'Est soufflait sur ce lieu, qui ressemblait un peu à un camping russe ou à l'idée qu'on peut s'en faire.
Et surtout heureusement, le lendemain matin, tout avait déjà bien séché et en un tour de roue, notre super chauffeur nous a tirés de ce mauvais pas.
Et nous avons filé vers le soleil de Croatie.
Premier pays dont nous ne comprenons pas la langue, dont l'alphabet comporte des lettres rigolotes, premier pays inconnu pour nous. Un pays qui était encore en guerre il y a peu, dont les maisons portent encore les marques des balles, dont les paysages laeissent paraître quelques ruines, mais un pays qui a connu un développement fou, avec des autoroutes toutes neuves, des tunnels brillants comme des sapins de Noël, et un pays organisé depuis quelques années pour le tourisme. Un pays méditerranéen dont les habitants nous semblent plutôt slaves. D'ailleurs, c'est bien la première fois que j'utilise autant mon allemand, et les enfants sont béats d'admiration face à mon anglais ォ et surtout quel super accent tu as maman ! サ... je sais vraiment pourquoi je les ai faits ceux-là finalement. Du coup ils sont très avides d'apprendre, à la fois l'anglais, mais aussi tout ce qu'ils peuvent dans la langue du pays. Et y'a pas à dire... ils sont bien plus doués que nous !
En Croatie, j'ai pu faire preuve de mon sens de la géographie et de la cartographie. J'avais étudié les guides et les cartes, et repéré notre itinéraire et un camping idéal pour nous, tranquille, en retrait de la Côte dalmatienne et de sa foule. Mais nous avons mis environ deux heures de plus que nécessaire pour y parvenir par un tour de magie dont moi seule ai le secret (voir notre itinéraire sur la photo, mon mari a gentiment noté notre boucle – d'ailleurs à ce propos, il manque notre première étape sur cette photo, que nous appellerons étape zéro).
Mais finalement nous avons pu admirer des paysages incroyables. Des déserts de roches, puis la côte Croate et ses îles. On comprend facilement le succès de ce pays.
Et nous avons trouvé un camping idéal : à quelques kilomètres de la mer, au bord d'un immense lac, dans une réserve naturelle. Camping pépère de pêcheurs, papis et petites familles... allemandes et croates. Parfait. Nous nous sommes équipés d'une canne à pêche (pas pour moi, je suis devenue patiente mais pas fêlée !), de chaussures pour se baigner (les plages ne sont pas de sable fin), d'une nouvelle selle de vélo moelleuse pour moi, je vais réviser la géo avec Ulysse et nous allons passer quelques jours dans le coin.
Le matin, depuis la fenêtre de notre capucine, une fois que toute la troupe nous a rejoints nous pouvons admirer les oiseaux avant d'admirer les bateaux, Gaspard est heureux. Ulysse et Rachel adorent m'accompagner dans mes supers activités : la vaiselle, lessive à la main, ils n'en reviennent pas et trouvent ça merveilleux. (Mes co-lessiveuses allemandes et pas très drôles ni causantes de plus de 60 ans aussi quand elles voient ma technique d'essorage : j'essore le linge sur mes épaules et sur ma tête. Ben oui, quand il fait plus de 30 degrés, je vais pas gâcher !)
Nous allons décoller de plus en plus tôt le matin parce que la vraie chaleur est là. Et nous calfeutrer à l'intérieur le soir de plus en plus tôt aussi parce que la nuit tombe vite et que les moustiques nous aiment beaucoup.
La vie est toujours douce. Notre Rachouille (qui, en passant soit-dit pour ses intimes, a troqué son collier porte-bonheur qu'elle n'avait pas enlevé depuis deux ans, pour un joli pendentif vénitien) dit déjà ォ la maison サ pour le camping-car. L'école se fait généralement un peu le matin après le petit déj. Puis un peu le soir, et aussi, pour ce qui est lecture et maths, en route. Un seul problème avec Rachel : elle est convaincue que tous ses exercices de maths (trucs à relier etc) aboutissent à un dessin. Elle se dépêche de les faire pour découvrir le dessin, et je vous promets qu'elle en découvre un à chaque fois : ォ tiens c'est un bateau, oh non un loup allez, je lui fais le nez サ, ォ ce coup-ci c'est un tee-shirt ! サ. Et certains exercices peuvent prendre du temps : quand il s'agit de colorier le bon nombre d'oeufs et qu'elle les décore de toutes les couleurs avec des frises incroyables comme des oeufs de pâques allemands, et qu'il s'agit d'en colorier 11, forcément... Mais elle découvre beaucoup de choses : hier soir, rentrant du restaurant où nous avions dîné en amoureux (les enfants jouant dans le parc juste sous notre nez, mais Ulysse trouve qu'on abuse des dîners en amoureux...), nous admirions la lune se reflétant dans le lac, et Rachel s'est exclamée : ォ Oh ! Ici en Croatie elle est ronde la lune ! サ
Nous comptons passer une quinzaine de jours en Croatie, essentiellement en Dalmatie, alternant repos, baignades, visites, randos. Nous continuons à nous rôder nous équiper et à profiter de ce que nous n'avions pas eu depuis des années : plusieurs semaines de vacances d'affilée tous ensemble.

Bon j'avoue ?
J'avoue.
Je l'ai quand même fait mon cauchemar terrible concernant le boulot, une réunion à laquelle je devais absolument participer, une culpabilité affreuse et l'angoisse de ne pouvoir y être... mais j'avoue aussi que le réveil et le retour à la réalité a été merveilleux !