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mardi 16 octobre 2007

Quand la Toque prend le voile

Le jour de la Sainte Thérèse en plus...
(NdT: TT a rédigé ce message hier mais je ne l'ai reçu qu'aujourd'hui)

En bref : à peine arrivés à Tabriz, après un passage de frontière un peu
étonnant, nous avons déjà plusieurs amis iraniens dont l'hospitalité
ferait passer les turcs pour des goujats, (nous rencontrons aussi
d'autres voyageurs motorisés avec qui nous traverserons en convoi le Sud
du pays et le Pakistan, nous vous reparlerons de cet aspect des choses),
nous avons déjà fait le plein de diesel pour le prix de quelques
carambars, nos enfants sont déjà en photo sur la plupart des téléphones
portables des jeunes et moins jeunes de Tabriz, nous devons refuser la
plupart des invitations à prendre le thé ou manger tellement elles sont
nombreuses, nous payons en dizaine de milliers de rials, nous nous
aguerrissons dans l'art de refuser fermement de donner des bakchichs ou
de payer les choses deux voire dix fois le prix pratiqué, j'apprends à
ne plus tendre la main aux hommes et à ne pas me vexer s'ils parlent
uniquement à mon cher époux, quitte à le questionner à mon sujet en ma
présence, et je savoure plus que jamais ma chance et celle de ma fille.
A peine deux jours que nous sommes en Iran et j'aurais tant à vous dire.
Je vous le dirai plus tard.
Je veux tout de même, parce que oui, j'en vois qui rigolent dans les
rangs, vous rassurer : notez d'abord la version "Barbie-girl" de mon
Tchador. Ce n'était pas volontaire, et ça a valu de franches rigolades à
Ulysse de me voir, toute rose parmi ces marées noires de femmes. Rachel
m'a suggéré de me mettre une culotte noire sur la tête. Ulysse se dit
qu'il vaut mieux que je mette des chaussettes roses pour assortir le
tout quand je me déchausserai, et moi de toute façon, je me dis que vu
qu'entre notre camping-car nos enfant et nos allures nous ne passons pas
inaperçus et sommes au centre des regards, autant ne pas décevoir nos
spectateurs.

Et surtout, qu'on se le dise : je demeure une femme libre et une
féministe convaincue : JE SUIS TOTALEMENT NUE SOUS MON VOILE ET MES
VETEMENTS !

PS : pour les photos il faudra attendre, les connections sont lentes

samedi 13 octobre 2007

Du sucre pour les Toqués

J'aurais pu vous raconter le Nemrut Dagi, son ascension vertigineuse... et foireuse pour notre camping-car en surcharge, sa splendeur, notre descente vers l'Euphrate et sous la pluie, le passage sur le bac, nos traversées de passages désertiques, la gentillesse et la beauté et la pauvreté des Kurdes, notre visite émouvante d'Hasankeyf, merveilleuse vallée qui a abrité des dizaines de civilisations et qui voit là sa dernière puisque toute la ville, la vallée et ce site seront engloutis en 2010 par les eaux du barrage pharaonique que construit l'Etat, j'aurais pu vous raconter la mine réjouie de Gaspard venu me chercher en courant pour me montrer le " mignon nâne" de la maison qui nous accueillait, son frère et sa soeur se chargeant de son éducation animalière, et mes trois citadins toqués plantés tout attendris... devant un mignon veau. J'aurais pu vous raconter notre arrivée foireuse dans la nuit et sous la pluie au bord du lac de Van, et notre journée foireuse le lendemain sur ses rives qui nous ont poussés à pousser jusqu'à Dogubayazit (parce que faut pas pousser quand même !), les rencontres sympas qu'on y a fait dès notre arrivée et cette communication géniale que nous commençons tous à maîtriser entre gestes-anglais-allemand-français-dessins-turque, j'aurais pu vous raconter nos hauts et nos bas, parce que nous passons du maillot de bain à la laine polaire et que rarement ces derniers temps nous sommes descendus en dessous de 1000m d'altitude et que nous sommes ce soir à plus de 2000 mais non. Je ne dirai rien de tout cela. Je vous raconterai juste nos premiers contrôles militaires.
Fin du Ramadan en Turquie : c'est la fête du sucre. Les magasins se remplissent de sucreries, de pâtisseries, les gens s'habillent de neuf, tout est férié et fermé pendant plusieurs jours (maman t'inquiète pas : on était prévenus on a fait des réserves). Et partout, les rues et routes fourmillent d'enfants endimanchés (et si jusque là nous nous demandions où étaient les enfants turcs, nous en avons désormais la réponse : dans l'Est) qui passent dans les maisons pour récolter des sucreries. Or nous sommes au Kurdistan, comme nous le rappellent certains de nos hôtes, région à l'histoire houleuse et douloureuse, proche de l'Iran qui plus est. Donc nous commençons à nous familiariser avec les chars en bord de route, les militaires en arme postés très régulièrement sur la route, et les contrôles très fréquents... pour les autres du moins.
Et aujourd'hui, notre premier contrôle. Des militaires assez impressionnants nous arrêtent. On ouvre la fenêtre, ils brandissent un flacon, nous demandent de tendre les mains, nous sommes étonnés mais obtempérons gentiment, et ils nous les aspergent de ce qui se révèlent être... du parfum. Ils nous font signe de nous frotter les mains, on le fait. On montre nos papiers, puis le chef qui avait l'air de s'ennuyer vient visiter le camping-car. Il renonce à la fouille, bavarde avec les enfants puis nous laisse partir.
Bon.
On sent un peu la cocotte, on est un peu estomaqués mais on rigole bien.
Après avoir passé plusieurs barrages sans avoir à nous arrêter, de nouveau, dans ces paysages désertiques, arides, rocailleux étranges, des militaires armés jusqu'au dents (et il faut voir les barrages avec sacs de sable, chars pointés sur nous - comme dit Rachel : "mais je savais pas que ça existait encore moi les chars !" -) nous barrent la route. Ils mettent un plot devant le camping-car, on se dit que ce coup-ci, on ne va pas échapper au contrôle complet.
On ouvre la fenêtre. Ils nous tendent un flacon, tout sourire. Ce coup-ci on sait à quoi s'attendre : une bonne rasade de parfum sur les mains (et les jambes et le sol), on remercie on se frotte les mains, on s'apprête à fournir nos papiers, et là, ils nous tendent une boîte... de bonbons !
Et c'est fini !

Encore un paradoxe admirable de ce pays qui est décidément fait pour les toqués !

PS : Demain (samedi), soirée rugby au restau du camping pour faire plaisir à Ulysse et Christophe, ce qui nous permettra de finir nos bières parce que lundi nous entrons en Iran.

PS' : Les photos arrivent !

dimanche 7 octobre 2007

Le roi des Toqués


Certains sont amoureux des chefs d'oeuvre de la nature.

Moi c'est plutôt de ceux des hommes. La Nature chais pas qui c'est, et si c'est Dieu, il ne lui a fallu qu'une petite semaine pour tout créer, pas lourd à côté des cathédrales et de toutes les folies que les hommes lui ont ensuite érigées.


Mais forcément, quand la nature et les hommes s'allient pour former un lieu tel que les trois vallées de Zelve alors là... là je m'incline. Face à la Nature, Dieu, les Hommes, le mélange du hasard et du génie, des cataclysmes, des guerres et de l'art et la vie.

Dans ces falaises abruptes et ces pics incroyables forgées par la pierre volcanique, on dit que se sont créés les premiers monastères et ça me plaît de le croire. Dès le IXème siècle. Des générations ont vécu là, creusant tout simplement de nouvelles pièces lorsque la famille s'agrandissait, aménageant sans cesse des passages entre les vallées, des escaliers, des tunnels, et même un monde souterrain invisitable, bâtissant des églises, les cachant, les transformant en mosquées. Et ce n'est qu'en 1952 que le site a cessé d'être habité.

Il en reste un lieu incroyable, aussi bien pour les adultes, découvrant des restes de peintures, d'églises, de vie, que pour les enfants se croyant dans Indiana-Jones (ndlr : sans Harrison malheureusement), puisqu'il faut s'enfoncer dans des petits passages très sombres, chercher les passages dans la roche, escalader, glisser, grimper, sauter, explorer.

Le seul souci c'est que lorsque la nature et les hommes s'allient, ce genre de lieu s'abîme aussi, la pierre s'effondre, le site n'est pas totalement bien conservé ni protégé, aucune oeuvre n'est immortelle.


Mon oeuvre du jour à moi c'est mon Gaspard qui a deux ans et la vie belle. Ce genre d'oeuvre aussi tient un peu d'une alchimie miraculeuse... surtout à l'heure de la sieste. Et ce sont vraiment celles que je préfère (ce genre d'oeuvre. Et l'heure de la sieste.)

Joyeux anniversaire notre petit roi voyageur !


samedi 6 octobre 2007

vendredi 5 octobre 2007

Les mille ruses des Toqués


Juste pour vous mettre l'eau à la bouche.
Parce que ce soir je suis quand même vachement plus fière qu'il y a 8 ans.
Parce qu'on leur a juste dit qu'il fallait qu'ils se couchent tôt et sans broncher parce que demain, anniversaire de notre Ulysse, on a une surprise pour leurs trois anniversaires (6, 7 et 25 octobre pour les non-initiés).
Parce que le plaisir commence dans le fait qu'il faut se lever à 5h30.
Parce que notre plaisir à nous c'est d'entendre Rachel s'exclamer "Oh mais c'est la première fois de notre vie qu'on se lève à l'heure de la prière du matin !".
Et qu'ils dorment comme des anges...

jeudi 4 octobre 2007

Les Toqués au pays des fées



En Turquie nous avons rencontré des anges-gardiens, de bons génies, et nous les remercions tous nos amis d'Ankara, de Demet à nos copains du cybercafé pour nous avoir permis de passer un si bon séjour au sein de leur ville.
Mais nous nous sommes résolus à reprendre la route pour le pays des fées.
Nous ne savions pas à quoi nous attendre... quel choc quel estourbibahibéatespédilicieusétonnement !
Les enfants n'en reviennent pas qu'un tel paysage existe, Ulysse dans les églises rupestres imagine des sociétés secrètes et mille ruses, Rachel se régale tranquillement de ce pays des merveilles (et elle a pu mettre ses pas dans ceux du Christ : dans l'église dite de la sandale, portant la trace de la semelle du Christ lui-même oui Messieurs-Dames, le gardien, pas super à cheval sur les mesures de conservation des sites, a pris Rachel pour la poser sur cette trace, et nous avons un scoop... le Christ était sans aucun doute une fillette de presque 6 ans, la taille concorde !!!), Gaspard peut courir partout et nous enquiquiner comme il aime le faire en ce moment (mais le jour des 2 ans ça passe je crois hein?) Christophe qui est plongé dans l'univers des premiers chrétiens par ses lectures se régale d'autant plus et moi je suis un peu comme Ulysse : j'aimerais bien m'installer quelques temps dans ce lieu merveilleux et y inviter tous nos amis.
Encore un beau mois d'octobre qui se prépare pour les Toqués...
D'ailleurs, si vous souhaitez joindre Ulysse samedi ou Gaspard dimanche, ne nous téléphonez pas, nous ne pourrons répondre. Mais nous serons joignables sur Skype en fin de journée ou milieu et nous aurons les mails. Mais nous avons des projets top secrets dont je ne peux vous parler pour le moment. Je crois que l'anniversaire des petits toqués sera vraiment inoubliable cette année...
PS : J'ai fait un effort de concision mais les photos sont trrrrrrrès nombreuses
PPS : Bienvenue à Jérémie, notre nouveau cousin pas toqué mais un peu concon et gros bisous à ses parents et sa grande soeur jolie.

lundi 1 octobre 2007

Le dimanche à Ankara


Le dimanche à Ankara, c'est journée à la maison pour les Toqués. Journée un peu forcée à la maison puisque notre parking préféré est fermé le dimanche mais que nous avons eu l'autorisation d'y rester. Nous aurions pu nous en échapper, nous avons pu, cette semaine, observer à loisir les lycéens passant par dessus les grilles pour aller fumer en douce (et attention car les profs sont en alternance de permanence pour surveiller le parking et le jardin) mais l'idée d'une journée sans bouger nous plaisait assez. Donc après un appel particulièrement enjoué du Muezzin (je pense que le dimanche il dit quelque chose du genre : youpi c'est dimanche, youpi on travaille pas, prions avec enthousiasme, parce que nous qui ne l'entendions plus, il nous a surpris au petit matin) nous avons traîné bouquiné travaillé rangé bricolé nous nous sommes offert un apéro de roi, les enfant se sont inventé des mondes fantastiques où les parkings cotoient les mosquées, où les piscines ont des panneaux solaires, où les Winx à moitié nues gardent des zoos étrangement peuplés. Et entre deux nouvelles étagères et deux pages de Michel Tournier et de son histoire des rois-mages qui le passionnent, notre chauffeur préféré faisait tourner notre camping-car au gré du soleil. Car nous étions très bien placés ces derniers jours. Totalement à l'ombre, ne souffrant jamais de la chaleur (diurne parce que la nuit il fait froid) mais... mais nous nous sommes retrouvés quasiment sans électricité. Nous prenons l'habitude d'ailleurs aussi de gérer nos ressources en la matière, faisons vrombir nos lampes-dynamo et nous offrons des dîners et soirées aux chandelles. C'est d'ailleurs très reposant de vivre dans la pénombre, on parle doucement (sisi je vous jure même nous !) on se couche plus tôt.

Et moi j'en profite pour répondre à certaines de vos interrogations sur notre vie quotidienne.

Elle est particulière et très changeante.

Mais une constante demeure : les préoccupations ménagères et vitales : trouver de l'eau, avoir suffisamment d'électricité, de carburant, d'eau potable, de nourriture, laver le linge, parce que toutes ces choses qui sont si faciles et qui vont de soi habituellement, sont à réinventer quasiment chaque jour. La principale étant de trouver un endroit sûr, agréable pour dormir. Et si possible un endroit un peu discret parce que nous ne passons pas inaperçus, ni par notre véhicule, ni par nos apparences. Il est d'ailleurs fort étrange de se retrouver dans la peau de "l'étranger". On a beau faire tout ce qu'on peut pour ne pas trop détonner, visiblement nous surprenons. Et sommes surpris de surprendre. Même si la surprise est bienveillante.

Niveau nourriture ce sont des expériences souvent intéressantes, parfois franchement comiques. Nous avons des litres de yaourt dans le frigo, c'est en le servant en biberon aux enfants avec du Nesquik, que nous avons compris que ce n'était pas du lait. Enfin... que les grands nous ont dit que ce n'était pas du lait parce que Gaspard a tout bu sans rien dire. Au resto, nous ne savons pas souvent ce que nous commandons, c'est un peu la surprise à chaque fois, même si nous commençons à savoir gérer l'affaire.

Pour l'eau, on trouve régulièrement de bonnes volontés pour nous donner en donner mais c'est à chaque fois une opération différente, souvent comique là aussi. L'eau qu'on prend à des robinets de source n'a aucune pression, il faut un temps fou pour remplir notre réservoir et on se retrouve planté au milieu de la cambrousse avec trois vieux qui s'installent pour nous observer et commenter et nous nous sourions bêtement pendant d'interminables minutes. Il y a quelques jours, à Ankara, j'ai eu l'autorisation d'aller, à travers les grilles d'une fenêtre, brancher notre tuyau à un robinet de la cantine (ici personne ne mange sans aller se laver les mains avant ), Xtophe à l'autre bout gérait le réservoir. Je ne pouvais pas crier, ne voulant ameuter tous les employés et me voulant un peu discrète. Mais lorsque la pression est devenue trop forte que toute l'eau a jailli innondant toute la salle et me trempant de la tête aux pieds, je me suis doutée qu'il y avait un problème : effectivement, mon cher et tendre, mort de rire quand il m'a vue, avait oublié d'ouvrir la vanne de son côté...

Et puis il nous faut vider aussi nos eaux usées et notre boîte à caca. Mon homme est devenu expert pour trouver les égoûts, buissons cachés, et il ère discrètement la nuit, dans le vaste monde, sa cassette malodorante à la main. Ce n'est que du naturel puisque nous avons fait installer un système spécial (pour les détails techniques s'adresser au responsable technique de notre expédition) pour ne pas polluer davantage la terre entière.

Et il y a l'école. Pour l'instant nous navigons à vue. Nous tâchons de faire travailler les enfants tous les jours. Généralement, leur petit déjeuner avalé, ils se mettent au boulot tandis que Xtophe bricole bidouille ou promène avec Gaspard, où qu'on le colle devant un dvd et que je m'active à ranger la maison tout en bossant avec eux. Il y a des jours où c'est carrément improductif (fou le temps que peut mettre une enfant de 6 ans un peu rêveuse à se mettre au boulot-et je me coiffe et je taille mon crayon et je me gratte le nez et je colorie le cahier et je regarde par la fenêtre... fou ce que l'habitude du marchandage se prend vite à 8 ans et dans tous les domaines : "tu m'avais dit de faire l'exercice 6 mais regarde, c'est quasiment le même que le 4 alors j'ai fait le 18, ça revient au même hein ?". En revanche quel bonheur de voir Ulysse reconnaître les cultures en plateaux, de pouvoir lui montrer la préhistoire qu'il a étudiée dans le musée d'Ankara, de revoir la naissance de l'Islam avec lui dans son manuel ! Rachel lit très très bien, donc nous l'y encourageons, et j'insiste sur l'écriture. Ulysse aime toujours autant ça, nous avons pu recharger un peu nos réserves de bouquins, mais nous vous mettrons bientôt à contribution je crois (dès que nous aurons eu notre première expérience de poste restante) Je tâche d'être plus présente pour le français et surtout l'orthographe, mais il fait ses maths entièrement seul. Nous l'aidons juste en ce moment à apprendre ses tables de multiplications. Nous avançons tranquillement à raison d'une heure par jour je pense. Difficile à évaluer. Et puis je n'ai pas de références de leur âge. Je ne m'inquiète pas, je crois qu'ils apprennent beaucoup. On a quelques moments d'énervement, j'ai environ zéro patience, ça ne me passionne pas j'avoue, surtout quand il s'agit de maths, alors régulièrement on prend tous de bonnes résolutions et on repart. Mais ils gagnent beaucoup en autonomie et moi j'apprends un peu plus sur l'apprentissage et on rigole beaucoup il faut le dire...

D'ailleurs les enfants tant qu'on en parle, sont totalement épanouis. Pas une seconde de cafard. Il faut avouer aussi que les mails et mots des amis leurs sont précieux. la liberté, la découverte, la nouveauté, le tout en famille, c'est le rêve pour eux. Ils mangent comme dix, dorment comme des loirs (comment aurait fait notre Rachouille en cp elle qui s'offre de méga siestes), marchent comme des champions, parce que qu'est-ce qu'on marche ! Ils retrouvent quelques joies simples dans leurs jeux et consolident leurs liens. Babar les fait mourir de rire, les exploite, les embête, les caline, c'est sans nul doute le grand gagnant de cette aventure. Parfois, comme le soir où on l'a prise dans le 4x4 des baroudeurs lyonnais sur le retour, pour la ramener au camping-car à la fin de notre apéro olympique, Rachel demande : "on est où déjà ?". Il faut dire que c'est une question que je me pose parfois aussi au réveil.

Et puis autre routine : le soir, l'équipe de direction des Toqués décide de la suite des évènements. Sous l'oreille attentive, indiscrète et très peu souvent muette, de ceux qui sont censés dormir derrière leur rideau. On étudie les guides, les plans, les cartes, les agendas, les documents. On pèse on évalue on imagine, on fait en fonction de certains impératifs de nos envies de nos besoins en repos, lessives, eau, école, temps calme ou changement. Dans l'ensemble on alterne des périodes où on roule pas mal et d'autres où, trouvant un endroit sympa, comme ici, on s'encroûte un peu.

Et puis on alterne aussi le tourisme classique : visite des grands lieux culturels historiques avec ce qu'on n'a pas le temps de faire en temps normal : vivre dans la ville, y faire des rencontres, nos courses, y traîner, et ça c'est totalement nouveau pour nous. D'ailleurs quand j'y pense c'est drôle : ce voyage montre bien notre caractère profondément citadin : c'est dans les grandes villes pour le moment que nous serons restés le plus longtemps que nous aurons été le plus à l'aise que nous aurons goûté le mieux à la vie locale.

Les Toqués aiment la ville, sa richesse, son activité, sa folie en somme.

En somme notre vie est certes assez trépidante mais une certaine routine s'est installée, bien agréable, et le fait de voyager avec notre maison était à coup sûr un bon choix, qui nous convient parfaitement même s'il nous impose certaines contraintes, notamment par sa taille (et nous ne sommes pas au bout de nos peines) mais c'est notre refuge, notre repère, nous y sommes très bien installés et chacun y trouve son compte.

Ainsi va la vie des Toqués après presque deux mois de voyage.

J'ai profité aussi de ce dimanche pour commencer un petit tableau à ma sauce (c'est à dire donc qu'il n'a rien d'un tableau) à l'intention des voyageurs qui tomberaient sur notre site en faisant des recherches. J'avoue que si j'aime me régaler du récit des autres, ce sont leurs infos pratiques surtout qui nous intéressent. Donc vous trouverez ci-joint (si j'y parviens sinon je le mettrai en ligne une autre fois) un lien, à partir de la Turquie de nos bons et mauvais plans.