L'essentiel est prêt. Les médocs, les vêtements, les livres, les outils, les papiers sont en place, reste à charger la nourriture, à faire quelques bidouilles informatiques, à récupérer un réservoir d'eau (ça "on" vient de me l'annoncer)et on pourra mettre les voiles.
On a dit au-revoir à tous les amis (la dernière vient de partir). Certains seront là pour agiter des mouchoirs demain.
Amatxi a été très forte et nous a fait un repas de rois. Mamie est là, qui a fait l'aller-retour pour l'occasion.
Les grands étaient patraques ce soir... en fait inquiets pour leurs grands-parents, surtout notre grand si sensible. Ils ont été rassurés par notre sermon version "nos enfants ne sont pas nos enfants et quand vous vous partirez etc etc etc..." Du coup, rentrés à la maison c'était l'excitation : "demain c'est le grand jour" répété en boucle. Quand ils ont entamé "Staying alive" en sautant sur les lits les autorités ont tout de même mis fin à l'agitation se rappelant intérieurement le sermon, rassurant pour nous aussi parfois : "nos enfants ne sont pas nos enfants etc etc etc...".
Mais ce qui est fou dans cette histoire, c'est que nous, on a encore une semaine en France, et un bon mois en Europe ! Et pour le moment on veut dormir, lire, dormir et dormir. Et lire. Et dormir.
Et demain soir, si tout va bien, nous serons probablement... du côté d'Agen !
Bonne nuit à tous... Jour J, nous voilà !
vendredi 10 août 2007
mardi 7 août 2007
J-3
Bon.
Il nous reste juste un milliard de choses à faire.
Les enfants ont décidé de tester nos compétences de voyageurs et s'offrent une tourista pré-odyssesque.
Certains de leurs réveils nocturnes sont sans doute liés aussi au départ, les miens le sont tous.
Nos armoires sont quasiment vides, la maison n'a jamais été aussi bien rangée, le moindre tiroir a été passé au Pliz, la moindre trousse a été lessivée.
Nous envisageons de créer un audio-guide pour notre camping-car qui reçoit des tonnes de visites.
Le Jedi a mis la clé sous la porte de son entreprise.
Nous allons bientôt laisser celles de notre maison.
Si tout se passe bien, nous recevons nos derniers vaccins mercredi, notre dernier document important jeudi et nous pouvons partir comme prévu vendredi dans la matinée, direction l'Italie, via le tunnel de Fréjus. A nous les Nationales, les petites routes pour nous offrir quelques jours de rôdage et de repos. Quelques jours... ou une année plutôt ! Sauf pour les enfants qui prennent le chemin des vacoles dès vendredi...
Vous nous manquez déjà un peu mais nous n'avons jamais été si impatients de partir !
mardi 31 juillet 2007
MERCI

J-10
Ce qui me touche le plus finalement dans les préparatifs de ce voyage ce sont les attentions et l'aide de tous ceux que nous aimons et qui nous aiment.
Merci à vous tous pour votre participation et votre soutien.
Merci aux collègues et amis du Jedi qui lui ont offert des jumelles dans lesquelles je vais devoir apprendre à regarder, une douche solaire (ça se trouve dans le Nord ?), un sac à dos super MacGyver de compétition, et surtout merci à vous d'avoir accepté de me rendre mon mari.
Merci à tous nos amis et notre famille qui nous ont couverts de cadeaux ce week-end à l'occasion du baptême de notre roi sage Gaspard. Merci pour les surprises, le classeur de voyage, oeuvre indescriptible pleine de jeux personnalisés, d'épreuves, de clins d'oeils, l'agenda perpétuel et universel et le trombinoscope de voyage. Merci pour les tee-shirts avec photos des amis (le Jedi semble assez heureux d'avoir les copines de l'école sur ma nuisette...), pour notre bibliothèque itinérante, la trousse de secours et la trousse de greluche-globe-trotteuse. Merci à nos sponsors médicaux et médicamenteux. Merci aux maîtresses-amies et aux amies-maîtresses qui m'ont offert des livres de classe. Merci aux amis-bandits qui nous ont fourni des vidéos en pagaille. Merci à ceux qui permettent à notre facteur de nous porter des colis quotidiennement et de se tenir informé de l'avancée des préparatifs.
Et surtout surtout un immense merci à ma jolie-maman qui compte les jours jusqu'à notre retour et à ma maman qui refuse encore de parler de notre départ (qui sait... peut-être nous lit-elle en cachette), qui malgré leurs réticences nous soutiennent, et sans l'aide desquelles nous n'aurions pas pu partir.
Allez, Monique, Maman, courage, au pire : J-365 avant notre retour !
mercredi 25 juillet 2007
Insomnie
Vaccins, médocs, carte de santé, assurance, voiture, rangements, papiers, banque, musique, manuels scolaires, livres, rangements, maillots, anti-moustiques, chapeaux, chaussures, vélos, papiers, rangements, ordinateurs, cartes, crème solaire, guides, rangements, trousse de secours, caisse à outils, mp3, MGEN, AVI, EN, URSSAF, CPAM, EDG GDF, CAF, SFR, PTT, rangements, papiers, jouets, jeux, carnets d'adresse, procurations, impôts, rangements, dessins animés, feutres, colle, ciseaux, trousses, savons, serviettes, draps, moustiquaires, tongs, biafine, rangements, appareil photo, panneaux solaires, douche solaire, table, chaises, couverts, lunettes de soleil, rangements, papiers, baptême (donc rôtis, salades, gâteaux, eau, jus de fruit, vin, apéro, café, assiettes, verres, serviettes, jeux enfants, parasols, crème solaire, chants, lits parapluie, glaçons, pailles, bonbons, soleil)...
lundi 9 juillet 2007
Emporte-moi wagon, enlève-moi frégate !
Je sais.
Je sais que ce site n'avance pas beaucoup, mais je vous rappelle, ingrats lecteurs, que son but est avant tout de pouvoir vous faire partager notre odyssée, qui ne débutera que le 10 août.
J'avoue que les mille petites et grandes avancées de nos préparatifs ne m'inspirent pas beaucoup. Je suis la reine pour faire de l'or avec de la boue mais avouons qu'il n'y a pas énormément de poésie dans les histoires de cautions bancaires, de certificats de travail, de demandes de machin et d'attestations de trucs, dans les pompes à air à eau, dans les antibios et les vaccins, dans les rangements et autres occupations.
J'ai eu un petit pincement au coeur lors des dernières réunions, remises de copies, cours de musique, foot, catoch, lors des au-revoir au lycée, à l'école des enfants. Mais le pincement n'a pas duré longtemps, puisque sous la baguette magique de mon optimisme à toute épreuve il s'est transformé en une certitude formidable : non seulement nous sommes heureux de partir, mais nous serons aussi très heureux de revenir !
Et puis l'été est là avec sa ribambelle d'apéros de pique-niques, d'invitations et de festivités qui nous permettent de prendre un bon bain d'amitié et de famille avant l'envol.
Sinon sachez que Gaspard repère les camping-cars très très loin. Et que c'est un des mots qu'il dit le mieux. Ensuite il n'a pas tout compris puisqu'il s'écrie "papa !" dès qu'il en voit un, associant clairement "camping-car" à papa, sans doute désormais convaincu que son père, lorsqu'il n'est pas à la maison dans la semaine, est dans le camping-car. (Remarquez, il y a du progrès puisque jusque-là il semblait persuadé que son père était planqué dans notre lit. Bein oui : puisqu'il le trouvait au lit en se réveillant tous les vendredi ou samedi matin, il s'imaginait que le bienheureux passait sa semaine au chaud, et le cherchait inlassablement sous ma couette) , et surtout notre Gasparov refuse d'en sortir lorsque nous avons le camping-car, comme si nous pouvions partir sans lui...
Les grands ont parfaitement intégré le départ. J'ai dû planquer leurs manuels scolaires sans quoi ils se mettaient de suite au travail (je ne me leurre pas, ça ne durera pas). Et les préparatifs induisent déjà quelques travers. Il y a peu de temps, alors que nous traversions Paris, le guide touristique paternel crie aux enfants : "Regardez à gauche le Sacré-Coeur !", les enfants ne voient rien, leur père précise alors : "Mais si, le monument qui ressemble vaguement au Taj-Mahal !" "Ahhhhh répondent les enfants qui immédiatement repèrent notre bon vieil édifice".
Enfin, les mois se transforment en jours, les jours nous sont comptés mais bien occupés, et je vous promets d'être beaucoup plus bavarde dès le mois prochain !
En attendant, Gaspard continue d'appeler ce navire qui le nargue en permanence au large et il ne veut rien savoir : le rocher de la vierge est un magnifique bateau. IL est vraiment temps de lever l'ancre !
jeudi 7 juin 2007
la guerre des trois...

Ces préparatifs nous ouvrent déjà toutes sortes de nouveaux horizons.
Il y a les joies des visas. Pour avoir celui de l'Iran, il nous faut celui du Pakistan, et pour obtenir celui du Pakistan il faut celui de l'Inde. Pour obtenir celui de l'Inde il faut trouver les bonnes informations, réunir pas mal de papiers, puis se rendre à l'ambassade, faire une interminable queue puis subir une interminable attente pour déposer son dossier. Quand on a de la chance. Ce ne fut pas mon cas. Donc il faut recommencer les opérations par correspondances, faire travailler les amies traductrices, nos banquiers préférés etc etc etc.
Mais le grand pas cette semaine, et la grande découverte fut notre première visite d'une assistante sociale. Sisi, une vraie, mais pas tout à fait comme dans les films en fait.
Quand on veut déscolariser son enfant, on en fait la demande à l'Education Nationale. Qui nous en donne l'autorisation puisque c'est un droit. Mais la ville est chargée de faire une enquête sociale.
Quand nous avons enfin réussi à fixer un rendez-vous avec cette dame, je me suis mise à faire une chose insensée : à nettoyer ma maison dans les moindres recoins. Vous savez les coins de murs blancs pleins d'empreintes digitales qui feraient rêver des bataillons d'enquêteurs américains parce que y'a même pas besoin de verser de la poudre et d'allumer un faisceau laser pour les voir ? Les traces de biscuits ou de gouttes indéterminées ? J'ai nettoyé la console blanche (si en fait elle l'était vraiment mon amour tu sais) du salon, la dînette des enfants, le frigo, les interrupteurs, Gaspard peut continuer à boire dans les toilettes tant elles sont impeccables et même nos vitres on voit à travers ! J'ai rajouté, judicieusement, un peu de désodorisant au dernier moment pour pas que ça sente trop la javel fraîche, bref, Lynette s'est transformée en Bree (laisse tomber papa tu peux pas comprendre la référence). A 16h45 pétantes (après une journée marathon assez terrible mais somme toute banale) nous étions à notre poste. Gaspard avait une jolie petite salopette-short beige parfaite. Ulysse préparait sa dictée. Rachel goûtait en dessinant.
Sauf que la dame s'est perdue et était en retard. Et le temps qu'elle arrive : on crevait de chaud, le store ne fonctionnait plus donc on goûtait au soleil (ben oui, je voulais pas salir la maison) le chocolat dans le pain avait fondu, les enfants étaient rouge-cramoisis-pleins de moustaches. Tandis que je trouvais miraculeusement les fusibles pour régler le pb du store (l'urgence produit des miracles chez les dindes blondes dyspraxiques), Gaspatate avait volé la plaque de chocolat, ce dont je me suis rendue compte en l'entendant crier : "Non ! Non ! Non !" planqué au fond de la cabane à jouets et tellement plein de l'angoisse que je lui reprenne son chocolat. Quand j'ai compris l'affaire, il a couru se réfugier derrière les poubelles, coin plein de terre, et quand je l'ai extirpé de là, le tenant éloigné de ma jupe de mère-modèle... c'est moi qui ai failli péter un fusible : son grand-frère préparait sa dictée en mangeant et buvant et en jouant aux cartes et écrivant de traviole avec un vieux feutre séché sur un brouillon que je ramène du lycée, et Rachtoque était torse-nue avec sur la tête ce qui devait être sa dernière création en matière de chapeau, confectionné avec du papier des feutres et de l'herbe... J'ai juste eu le temps de remettre un semblant d'ordre dans tout ça que la dame arrivait.
Je m'attendais à Super Nanny.
Ben j'aime autant vous dire que je suis heureuse que mon cher époux n'ait pas été présent, sans quoi je suis certaine qu'il aurait décidé de changer de métier pour faire assisté-social. Et qu'il aurait même pu en faire une vocation !
Ulysse a été pot-de-colle-sympa, Gaspard rigolo et heureux, Rachel est montée dans sa chambre - d'autres chats à fouetter sans doute- ils ont été eux quoi. La charmante demoiselle a été un peu étonnée de notre projet (en fait elle n'était pas du tout au courant, donc je comprends son choc initial), mais assez emballée. Et au final tout à fait favorable.
Ouf.
Une étape de passée, et une importante, essentielle même.
Il n'y a qu'un mais. Un gros MAIS.
Mais elle n'a même pas posé un pied dans ma maison rutilante !!!
jeudi 10 mai 2007
Les toqués toujours à quai
Nos carnets de vaccination continuent à se remplir, j'ai fait la formation aux premiers secours (merci Bruno), nous ne sommes jamais autant allés chez le médecin qu'en ces mois de préparatifs, nous vérifions toutes les machineries afin de partir le corps tranquille.
J'ai eu l'autorisation de l'inspection pour instruire les enfants l'année prochaine.
Je continue à surfer sur le net, à y faire des rencontres intéressantes et sympathiques, à y débattre du voyage, de ce qu'on entend par là, de ce qu'on y cherche, à définir "voyage" "tourisme" "visite"...
Notre itinéraire se redessine toujours, il semblerait que nous soyions obligés de simplifier un peu la partie "Amérique" qui risque se limiter à l'Amérique du Nord. Nous passerons plus de temps en Asie du Sud-Est, pour des raisons de calendrier politique et de rendez-vous au Vietnam, et de peur d'être frustrés de devoir nous dépêcher.
Mais nous sommes sûrs d'une chose : notre itinéraire changera jusqu'au dernier moment et tout au long de notre périple, au gré de nos envies, nos rencontres, des liaisons maritimes, des désirs de chacun (enfin... le suffrage familial ne sera sans doute pas totalement universel, j'en reviens sérieusement ces temps-ci...).
Plus que trois mois... on n'a jamais été aussi près du départ !
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