
Il faut dire que c'est parfois franchement flippant...
PS : Joyeux anniversaire Salominette grande sorcière !
Après deux mois et demi de voyage, je prends la parole, non pour imiter la prose de ma femme mais pour vous livrer quelques données techniques qui n'intéressent souvent que les hommes.
Je joins à ce post un petit tableau récapitulatif des kilomètres, moyennes horaire, prix du gasoil, par pays et au total.
(Vous trouverez le tableau dans la rubrique "Bons et mauvais plans des Toqués", à gauche) * vitesse des croates, plus un PV pour moi car phares éteints
* pas de routes en Albanie mais des nids d'autruches et des chemins caillouteux ; et la plus grande collection de Mercedes du monde
* vitesse des Grecs et dépassement aléatoires (4 de front sur une départementale) et ils roulent toujours à cheval sur les lignes continues ou pointillées
* puis la Turquie ! Alors là : chapeau, feu rouges ignorés, klaxons permanents... il faut se frayer un chemin à chaque carrefour
* et maintenant l'Iran : et bien la conduite est assez simple, en fait la règle c'est qu'il n'y a pas de règle, vous pouvez absolument tout faire et surtout ce qui vous paraît interdit. Par exemple rouler à contre-sens sur l'autoroute, faire demi-tour aussi, bien sûr, bousculer les piétons avec votre pare-chocs, rouler sur les trottoirs bondés de monde avec un deux roues ou une voiture ou même un camion. Bref c'est le plus culotté (comme disait Madeleine) qui gagne.
Pour le Toqcar, on peux dire qu'il a vieilli en 75 jours :
* les portes du camion (passager et conducteur) se sont desserrées en Albanie
* les serrureries des placards se sont toutes bloquées tour à tour
* la poignée de porte de la salle de bains est tombée plusieurs fois
* le support du PQ est arraché
* le pare-chocs arrière est fendu suite au petit accident en Grèce (2 amoureux ont desserré le frein à mains de leur Mitsubichi durant leurs ébats à 2 heures du mat et sont venus s'encastrer sous les vélos)
* le deuxième réservoir d'eau a changé 2 fois de place depuis le départ (oui, 230 litres c'est mieux que 100 car ma femme et les enfants consomment pas mal)
* la vanne des eaux usées fuit un peu ( goutte à goutte)
* les pneus avant sont très usés
* le filtre à air est à nettoyer ou à changer
L'autonomie en eau (230litres en réservoir plus 12 litres en bouteilles) et en électricité (2 panneaux solaires 100 et 110 watts et 3 batterie 90 Ah) est très satisfaisante.
Le volume de la cassette des toilettes est quant à elle limite pour cinq, mais l'on tient une journée complète voire des fois presque deux.
Le gabarit (3,2 m de haut, 2,3m de large et 8m de long 7,4 de véhicule et 60 cm de vélos) n'est pas trop handicapant pour la conduite seulement les marche-arrières ne doivent pas êtes faites dans la précipitation, mais l'on s'habitue à tout et je l'ai maintenant bien en mains.
Par contre nous devons vider les réservoir d'eaux usées, voire un peu d'eau claire avant d'entreprendre les descentes longues et difficiles, car le frein-moteur ne suffit pas et les freins chauffent et s'usent énormément.
Je pense faire une petite révision (vidange, pneus avant et freins) à Dehli mais le comportement global reste très bon.
Pour le reste, je vous livre, en vrac, quelques réflexions partagées ou non par le reste des Toqués :
-Il me parait très injuste de parler de ville pollués en France, puisque toutes les villes rencontrées depuis l'Albanie sont irrespirables
-De même tous les bords de routes sont jonchés de déchets
-Depuis la Grèce, nous sommes dans des régions où l'eau douce et potable fait souvent défaut, pourtant, les habitants gaspillent l'eau en permanence, laissant les robinets ouverts dans les stations services, dans les parcs, dans la rue et même chez eux, les stations de nettoyage sont omniprésentes et toutes les voitures sont propres (mais cabossées)
-En Iran, dans les stations de camion, c'est-à-dire là où l'on trouve du diesel à l'extérieur des villes, le sol est une vraie piscine de gasoil, et pour cause, tout le monde fait déborder le réservoir de plusieurs litres pour être sur qu'il soit plein, ou les pompiste ne coupent simplement pas la pompe entre deux réservoirs ou jerrycans.
Bref, je suis stupéfait que Bruxelles emmerde ses ressortissants pour faire des petits gains environnementaux, au lieu d'aider tous ces pays dont certains font partie de L'Europe (Croatie, Monténégro et Grèce) à améliorer leurs comportements collectifs et individuels pour obtenir de gros gains écologiques, bénéfiques à tous.
Pour notre part, notre empreinte écologique a été divisée par cent au moins entre notre vie de sédentaire et notre vie de nomade, et j'en suis assez fier !
Bisous à tous
Christophe
PS : merci à mes collègues lurkeurs (def : lecteurs qui ne se signalent jamais) de nous suivre, mais n'hésitez pas à nous laisser un petit mot de temps en temps.
Sur l'autoroute, on nous laisse parfois passer les péages gratuitement, puisque nous sommes étrangers. Dans les stations-service (si l'essence est rationnée et coûte cher en ce moment, le diesel ne l'est pas, mais nous devons aller dans les stations pour camions), on nous fait passer devant les camions.
A Teheran, où nous sommes entrés courageusement de nuit (il faut tout de même vous imaginer que la capitale iranienne est 4 fois plus grande que Paris intra-muros et que les iraniens se transforment en fous-dangereux dès qu'ils montent dans leurs voitures et que la nuit, on ne respecte plus les feux) nous avons atterri devant le parc e-Shar, en plein centre. Devant un bâtiment officiel nous avons demandé à un garde où nous pouvions nous installer. Immédiatement il nous a dit (le tout en farsi-anglo-français-mimes) de nous garer devant lui, qu'il veillerait sur nous. A notre retour du parc (les enfants avaient bien gagné leur promenade, le pilote et la copilote aussi), il nous apportait 3 belles boîtes pleines de riz et Kebab, joliment présenté et délicieusement cuisiné. Puis un de ses collègues, anglophone, est venu nous voir et bavarder. Il nous a installés dans une ruelle un peu plus à l'écart, juste devant l'institut médico-légal, où il travaille (ce n'est pas le lieu où l'on fait les autopsies mais celui où on examine et constate les violences sur les victimes et les coupables). Au passage, c'est un des médecins-chefs qui nous a souhaités la bienvenue, et nous a proposés repas, douches, toilettes. Nous avons passé une bonne partie de la soirée, alors que les enfants dormaient, à discuter, échanger, et nous retournerons voir notre jeune ami Amir aujourd'hui. Les militaires qui vivent là nous ont aussi invités à prendre le thé, ont appelé pour nous des parkings pour voir qui pourrait nous accueillir les jours suivants.
Nous sommes tout de même partis trouver un endroit où nous dérangerions moins.
Nous avons trouvé une rue tranquille, un peu plus au Nord, (près de métro Shahid Mottafeh) idéale pour nous. La voisine d'en face est venue nous accueillir, et quand je lui ai dit que je cherchais une laverie, elle a insisté pour que j'aille laver notre linge chez elle. Le gardien de l'immeuble de bureaux devant lequel nous sommes veille sur nous, nous fournit de l'eau, et hier il a voulu aussi nous offrir de la pastèque. Sans parler des rencontres drôles, comme cet étudiant en génie civil, neveu d'un célèbre professeur de médecine irano-parisien, qui a partagé un taxi avec nous hier soir (jamais je ne pourrai raconter aux grands-mères de nos enfants les trajets en taxi, dignes du film du même nom, à 7 dans une vieille voiture pourrie, avec ce jeune décidé à échanger le plus possible le temps du trajet avec nous...), ceux qui spontanément dans la rue nous demandent si nous avons besoin d'aide (il faut vraiment vous mettre en tête que les gens nous dévisagent, rigolent, se retournent sur notre passage, nous interpellent, nous prennent en photo, que les enfants rigolent ou restent médusés et que la tenue que vous me voyez sur cette photo est visiblement très olé olé alors que je crève de chaud et que m'habiller est un casse-tête) tous s'inquiètent de savoir si nous avons tout ce qu'il nous faut, si notre séjour se passe bien, une dame à qui nous demandons notre route et nous offre la moitié de son pain (il se vend par plaques et nous le mangeons comme du gateau tant il est bon), un homme qui nous croise devant l'ambassade d'Inde décide d'y venir avec nous pour nous aider dans nos formalités en nous ayant d'abord invités chez lui à prendre le thé etc etc etc.
Je ne parle même pas de notre amie Nastaran, étudiante en FLE et prof de français de mon âge (donc très jeune), rencontrée sur internet, et qui nous promène dans Teheran. Il faut avouer qu'en plus du plaisir de sa compagnie (j'ai l'impression de la connaître depuis très longtemps !) qu'il est très reposant pour nous de nous laisser guider, mais aussi de pouvoir parler français (elle parle si bien qu'on oublie souvent qu'elle est iranienne), et surtout de pouvoir comprendre ce pays, sa culture, goûter à plein de fruits savoureux aux noms étranges (Ulysse dit qu'on est comme des explorateurs découvrant un nouveau monde, c'est tout à fait ça), refaire notre vieux monde encore et toujours, et toujours mieux je crois au fur et à mesure de notre voyage.
Grâce aux iraniens, à cette hospitalité inimaginable que nous avons déjà rencontrée en Turquie et en Albanie qui nous est totalement inconnue en Europe, héritée de l'islam, et qui leur est si naturelle, nous oublions un peu le côté obscur de ce pays, ces femmes en noir comme pour les faire disparaître, les hommes qui m'ignorent, les bus où femmes et hommes sont séparés (merci Nastaran de m'avoir évité de commettre un impair !), les rames de métro réservées aux femmes, la condition des femmes, le manque de liberté d'expression et tout ce que beaucoup, surtout les jeunes, nous révèlent, qui est aussi difficile à mesurer de loin et qui m'emplit parfois d'une émotion indiscible et d'un sentiment de révolte que je n'ai pas l'habitude de devoir contenir, tant justement elle nous est naturelle à nous cette liberté d'expression.
Les enfants eux, sont heureux comme toujours. Gaspard a arrêté de demander des bonbons aux militaires, il a aussi arrêté de dire "cachée Madame !" face à toutes les iraniennes, Ulysse et Rachel réalisent notre chance mais raffolent des parcs iraniens et de leur cuisine, les trois posent comme des stars devant tous les objectifs. Il est impressionnant de voir comme les enfants sont à l'aise dans tous les pays, dans toutes les situations. 5 jours après notre arrivée en Iran, ils semblent avoir toujours vécu dans le pays et c'est toujours ainsi !
A vrai dire, le seul moment où je me suis réellement sentie mal en Iran, c'est à l'ambassade de France, où nous sommes allés signaler notre présence dans le pays, comme on nous demande de le faire. J'ai retrouvé des visages fermés, des regards méprisants, des portes qui nous claquent au nez, un accueil glacial et minable.Ulysse était content à l'idée de poser un pied en France, moi à l'idée d'enlever mon voile. Finalement, nous étions heureux d'en ressortir. Mieux vaut un sourire voilé qu'un mépris affiché !
PS : nous n'avons pas de cybercafé dans notre quartier, les connections internet sont très très lentes, les réseaux wifi inexistants, certaines pages internet inaccessibles, il vous faudra donc attendre un bon moment pour voir la tonne de photos que j'entasse à votre intention. De même notre emploi du temps ne nous permet pas toujours de nous arrêter dans des cybercafés, nous lisons vos mails avec grand plaisir et y répondons également tranquillement et hors connexion. Nous revoici un peu au temps du bon vieux papier, je dois me faire à l'idée que vous ne lisez plus mes courriers au moment où je les écris et qu'il y a un décalage temporel dans nos correspondances. Mais ça ne fait pas de mal à la Toquée pressée que je suis de prendre l'habitude de la lenteur et de la patience, dont nous aurons grand besoin dans la suite de notre odyssée !
PPS : Une pensée supplémentaire pour Olivier le téhéranais
PPPS : C'est surtout vers ma famille et celle d'oncle Jacques que vont nos pensées, nous restons accrochés au téléphone, il est dur d'être loin quand arrivent les pépins...
Le dimanche à Ankara, c'est journée à la maison pour les Toqués. Journée un peu forcée à la maison puisque notre parking préféré est fermé le dimanche mais que nous avons eu l'autorisation d'y rester. Nous aurions pu nous en échapper, nous avons pu, cette semaine, observer à loisir les lycéens passant par dessus les grilles pour aller fumer en douce (et attention car les profs sont en alternance de permanence pour surveiller le parking et le jardin) mais l'idée d'une journée sans bouger nous plaisait assez. Donc après un appel particulièrement enjoué du Muezzin (je pense que le dimanche il dit quelque chose du genre : youpi c'est dimanche, youpi on travaille pas, prions avec enthousiasme, parce que nous qui ne l'entendions plus, il nous a surpris au petit matin) nous avons traîné bouquiné travaillé rangé bricolé nous nous sommes offert un apéro de roi, les enfant se sont inventé des mondes fantastiques où les parkings cotoient les mosquées, où les piscines ont des panneaux solaires, où les Winx à moitié nues gardent des zoos étrangement peuplés. Et entre deux nouvelles étagères et deux pages de Michel Tournier et de son histoire des rois-mages qui le passionnent, notre chauffeur préféré faisait tourner notre camping-car au gré du soleil. Car nous étions très bien placés ces derniers jours. Totalement à l'ombre, ne souffrant jamais de la chaleur (diurne parce que la nuit il fait froid) mais... mais nous nous sommes retrouvés quasiment sans électricité. Nous prenons l'habitude d'ailleurs aussi de gérer nos ressources en la matière, faisons vrombir nos lampes-dynamo et nous offrons des dîners et soirées aux chandelles. C'est d'ailleurs très reposant de vivre dans la pénombre, on parle doucement (sisi je vous jure même nous !) on se couche plus tôt.
Et moi j'en profite pour répondre à certaines de vos interrogations sur notre vie quotidienne.
Elle est particulière et très changeante.
Mais une constante demeure : les préoccupations ménagères et vitales : trouver de l'eau, avoir suffisamment d'électricité, de carburant, d'eau potable, de nourriture, laver le linge, parce que toutes ces choses qui sont si faciles et qui vont de soi habituellement, sont à réinventer quasiment chaque jour. La principale étant de trouver un endroit sûr, agréable pour dormir. Et si possible un endroit un peu discret parce que nous ne passons pas inaperçus, ni par notre véhicule, ni par nos apparences. Il est d'ailleurs fort étrange de se retrouver dans la peau de "l'étranger". On a beau faire tout ce qu'on peut pour ne pas trop détonner, visiblement nous surprenons. Et sommes surpris de surprendre. Même si la surprise est bienveillante.
Niveau nourriture ce sont des expériences souvent intéressantes, parfois franchement comiques. Nous avons des litres de yaourt dans le frigo, c'est en le servant en biberon aux enfants avec du Nesquik, que nous avons compris que ce n'était pas du lait. Enfin... que les grands nous ont dit que ce n'était pas du lait parce que Gaspard a tout bu sans rien dire. Au resto, nous ne savons pas souvent ce que nous commandons, c'est un peu la surprise à chaque fois, même si nous commençons à savoir gérer l'affaire.
Pour l'eau, on trouve régulièrement de bonnes volontés pour nous donner en donner mais c'est à chaque fois une opération différente, souvent comique là aussi. L'eau qu'on prend à des robinets de source n'a aucune pression, il faut un temps fou pour remplir notre réservoir et on se retrouve planté au milieu de la cambrousse avec trois vieux qui s'installent pour nous observer et commenter et nous nous sourions bêtement pendant d'interminables minutes. Il y a quelques jours, à Ankara, j'ai eu l'autorisation d'aller, à travers les grilles d'une fenêtre, brancher notre tuyau à un robinet de la cantine (ici personne ne mange sans aller se laver les mains avant ), Xtophe à l'autre bout gérait le réservoir. Je ne pouvais pas crier, ne voulant ameuter tous les employés et me voulant un peu discrète. Mais lorsque la pression est devenue trop forte que toute l'eau a jailli innondant toute la salle et me trempant de la tête aux pieds, je me suis doutée qu'il y avait un problème : effectivement, mon cher et tendre, mort de rire quand il m'a vue, avait oublié d'ouvrir la vanne de son côté...
Et puis il nous faut vider aussi nos eaux usées et notre boîte à caca. Mon homme est devenu expert pour trouver les égoûts, buissons cachés, et il ère discrètement la nuit, dans le vaste monde, sa cassette malodorante à la main. Ce n'est que du naturel puisque nous avons fait installer un système spécial (pour les détails techniques s'adresser au responsable technique de notre expédition) pour ne pas polluer davantage la terre entière.
Et il y a l'école. Pour l'instant nous navigons à vue. Nous tâchons de faire travailler les enfants tous les jours. Généralement, leur petit déjeuner avalé, ils se mettent au boulot tandis que Xtophe bricole bidouille ou promène avec Gaspard, où qu'on le colle devant un dvd et que je m'active à ranger la maison tout en bossant avec eux. Il y a des jours où c'est carrément improductif (fou le temps que peut mettre une enfant de 6 ans un peu rêveuse à se mettre au boulot-et je me coiffe et je taille mon crayon et je me gratte le nez et je colorie le cahier et je regarde par la fenêtre... fou ce que l'habitude du marchandage se prend vite à 8 ans et dans tous les domaines : "tu m'avais dit de faire l'exercice 6 mais regarde, c'est quasiment le même que le 4 alors j'ai fait le 18, ça revient au même hein ?". En revanche quel bonheur de voir Ulysse reconnaître les cultures en plateaux, de pouvoir lui montrer la préhistoire qu'il a étudiée dans le musée d'Ankara, de revoir la naissance de l'Islam avec lui dans son manuel ! Rachel lit très très bien, donc nous l'y encourageons, et j'insiste sur l'écriture. Ulysse aime toujours autant ça, nous avons pu recharger un peu nos réserves de bouquins, mais nous vous mettrons bientôt à contribution je crois (dès que nous aurons eu notre première expérience de poste restante) Je tâche d'être plus présente pour le français et surtout l'orthographe, mais il fait ses maths entièrement seul. Nous l'aidons juste en ce moment à apprendre ses tables de multiplications. Nous avançons tranquillement à raison d'une heure par jour je pense. Difficile à évaluer. Et puis je n'ai pas de références de leur âge. Je ne m'inquiète pas, je crois qu'ils apprennent beaucoup. On a quelques moments d'énervement, j'ai environ zéro patience, ça ne me passionne pas j'avoue, surtout quand il s'agit de maths, alors régulièrement on prend tous de bonnes résolutions et on repart. Mais ils gagnent beaucoup en autonomie et moi j'apprends un peu plus sur l'apprentissage et on rigole beaucoup il faut le dire...
D'ailleurs les enfants tant qu'on en parle, sont totalement épanouis. Pas une seconde de cafard. Il faut avouer aussi que les mails et mots des amis leurs sont précieux. la liberté, la découverte, la nouveauté, le tout en famille, c'est le rêve pour eux. Ils mangent comme dix, dorment comme des loirs (comment aurait fait notre Rachouille en cp elle qui s'offre de méga siestes), marchent comme des champions, parce que qu'est-ce qu'on marche ! Ils retrouvent quelques joies simples dans leurs jeux et consolident leurs liens. Babar les fait mourir de rire, les exploite, les embête, les caline, c'est sans nul doute le grand gagnant de cette aventure. Parfois, comme le soir où on l'a prise dans le 4x4 des baroudeurs lyonnais sur le retour, pour la ramener au camping-car à la fin de notre apéro olympique, Rachel demande : "on est où déjà ?". Il faut dire que c'est une question que je me pose parfois aussi au réveil.
Et puis autre routine : le soir, l'équipe de direction des Toqués décide de la suite des évènements. Sous l'oreille attentive, indiscrète et très peu souvent muette, de ceux qui sont censés dormir derrière leur rideau. On étudie les guides, les plans, les cartes, les agendas, les documents. On pèse on évalue on imagine, on fait en fonction de certains impératifs de nos envies de nos besoins en repos, lessives, eau, école, temps calme ou changement. Dans l'ensemble on alterne des périodes où on roule pas mal et d'autres où, trouvant un endroit sympa, comme ici, on s'encroûte un peu.
Et puis on alterne aussi le tourisme classique : visite des grands lieux culturels historiques avec ce qu'on n'a pas le temps de faire en temps normal : vivre dans la ville, y faire des rencontres, nos courses, y traîner, et ça c'est totalement nouveau pour nous. D'ailleurs quand j'y pense c'est drôle : ce voyage montre bien notre caractère profondément citadin : c'est dans les grandes villes pour le moment que nous serons restés le plus longtemps que nous aurons été le plus à l'aise que nous aurons goûté le mieux à la vie locale.
Les Toqués aiment la ville, sa richesse, son activité, sa folie en somme.
En somme notre vie est certes assez trépidante mais une certaine routine s'est installée, bien agréable, et le fait de voyager avec notre maison était à coup sûr un bon choix, qui nous convient parfaitement même s'il nous impose certaines contraintes, notamment par sa taille (et nous ne sommes pas au bout de nos peines) mais c'est notre refuge, notre repère, nous y sommes très bien installés et chacun y trouve son compte.
Ainsi va la vie des Toqués après presque deux mois de voyage.
J'ai profité aussi de ce dimanche pour commencer un petit tableau à ma sauce (c'est à dire donc qu'il n'a rien d'un tableau) à l'intention des voyageurs qui tomberaient sur notre site en faisant des recherches. J'avoue que si j'aime me régaler du récit des autres, ce sont leurs infos pratiques surtout qui nous intéressent. Donc vous trouverez ci-joint (si j'y parviens sinon je le mettrai en ligne une autre fois) un lien, à partir de la Turquie de nos bons et mauvais plans.
Le journal (familial et anecdotique) de notre tour du monde, devenu tour d'Eurasie, devenu traversée d'Eurasie (merci la Chine...) en famille et en camping-car, août 2007 - juillet 2008